Le Principe de Lucifer de Howard Bloom

Encore un bouquin – mais vraiment pas comme les autres .. Ce n’est pas un roman, c’est une espèce de traité s’éthologie, ethnologie .. sur un ton agréable; le genre de book qu’on devrait mettre entre les mains des jeunes vers 17 ans.. de quoi leur mettre le pied à l’étrier pour qu’ils comprennent le monde avant d’y laisser des plumes. Un bouquin qui aide à réussir, puisqu’il enseigne le fonctionnement de notre bien petite planète. Par la même, il ouvre les yeux de moins jeunes qui se demandent pourquoi ils passent par tant de turpitudes.

On tombe toujours des nues quand la presse dit qu’on vient d’attraper un mec qui tuait pour sa Dulcinée. On est étonné, horrifié – comment une femme, ces femelles « avenir de l’homme » peuvent-elles, même si c’est « fort rare », devenir des égéries sanguinaires ? Et encore : même si ce n’est pas une égérie directe, les femmes bien souvent, sont des pousse au crime, des déclencheurs.

Détrompez-vous .. au fil des siècles, les exemples sont aussi innombrables que ces jours-ci. Mais n’exagérons pas, on ne va pas les noyer d’autant que ça fait partie de processus relativement normaux, eh oui ! que justement, nous allons examiner ici.

L’homme est-il l’invention la plus morale de la Nature ? C’est à voir.. et tout ces guerres entre toutes les espèces ne sont elles pas plus naturelles que l’éthique et les patenôtres ? L’éthique n’est-elle pas seulement un artifice, un garde-fou contre ce vers quoi la nature nous entraîne ?

Est-il si anormal de vouloir posséder, voler, influencer, accaparer, spolier, menacer, tuer ? Dans le fond ?
Eh oui, c’est « normal » et il faut faire avec.

Pourquoi ne pas pousser encore un peu le bouchon – Dieu existe t-Il ? La nature ne se suffit-elle pas ? A t-on vraiment besoin de Lui, tout bien réfléchi ?
Car, si Dieu avait la chance d’exister, il aurait été enfermé dans une geôle sombre – loin de nos regards car, c’est le Diable – Lucifer très exactement, le vrai pilote de notre petit monde.

Ça, c’était nos convictions.. jusqu’au jour on a trouvé nos idées, couchées sur le papier, soigneusement formalisées par Howard Bloom.

C’est l’idée générale , la thèse appétissante que soutient Howard Bloom dans ses deux bouquins « Le Principe de Lucifer » et « Le Principe de Lucifer – Non pas le Retour mais Le Cerveau Global » : la nature, nous.. sommes brutaux, injustes, c’est la raison de notre survie, de notre avancée.
Et c’est INVEVITABLE – c’est la Nature qui en a décidé ainsi, qu’il n’y a pas de positif sans négatif. Pire « ça ne marcherait pas » sans cela; la crapulerie (la bataille) fait partie de cette dynamique des yin et des yang.

Il n’y a guère qu’au sein de la famille que la violence est inacceptable (et encore); mais dès que la société se met à fonctionner, la violence devient normale; c’est un composants ordinaire.
Canaliser tout ça, fut le but approximatif que se donnèrent les religions dont monothéismes, mais sans oublier d’instrumentaliser – non pas le religion à hauteur personnelle qui prône aumône et charité mais la sauvagerie à l’occasion, qui confronte, oppose les groupes allogènes les uns contre les autres.

On est émerveillé ici de voir concrétiser en 2008, cette idée du Dieu/Diable qu’on défend ici depuis fort longtemps : si Dieu existait, comment cet être de bonté aurait-il pu créer le Mal.. à son image ?
Entendu que les lignes de H.Bloom sont fort peu polémiques – elles sont cliniques, factuelles, en référence à l’expérimentation – quasiment sans appel aux mystiques, vide de polémique sauf qu’elle est vue pas un occidental américanisé. Il ne fait pas part d’impressions subjectives mais soutient une thèse empreint de logique médicale.

En outre, Howard est un touche à tout sympa – il est ouvert et use d’une langue débridée loin du pompiérisme des « spécialistes ».
Peut-on se passer du bouquin ? Non pas, car nos notes sont fonction de notre sensibilité, laissant certainement de côté des trucs qui vous seraient d’intérêt. Il va de soi qu’on conseille d’acquérir quand c’est possible, ces 473 pages de forêt amazonienne. En cas de nécessité, disponible chez l’éditeur :

Le Jardin des Livres – 243 bis bvd Pereire -75851 Paris CEDEX 17 – ph. 01 44 09 08 78. (1) en espérant qu’il est en réédition passé son 100.000 ème !

