(Longue) rebut de presse minimaliste

@Balder | mars 4, 2017 à 11 h 27 min

A- O’bwana s’ennuie, à la retraite

http://www.voltairenet.org/article195525.html
L’ex-président des États-Unis, Barack Obama, a déménagé son staff dans le quartier de Kaloroma (Washington D.C.), ses locaux provisoires des mois de janvier et février n’étant pas juridiquement habilités pour y faire de la politique. Ce nouveau quartier général est un manoir (photo) loué à l’ancien secrétaire de presse de Bill Clinton.

L’équipe est dirigée par Valerie Jarett, la confidente des époux Obama, et a pour mission d’organiser la destitution du président Donald Trump. L’article II de la Constitution autorise la Chambre des représentants à mettre le président en exercice en accusation et le Sénat à le juger lorsque celui-ci a commis un crime ou un délit. Cependant, ici, le président Donald Trump n’a, à ce jour, rien commis de tel. Les conseillers de Barack Obama sont donc en priorité chargés de trouver ce que l’on pourrait bien lui reprocher. Historiquement, la procédure de destitution d’un président n’a jamais été menée à son terme.

Simultanément, on apprend que les accusations contre quatre collaborateurs de Trump, qui auraient violé la loi Logan (qui n’a jamais été appliquée depuis sa promulgation, il y a 2 siècles), ont été forgée à l’aide d’écoutes téléphoniques de son équipe de campagne commanditées par le président Obama lorsqu’il était en exercice. À l’époque, la Maison-Blanche suspectait ou prétendait suspecter Donald Trump de financer sa campagne électorale avec de l’argent russe ; accusation qui s’est avérée fausse.

B- Niveau zéro de la réflexion politique

https://www.contrepoints.org/2017/03/04/282841-6-raisons-de-rejeter-front-national-nont-rien-a-voir-racisme
La question de savoir si Marine Le Pen est personnellement raciste ne présente aucun intérêt politique. Voici six raisons de fond pour rejeter Marine Le Pen qui ne sont pas «à cause du racisme».

Sur la route des élections présidentielles françaises, la campagne de Marine Le Pen est étrangement similaire à celle de Donald Trump : confrontation avec les médias, nativisme et accusations de xénophobie. Pour éviter de donner le beau rôle au candidat de l’extrême-droite en lui accolant des étiquettes, voici six raisons de fond pour rejeter Marine Le Pen qui ne sont pas «à cause du racisme».

1. Liberté d’expression
Les membres du parti politique de Le Pen, le Front national, parlent beaucoup de la liberté d’expression, mais seulement lorsque celle-ci sert leurs intérêts. Par exemple, en octobre 2015, le parti a fait campagne avec le slogan « Je Suis Marine » après que leur chef a été poursuivie pour avoir comparé les musulmans priant dans les rues parisiennes à l’occupation nazie.
Il s’avère que l’amour du Front national pour la liberté d’expression s’arrête là. Le Pen a récemment appelé le gouvernement à interdire toutes les manifestations contre la brutalité policière. Elle a dit que les manifestants ultra-violents, d’extrême gauche, doivent être arrêtés, afin de rétablir l’ordre public.

Puisqu’il s’avère que certaines manifestations ont effectivement déclenché des violences, on pourrait penser que les préoccupations de Le Pen sont justifiées. Toutefois, rappelons que lorsque les protestations contre la Loi Travail se sont transformées en émeutes en juin dernier et que le gouvernement a décidé d’interdire toutes les nouvelles manifestations, la chef du Front national a tweeté :
L’interdiction des manifestations contre la #LoiTravail est une démission face aux casseurs et une atteinte grave à la démocratie. MLP

2. Liberté de religion
Le Front national fait partie de ces groupes politiques qui interprètent la laïcité non seulement comme étant la neutralité de l’État, mais aussi la neutralité des citoyens, envers la religion. Le parti veut interdire « les signes religieux ostensibles » dans les lieux publics, y compris les hijabs et yamakas. Lors de sa visite en Israël, Marine Le Pen a déclaré que cette interdiction est un sacrifice nécessaire dans l’intérêt de la France.
Il est clair que Le Pen confond la laïcité avec l’éradication de la religion. Des universitaires considèrent que l’interdiction proposée serait de toute manière rejetée par le Conseil constitutionnel, considérant que « l’état ne peut pas prescrire ce que vous pouvez et ne pouvez pas porter ». Pourtant, considérant que l’interdiction française de la burqa, introduite en 2010, a été confirmée par la Cour européenne des Droits de l’Homme en 2014, rien ne semble impossible. Une chose est claire : le Front national n’est pas disposé à défendre vos droits en matière de liberté de culte.

