Syndrome de la médiocrité ambiante

@Balder | février 15, 2017 à 9 h 14 min

Dans la série « Et, mon c.l, c’est du poulet »
Ou, syndrome de la médiocrité ambiante

Reconstruire une société commune
Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain
http://www.ouest-france.fr/debats/editorial/point-de-vue-reconstruire-une-societe-commune-4803149

Il aura fallu un dérapage sordide lors d’un contrôle d’identité pour que les « quartiers » et les banlieues reviennent au premier plan. Tout d’un coup, on redécouvre ce qui marque ces lieux : la ghettoïsation, le racisme, la crise sociale, le chômage de masse, le retrait des services publics et la défiance installée entre la police et la population.

Ces problèmes n’avaient pas disparu, mais ils étaient tenus hors champ des interrogations politiques, focalisées sur la sécurité face au terrorisme et aux aléas d’une campagne présidentielle 🙂 qui ressemble à une course d’obstacles dans un marigot où nagent les crocodiles…

François Hollande n’a pas eu tort de rendre visite au jeune homme victime de violences abjectes. Il est dans son rôle de chef de l’État lorsqu’il vient prêcher le respect de l’autre et des biens, condamner les exactions de tous ordres et afficher sa volonté que « la justice passe ». Il vient utilement 🙂 🙂 🙂 jouer les pompiers dans une situation jugée hautement « inflammable ». Mais la « crise des banlieues » est d’une autre ampleur.

D’abord, ce n’est pas une crise des banlieues, mais une crise de la société française, désormais divisée en mondes quasiment étanches.

Au sommet, l’hyper-classe, selon la formule d’un de ses membres : un « club » politico-médiatico-économique, qui se penche du haut de son extraordinaire aisance sur ceux d’en dessous dont il ignore tout.

Trop d’écarts de revenus
Au milieu, une classe moyenne qui s’en tire, correctement en haut et plus difficilement en bas, mais qui se sent menacée.

Et dans les « quartiers », mais aussi dans bien des campagnes, ceux qui triment 🙂 🙂 🙂 pour joindre les deux bouts, avec le sentiment de ne pas avoir accès au « gâteau » d’un pays qui est pourtant la cinquième puissance économique mondiale. Trois mondes qui se rencontrent de moins en moins. Plus un quatrième, celui des exclus qui, de plus en plus nombreux, vivent à la rue ou dans des taudis, et quémandent l’aumône…

Prendre soin des troisième et quatrième mondes est nécessaire. De multiples associations s’y emploient quand l’État fait (souvent) défaut… Mais s’en tenir là, y compris en conduisant des politiques de la ville ou de la ruralité, sans comprendre qu’il faut reconstruire une société commune et pas simplement « ignifuger » la fracture sociale pour éviter les départs de feu, est une impasse.

Il y a plus de trente ans que des milliards sont dépensés pour cela. Ne les regrettons pas 🙂 🙂 🙂  : que serait-il advenu si rien n’avait été fait ? Mais n’en restons pas là. Il est temps d’en finir avec la préférence tacite du pays pour le chômage et son « traitement social ». Le travail est le meilleur moyen de trouver sa place dans la société.

Il faut ensuite que nous retrouvions le sentiment de partager un sort commun. Cela suppose de réduire drastiquement les écarts insupportables de revenus et de richesse. Ils sont aussi destructeurs du tissu social que les replis communautaires, qu’ils contribuent d’ailleurs à produire, en dessinant des frontières sociales infranchissables.

Enfin, il est urgent de travailler à une offre culturelle populaire de qualité, qui intègre la diversité 🙂 🙂 🙂 , à rebours de la médiocrité malsaine qui nous est proposée. L’audimat et les recettes publicitaires ne construisent pas une société commune. Nous devons retrouver matière à parler ensemble, si nous voulons construire l’avenir plutôt que le subir.

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