Voilà pour notre introduction.

On est en train de se régaler de ces bouquins (dont le premier volume est quasiment introuvable – on ne l’a dégoté qu’à la FNAC [Les Halles – Paris] pas donné pour 24.90 €).

Ainsi qu’on va, par cet article – sinon décrypter, au moins survoler – faire « notre » analyse, commenter.

Bloom ne nous en voudra pas (son éditeur non plus) mais son livre introuvable, on va en pomper de nombreux extraits. Et puis, notre texte étant largement incomplet, nos réflexions personnelles et cautionnables, le lecteur aura tout intérêt à emprunter ou voler l’original à un ami.

Attachez vos ceintures !..

[Contrairement à l’habitude, on ne va pas mettre en italique H.B, ce sont nos commentaires qui le seront – ce sera plus agréable à lire. Nos commentaires sont des réflexions de lecture, sans organisation particulière. Les numéros entre crochets sont les numéros de pages

Avant tout, quelques lignes de la revue de presse :

»Le Principe de Lucifer » est un livre qui vous marque le cerveau au fer rouge.
Et de ces livres, il en existe, quoi que l’on pense, très peu.
Que dit Howard Bloom ? Que la violence est au cœur de la Nature, au cœur de l’homme, au cœur des forces qui gouvernent l’Histoire [..]
C’est pour cela que son livre est fascinant, parce que nous avons tous vécu des expériences qui confirment les idées qu’il nous expose, mais sans jamais avoir eu les clés pour les comprendre réellement. Alors la lecture du « Principe de Lucifer » se transforme en une grille acérée de décryptage du comportement social..

Ce livre couvre un sujet que les sources plus timides et plus conventionnelles n’osent pas confronter: la nature et les causes de la violence humaine… Vigoureux… Fervent… Une théorie fraîche et viable sur l’évolution de l’humain social.

LE PRINCIPE DE LUCIFER (vol. 1)

1 – Qui est Lucifer ?[21]

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Il y a 1800 ans dans la ville de Rome, un hérétique chrétien influent du nom de Marcion regarda le monde qui l’entourait, et en tira la conclusion suivante : le Dieu qui a créé notre cosmos ne peut pas être bon. L’univers état tissé de fil effroyables : violence, massacres, maladie et souffrance. Ces maux étaient l’œuvre du Créateur.
Celui-ci ne pouvait être qu’une force perverse et sadique, dont fallait entraver l’influence sur l’esprit des hommes
.

Et c’est bien notre point de vue !

Les chrétiens plus traditionnels trouvèrent une autre façon de traiter le problème du mal. Ils créèrent le mythe de Lucifer. Lucifer était un ange magnifique, courtisan de Dieu, l’un des plus grands parmi ceux qui peuplent les salles royales du paradis. Il était respecté, puissant, charmant, imposant par son assurance. Mais il avait un défaut : il voulait usurper le siège du pouvoir divin et s’emparer du trône de Dieu lui-même. [..]

Marcion l’hérétique affirmait que Dieu était responsable du mal. Les chrétiens du courant dominant absolvèrent le Tout-Puissant de toute responsabilité, en imputant tous les maux au Prince des Ténèbres et a l’homme. Mais, curieusement, Marcion comprit la situation bien mieux que les disciples plus conventionnels de l’Eglise, car Lucifer est seulement l’un des visages d’une force plus importante. Le mal est une conséquence, une composante de la création [..]

Ces pulsions font en fait partie du processus dont la Nature se sert pour créer. Lucifer est le côté obscur de la fécondité cosmique, la lame tranchante du ciseau du sculpteur . La nature n’abhorre pas le mal, elle l’intègre . Elle l’utilise pour construire. Avec lui, elle conduit le monde humain vers des niveaux supérieurs d’organisation , de complexité et de pouvoir [..]