3. Politique commerciale
Dans le programme présidentiel en 144 points de Le Pen, cette dernière appelle à la défense des emplois français via un « protectionnisme intelligent ». Que le protectionnisme de Le Pen soit « intelligent » et « ciblé » ou non, – cette idée fait partie de la rhétorique de la droite française depuis quelques années déjà – il reste qu’il n’y a toujours aucune explication de ce en quoi cela consiste pour l’instant.
On peut supposer qu’il s’agira de sortir du marché unique de l’UE et d’imposer des droits de douane à l’importation, mais la question de savoir comment Le Pen réagira lorsque les autres pays feront de même et comment elle fera face aux inévitables hausses des prix à la consommation reste un mystère. Les potentiels soutiens de Le Pen doivent reconnaître ce que le protectionnisme implique réellement : moins de choix, des prix plus élevés, moins d’emplois et l’empoisonnement des relations diplomatiques avec les partenaires commerciaux.

4. Immigration
Même si on considère l’immigration d’un point de vue autre que moral, c’est-à-dire d’offrir l’opportunité à ceux qui le veulent d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles, il existe de nombreuses raisons économiques pour soutenir l’immigration, à la fois depuis et vers la France.
Dans une étude de 2015 publiée par l’Université Panthéon-Sorbonne de Paris, intitulée « Politique d’immigration et performance macroéconomique en France », les chercheurs affirment que l’immigration a un impact « significativement positif » sur la croissance du PIB et, dans certains cas, sur le marché du travail dans son ensemble.
Avoir des habitants de diverses origines est un facteur positif pour la croissance d’un pays. De plus, l’attitude des immigrants réagit de manière significative à la performance macroéconomique : tous les immigrants réagissent positivement à l’augmentation du PIB par habitant, et les immigrants en quête de travail réagissent négativement au taux de chômage.
En attendant, Le Pen a promis de réprimer l’immigration.

5. La guerre contre les drogues
À propos du cannabis, Marine Le Pen suit une politique de « tolérance zéro ». Durant sa présidentielle 2012, elle avait déclaré qu’elle ne soutiendrait jamais la dépénalisation des drogues et que la France perdait la guerre contre la drogue « parce qu’on ne la mène pas ».
En 2016, le ton de Le Pen n’a pas changé :
Cette idée (la dépénalisation) est profondément dangereuse. Là où cela a été fait, cela a été dramatique, cela a été l’explosion de la drogue avec des problèmes de santé publique considérables.
L’agence française de santé publique rapporte que 700 000 Français consomment quotidiennement du cannabis tandis que 1,4 million de citoyens fument au moins dix fois par mois. La République française est l’un des pays européens les plus stricts en ce qui concerne l’interdiction des drogues, avec des pénalités de 3 750 € et jusqu’à un an d’emprisonnement pour simple possession.
Les responsables parisiens devraient envisager une politique similaire à celle du Portugal, où la dépénalisation de toutes les drogues est en vigueur depuis 2001.

6. Pas de réformes
Plus généralement, Marine Le Pen n’est en rien différente du « système » étatiste qui a mis la France à genou au cours des dernières décennies : elle en fait partie. Le Front national ne prévoit pas de réformer les privilèges ou l’envergure du secteur public. Au contraire, le parti suggère de ramener l’âge de la retraite à 60 ans, d’obliger les banques à prêter de l’argent aux petites et moyennes entreprises françaises et à augmenter à la fois les effectifs et les salaires du secteur public.
Les nationalistes français ignorent les réformes économiques et institutionnelles nécessaires à la croissance économique et à la prospérité qui permettraient de favoriser la cohésion sociale. Leur conservatisme social et des politiques économiques de gauche seraient désastreuses pour la France ; si désastreuse que la question de savoir si Marine Le Pen est personnellement raciste ne présente aucun intérêt politique.

Par Bill Wirtz (c’est pas français, comme nom, aurait dit Coluche)

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