Le Principe de Lucifer affirme que le mal est intégré à notre structure biologique la plus fondamentale. Cet argument fait écho a un argument très ancien. Saint Paul le proposa lorsqu’il créa la doctrine du péché originel. Thomas Hobbes le ressuscita lorsqu’il qualifia l’ensemble de l’humanité de brutale et mauvaise. L’anthropologiste Raymond Dart le remit en avant lorsqu’il interpréta les restes fossilisés découverts en Afrique comme des preuves du fait que l’homme est un grand singe tueur. [..]

Nous devons construire une image de l’âme humaine qui fonctionne. Non pas une vision romantique de la Nature nous prenant dans ses bras pour nous sauver de nous-mêmes, mais une reconnaissance du fait que l’ennemi est en nous et que la Nature l’y a placé [..] [24]

Mais ce n’est pas un démon distinct de la générosité de la nature. Il fait partie de la force créatrice elle-même. Lucifer est en réalité, l’alter ego de mère nature.

Où on va comprendre que l’agresseur fait son boulot : Il est normal que le mème (le concept) sioniste agresse la Palestine, mais il est tout aussi normal que les palestiniens se défendent avec l’idée de faire la même chose dès que possible : finir par « posséder » son agresseur !

L’équilibre n’existe pas, c’est une vision de l’esprit comme cette « moyenne » statistique, que personne n’a jamais vu.

2 – L’énigme Clint Eastwood [21]

Où Bloom se demande si nous sommes des « individus », « seul » et viril, ou si plutôt, nous faisons partie d’un ensemble.
Il revient sur les théories évolutionnistes.
Il souligne l’individualisme mais non sans l’inclure dans un système plus large.

En science l’individualisme est réapparu sous forme d’une proposition : si un élément de notre physiologie (une dent, une griffe, un pouce opposable ou le circuit neuronal
sous-jacent a un instinct) a réussi à émerger du processus d’évolution, c’est pour une raison simple : il a permis à l’individu de survivre. Pour être plus précis, l’outil physiologique s’est montré utile dans la survie d’une longue lignée d’individus ayant chacun gardé un avantage concurrentiel grâce à cette partie de leur équipement biologique. Le problème est que cette prémisse de base a ses limites. Comme l’indique une récente recherche sur le stress, la survie de l’individu n’est pas le seul mécanisme du processus d’évolution.
La réaction de stress caractérisée par de hauts niveaux de corticostéroïdes et des manifestations de lourde anxiété, est généralement décrite comme faisant partie d’un syndrome combat-fuite, ce mécanisme de survie, vestige des temps où les hommes devaient repousser les attaques des tigres à dents de sabre [..]

La peur, comme paramètre.

Les hommes et les animaux ne luttent pas uniquement pour protéger leur existence individuelle ; ils font partie de groupes sociaux< plus importants. Et, bien trop souvent, c'est la survie de l'unité sociale, non celle de l'individu, qui prime.

Une conséquence : une société où les membres prennent leurs distances, se replient sur eux même par égoïsme, se délité, s’affaibli – leur esprit de corps s’effrite[..]

Le psychologue de Harvard, David Goleman, paraphrasant Nietzsche, affirme, « La folie est l’exception parmi les individus mais une règle dans les groupes.». Une étude menée par le psychosociologue Bryan Mullen montre que plus la foule est nombreuse plus le lynchage est brutal [..]

Ce livre traite du corps social dont nous sommes les cellules involontaires [..]

Et c’est bien là un de nos problèmes majeurs de société : on a l’impression, on se voit comme des individus doués de raison, alors que c’est l’ensemble qu’il faut considérer.

H.B va nous étonner. On saute de nombreux paragraphes où il décrit la minute après le prétendu « Big Bang ».
Après ce Big Bang – la matière n’existe pas telle qu’on la connait – même pas les atones, seulement des particules vibratoires.
Quelques millions d’années plus tard, environ : deux particules se trouvent proches l’une de l’autre et s’unissent par attraction. C’est le premier atome. Et ainsi de suite.

Mais, passé la matière, H.B va nous mener dans les premiers pas de la vie – progressivement :

de la première macro-molécule qui curieusement, va se s’auto copier.. et on voit là, la différence entre l’inanimé et la vie; la première manifestation de ce qu’il faut bien considérer comme « la vie ».

Ce qui est considérable dans la démarche d’Howard, c’est qu’il montre une curieuse faculté des organismes vivants, même très primitifs non encore pourvu d’ADM .. ils ont propension à se comporter non pas comme des êtres indépendants mais sociaux déjà. Et ça commença dès qu’il y eut 3 cellules primitives !
Ainsi : bien que séparés par leurs sphères propres, tous les êtres vivants répondent à des mécanismes sociaux.
Si nous somme indépendants physiquement, une couche bien réelle mais impalpable nous relie, bien plus basique/primitive, bien en deçà de la socio-culture.
Ce qui bouscule sérieusement nos croyancess – surtout ce « Etre ou ne pas être » qu’on devrait écrire « Etres ou ne pas êtres ».

Pour illustrer et convaincre, il donne plusieurs exemples dont le premier – assez étonnant, il est vrai : des micro-organismes très primitifs « savent » s’agglutiner – ce qui s’explique, mais aussi déménager, ou se regrouper quand ils ont été éparpillés; ce qui dénote bien une sorte de conscience collective propre à des animacules dépourvues de réflexion, sans système nerveux, sans cerveaux ni même cerveau – sans trace de conscience, donc.

Plus tard, au titre d’animaux évolués, il explique en somme/ pour simplifier – qu’on imite le comportement de nos collègues – ce qui constitue aussi une uniformisation de l’ensemble des individus qui donc, le sont moins qu’ils le pensent – « individuels ».

3 – Le tout est plus grand que la somme des éléments qui le composent [30]

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Prenez les vingt-six lettres de l’alphabet, étalez-les devant vous et vous aurez alors un ensemble de petits gribouillis, évoquant chacun un ou deux sons spécifiques. Rassemblez des millions de lettres dans l’ordre approprié et vous obtiendrez les œuvres complètes de Shakespeare.

Voici des entéléchies. Une ville, une culture, une religion, un ensemble de mythologies, un disque à succès, et une blague osée sont des résultats d’entéléchies. Prenez un être humain, isolez-le dans une pièce de sa naissance a sa mort et il sera incapable d‘utiliser le langage, aura peu d’imagination, sera une véritable loque émotionnelle et physique. Mais mettez ce bébé au milieu de cinquante autres personnes, et vous obtiendrez quelque chose d’entièrement nouveau : une culture.
Les cultures ne peuvent être créées que lorsque le groupe est assez important. Elles constituent un phénomène qui balaye les foules comme une vague. Les phénomènes qui ont créé les Beatles, qui ont fabriqué Hitler, qui ont lancé une nouvelle philosophie telle que le Communisme ou le Fondamentalisme Chrétien,[..]

Qu’est-ce qui amène une horde de nomades barbares des terres désolées de la péninsule arabe à s’unir soudain derrière un homme et à renverser le monde connu, en bâtissant un empire ? Comment une idée invisible prêchée par un Ayatollah a-t-elle pu rassembler des individus isoles en des tornades de croyants prêts à mourir – ou à tuer – pour la «vérité» ?
Pourquoi une secte dont l’idée initiale était de tendre l’autre joue inonde-t-elle le monde de guerriers qui marchent littéralement dans le sang ? Qu’est-ce qui fait qu’un pays comme l’Angleterre Victorienne a pu dominer la moitié de la planète avant de refluer, telle une vague, loin du pouvoir et de la prospérité ? Quel courant sous-marin est en train d’attirer l’Amérique dans la même voie aujourd’hui ?
Cinq concepts simples permettent d’expliquer ces courants humains. Chaque section de ce livre est centrée sur l’une de ces idées et sur ses implications parfois saisissantes. L’ensemble de ces concepts est le fondement du Principe de Lucifer [..]

Concept numéro deux: le superorganisme. Nous ne sommes pas les individus robustes que nous aimerions être.
Nous sommes, au contraire, les pièces de remplacement d’un être beaucoup plus important que nous [..]

Concept numéro cinq : l’ordre de préséance. Le naturaliste qui a découvert cette hiérarchie de dominance l’a qualifiée de clé du despotisme. Les ordres de préséance existent chez les hommes, les singes, les abeilles et même entre les nations. Elles permettent d’expliquer pourquoi les barbares représentent un réel danger et pourquoi les principes de nos politiques étrangères sont souvent faux.
Cinq idées simples mais qui permettent de comprendre un grand nombre de choses. Elles révèlent pourquoi les médecins ne sont pas toujours aussi puissants qu’ils en ont l’air, et pourquoi nous sommes forces de croire en eux malgré tout. Elles expliquent comment l’Hindouisme, religion de la paix suprême, a pu naître d’une tribu de tueurs assoiffes de sang, et pourquoi la Nature se débarrasse des hommes plus facilement que des femmes. Elles apportent un éclairage sur le déclin de l’Occident et sur les dangers qui nous guettent.
Par-dessus tout, elles éclairent un mystère qui a de tout temps échappé à l’homme : les racines du mal qui hante nos vies.
Car dans ces cinq petites idées que nous suivrons, se tapit la force qui nous gouverne.

Q : Avec ce tome 2 du Principe de Lucifer, on a l’impression que c’est la première fois que nous touchons de près ce que la plupart des personnes appellent « Dieu ». Votre « Cerveau Global » est-il notre Dieu ?

H. B. : Oui et non. Je suis athée, alors par définition pour moi, il n’y a pas de Dieu..

Howard Bloom est un mauvais « juif » (2), athée – ce qui est déjà deux choses très positives mais il reste « américain ».. quand il lui faut un mauvais exemple, il le trouvera plutôt en Chine qu’a Cuba, Iran. Pour les bons exemples, ce sera les US ou dans la bibliothèque de Jérusalem.

Des amis disent « Oui, mais prendre des leçons d’un juif, c’est fort de café ! »
Et même si ce paramètre en était un, se priver d’un génie serait d’autant plus crétin qu’il serait crétin – dans une autre matière, de vouloir tout ignorer de son pire ennemi !

4 – La révolution culturelle chinoise [34]

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[..] Au milieu des années soixante, Mao Tse-tung [Mao Zedong – Ndr] déchira le tissu de la société chinoise. Ce faisant, il déclencha les émotions les plus primitives qui soient, les vrais démons de l’âme humaine. Ces facteurs intrinsèques primordiaux lacérèrent le visage de la Chine, apportant la mort, la destruction et la souffrance. La frénésie que Mao avait libérée n’était pourtant pas une création des philosophies Maoïstes mais le simple produit des passions qui s’agitent continuellement en nous.

En 1958, Mao décida de propulser la Chine dans l’avenir. Sa catapulte fut le Grand Bond en Avant, un plan économique destiné à exploiter la main d’oeuvre chinoise dans un programme de modernisation massive. Des pancartes montraient un ouvrier chinois à cheval sur une roquette. Le slogan disait, SURPASSONS L’ANGLETERRE EN 15 ANS ! Les étudiants, les personnes âgées, les intellectuels et les fermiers travaillèrent sans relâche à la construction de fours pour la fabrication de l’acier. Ils recueillirent des ustensiles en fer et arrachèrent les éléments en laiton des portes anciennes de leurs maisons pour fournir la ferraille nécessaire à construction de ces fours. Mobilisés en masse, les paysans quittèrent leurs maisons, pour aller travailler comme des forcenés dans les cantines communautaires et se langèrent dans le travail avec un formidable enthousiasme. Après tout, dit Gao Yuan, qui était écolier à cette époque, «les gens disaient que le vrai communisme était proche».
Malheureusement, le long du parcours, le Grand Bond en Avant fit un faux pas et tomba de tout son long. Les cantines communautaires fermèrent. Les propriétaires de maison qui avaient amené leurs ustensiles aux fours durent en trouver d’autres. Les coupons de rationnement apparurent pour le blé, l’huile, le tissu et même les allumettes.[..] des millions de Chinois moururent de faim. ‘
[..] Il se retira dans des considérations idéologiques, laissant le soin de gouverner
l’état au jour le jour à un nid bureaucratique de fonctionnaires de moindre importance. Ceux-ci observèrent la population torturée par la malnutrition et se réadaptèrent rapidement. Ils abandonnèrent la rigueur théorique et oeuvrèrent à accroître la production des ustensiles et équipements ménagers qui avaient tous disparu. En haut de la liste des priorités se trouvait la collecte d’argent, de beaucoup d’argent. La doctrine passa après le simple objectif de mettre de la nourriture sur les tables chinoises [..]

H.B n’a pas tort bien sur, mais il quitte un tant soit peu sa démonstration luciférienne pour focaliser sur les erreurs de Mao – quelle révolution n’en a pas commis ?

Mao profita d’une simple caractéristique de la nature humaine : l’esprit de rébellion des adolescents. L’attitude provocante des jeunes punks et des enragés de heavy-metal peut apparaître comme une rage engendrée uniquement par les désordres de la culture occidentale mais ce n’est pas le cas. L’adolescence éveille des envies de provocation chez la majorité des primates [..]
Chez les langurs gris, elle déclenche une agitation qui est plus à propos. A l’adolescence, les langurs gris mâles se débarrassent des attaches qui les lient à leur famille et à leur enfance, et se regroupent en bandes indisciplinées et menaçantes. Puis ils vont rôder à la recherche d’un mâle plus âgé et établi qu’ils peuvent attaquer. Le but des adolescents est de déloger leur respectable aîné de son foyer tranquille, et de s’emparer de tout ce qu’il possède : son pouvoir, son prestige et ses femmes.

Voyez : Freud n’a rien inventé, sinon plagié des auteurs grecs.

Comme nous le verrons plus tard, les êtres humains sont menés par un certain nombre d’instincts semblables à ceux de nos cousins primates. Par conséquent, de nombreux adolescents de notre espèce protestent également contre l’autorité des adultes. Leurs hormones leur disent soudain qu’il est temps d’affirmer leur individualité et de remettre en question les prérogatives de la génération précédente.
Mao ne s’est pas adressé aux adultes chinois. Ces camarades plus âgés voyaient le bon sens des fonctionnaires qui avaient mis Mao sur la touche et s’étaient concentrés sur la production de nourriture pour remplir les estomacs vides depuis trois longues années. Mao se tourna donc vers une autre partie de la population pour entreprendre sa recherche de l’autorité perdue. Il se tourna vers les adolescents du pays.

Avouons que tout ceci est contestable – qu’il est difficile de déduire de l’histoire, les volontés « négatives » de Mao et ses erreurs. C’est faire beaucoup d’honneur (!) à Mao que de le rendre responsable de toutes ces combines. [43]

Lorsque tout fut fini, il avait réussi à déraciner ses opposants et à reprendre le contrôle de la Chine. »
Mais la Révolution Culturelle Chinoise avait libéré les instincts humains les plus primitifs et les plus terrifiants [Comme ce fut souvent le cas pour d’autres humains – Ndr], offrant ainsi une piste au mécanisme biologique qui nous conduit à la guerre et la violence. Les adolescents timides et bien élevés pris dans la Révolution Culturelle Chinoise se rassemblèrent en groupes soudés. Le signal qui les réunit était l’altruisme de l’idéologie. Lorsque leurs groupes eurent été formés, l’idéologie fut un prétexte secondaire.
Elle devint une arme, une excuse pour se battre contre les groupes rivaux, une justification des meurtres, de la torture et de l’humiliation. Dans ces bandes soudées, les adolescents chinois s’aimaient. Leur loyauté envers leurs camarades et envers leur maître, le Président Mao, était féroce. Mais lorsqu’ils tournaient leur attention vers les autres, ceux qu’ils disaient contre-révolutionnaires, leurs sentiments étaient différents. Envers les personnes extérieures à leur petit cercle, ils ne dégageaient que de la haine. Et ils traitaient ceux qu’ils méprisaient avec une brutalité implacable.
La Révolution Culturelle Chinoise était un microcosme des forces qui manipulent l’histoire humaine. Elle montra comment ces choses irréelles que nous appelons idées peuvent déclencher le fanatisme le plus élevé et la plus basse des cruautés. Et elle démontra comment, sous le besoin d’héroïsme et l’engagement envers l’élévation de toute l’humanité, se cache souvent une chose totalement grotesque : l’impulsion de détruire les autres êtres humains.

Des taches de sang au paradis

5 – Mère nature, cette chienne sanglante

Anna Belknap  4

[..] Les hommes se (sont) toujours mutuellement massacrés. Croyez-vous que les éperviers aient toujours mangé des pigeons ? Eh bien ! Si les éperviers ont toujours eu le même caractère, pourquoi voulez-vous que les hommes aient changé le leur ?
Voltaire, Candide

[..] Jean-Jacques Rousseau popularisa ce concept lorsqu’il publia quatre œuvres proclamant que l’homme naît naturellement bon, plein d’amour et de générosité mais qu’il est corrompu par une force luciférienne : la civilisation moderne. Rousseau affirme que sans la civilisation, les hommes ne connaîtraient jamais la haine, les préjugés ou la cruauté.
Aujourd’hui, la doctrine de Rousseau semble plus puissante que jamais. Des écrivains et des scientifiques du vingtième siècle tels qu’Ashley Montagu,_Claude Lévi-Strauss (qui considère Rousseau comme le « père de l’anthropologie». Erich Jantsch, David Barash, Richard Leakey et Susan Sontag ont adapté cette notion pour condamner la civilisation industrielle actuelle [..] ont rallié la cause, absolvant l’ «homme naturel» de toute malveillance en ratifiant la « Déclaration de Séville», manifeste international qui déclare que «la violence n’est ni notre héritage évolutionniste ni présente dans nos gènes».
En conséquence, nous entendons presque chaque jour que la culture occidentale moderne, avec son consommateurisme, son capitalisme, ses programmes de télévisés violents, ses films sanglants et ses technologies détruisant la Nature, «programme» la violence dans l’esprit grand ouvert des êtres humains. Notre société est, à ce que l’on suppose, un incubateur de tout ce qui nous terrifie.
Cependant, la culture n’est pas la seule responsable de la violence, de la cruauté et de la guerre. Malgré les assertions de la Déclaration de Séville, notre héritage biologique intègre le mal dans le fondement de la société la plus « naturelle ». Par ailleurs, la bataille organisée n’est pas l’apanage des êtres humains [..]

Chez les lézards, lorsqu’un ancien membre royal du clan a été défiguré par la perte de sa queue, il est harcelé par les autres lézards. Lorsque la reine est trop âgée, les abeilles femelles la chassent dans les couloirs de la ruche et fondent sur elle, la piquant sans relâche jusqu’à ce qu’elle meure. Et même les « supercoalitions » rivales d’une demi-douzaine de dauphins mâles se battent comme des gangs de rue, s’infligeant souvent de graves blessures. » Les fourmis ne regardent pas la télévision. Les poissons vont rarement au cinéma. Les myxobactéries, les lézards, les dauphins et les abeilles n’önt pas été « programmés» par la culture occidentale [..]

Imaginez un instant que les lions se sentent soudain coupables de leurs habitudes alimentaires et jurent de renoncer à la viande. Que feraient-ils ? Ils s’affameraient et affameraient leurs petits. Parce qu’ils n’ont qu’une option : tuer. Tuer n`est pas une invention de l’homme mais de la Nature.

[..] Hegel [..] a dit que la vraie tragédie ne se produit pas lorsque le bien combat le mal mais lorsqu’un bien combat un autre bien. La Nature a fait de cette forme de tragédie une loi fondamentale de son univers. Elle offre à ses enfants le choix entre la mort et la mort. Elle propose aux carnivores deux options : mourir de faim ou tuer pour se nourrir. La Nature est comme un sculpteur qui améliore continuellement son oeuvre mais pour ce faire elle taille dans la chair vivante. Pire encore, elle a ancré son modus operandi répréhensible dans notre propre physiologie. Si vous avez parfois l’impression d’être plusieurs esprits dans un seul sujet, vous avez probablement raison. En réalité, vous avez plusieurs cerveaux. Et ces cerveaux ne sont pas toujours d’accord entre eux. Le Docteur Paul D. MacLean fut le premier chercheur à énoncer le concept du « cerveau trine». Selon MacLean, près de la base du crâne humain se trouve le tronc du cerveau, qui sort de la colonne vertébrale telle l’extrémité lisse d’une canne. Au-dessus de cette souche rudimentaire se situe une masse de tissus cérébraux que nous ont légués nos plus vieux ancêtres terrestres, les reptiles.

[..] Longtemps après que les premiers reptiles se furent éloignés de la plage, leurs arrière-arrière-petits-enfants, bien souvent déplacés, développèrent quelques améliorations nécessaires à leur survie. Parmi ces mises à niveau, on peut citer la fourrure, le sang chaud, la capacité à nourrir des oeufs à l’intérieur de leur propre corps et la réserve portative de nourriture pour bébé que nous appelons du lait. Ces créatures remodelées n’étaient plus des reptiles.
Elles étaient devenues des mammifères. Les caractéristiques innovantes des mammifères leurs donnèrent la capacité de quitter les tropiques luxuriants pour se diriger vers le nord glacé. Leur sang chaud leur permettait de survivre aux rigueurs d’une période glaciaire, mais il y avait un prix à payer. Avec le sang chaud, les mammifères adultes ne pouvaient plus se contenter de pondre un oeuf et de le laisser là. Les mammifères femelles devaient protéger leurs enfants pendant des semaines, des mois et même des années. Et cela nécessitait une organisation sociale plus soudée qui puisse prendre soin de ces groupes de mères et de petits pendant l’allaitement.

Interprétation très libre bien sur – on se demande toujours pourquoi des animaux, de hominidés, s’expatrieraient vers de endroits froids et inhospitaliers.

[..] Cette nouvelle structure, tendue autour de l’ancienne comme la peau d’une pêche, était le néocortex, le cerveau primate. Ce cerveau primate, qui comprend le cerveau humain, avait des pouvoirs impressionnants. Il pouvait visualiser l’avenir. Il pouvait soupeser une action potentielle et en imaginer les conséquences. Il pouvait supporter le développement du langage, de la raison et de la culture. Mais le néocortex présentait un inconvénient : il n’était qu’un vernis fin apposé sur les deux anciens cerveaux. Et ceux-ci étaient toujours aussi actifs, mesurant chaque parcelle de donnée communiquée par les yeux et les oreilles et émettant de nouveaux ordres. L’être humain pensant, quelle que soit l’exaltation de ses sentiments, écoutaient toujours les voix d’un reptile exigeant et d’un ancien mammifère bavard. Elles venaient toutes deux du plus profond de son crâne.
Selon Richard Leakey, éminent paléoanthropologue, la guerre n’existait pas tant que les hommes n’avaient pas inventé l’agriculture et commencé à acquérir des biens.

[53] [..] Un groupe de gorilles cherche délibérément un autre groupe et provoque un conflit.

[..] La propension au massacre qui s’est manifestée durant la Révolution Culturelle Chinoise n’est donc pas un produit de l’agriculture, de la technologie, de la télévision ou du matérialisme. Ce n’est pas une invention de la civilisation occidentale ou de la civilisation orientale. Ce n’est pourtant absolument pas une inclination exclusivement humaine. Cela provient de quelque chose à la fois dessous- et surhumain, quelque chose que nous partageons avec les anthropoïdes, les poissons et les fourmis, une brutalité qui s’empare de nous par le biais des animaux qui vivent dans notre cerveau. Si l’homme a contribué d’une quelconque manière à cette équation, c’est de la façon suivante : il a appris à rêver de paix. Mais, pour atteindre ce rêve, il devra triompher de ce que la Nature a construit en lui.

Bon, jusque là, on est étonné de concepts plus ou moins nouveaux, mais ce qui suit nous amusera et défrisera passablement certains ..
..
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[cadrage]

6 – Les femmes ne sont pas les créatures pacifiques que vous imaginez [56]

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[..] Il n’est pas surprenant d’entendre des experts déclarer que si seulement nos leaders étaient des femmes, la guerre et les agressions mondiales disparaîtraient rapidement. Nombreuses sont les personnes convaincues que les femelles sont intrinsèquement pacifiques. D’accord, donc Margaret Thatcher, ancien Premier ministre de la Grande-Bretagne, gagna la guerre des Falklands, fournit à l’armée britannique des sous-marins nucléaires et dota ces sous-marins de missiles balistiques à à pointe atomique. Indira Gandhi mena une campagne militaire contre le Pakistan, jeta ses opposants en prison et suspendit les libertés civiques. Et les escouades d’assassins de la guérilla de Shining Path au Pérou étaient entièrement dirigées par des femmes [..]

Finalement, suivant son intuition, Fossey et ses assistants africains se mirent à recueillir tous les excréments que les gorilles avaient laissés au cours des derniers jours. Après tant d’année à suivre le groupe, les chercheurs pouvaient identifier les excréments de chaque gorille. Pendant des jours et des jours, les hommes passèrent laborieusement au crible les excréments. Finalement, Fossey trouva ce qu’elle cherchait : 155 fragments d’os et de dents appartenant à un petit gorille, qu’elle trouva dans les excréments laissés par la femelle dominante et sa fille de huit ans.
La mère du bébé mort venait d’un niveau social que ces femelles aristocrates méprisaient. C’était une paria que les dames de haut rang raillaient et persécutaient fréquemment. Sa présence ne
pouvait tout simplement pas être tolérée en bonne compagnie et son enfant était au-dessous de tout. Fossey conclut que la femelle dominante et sa fille avaient attaqué le petit, puis l’avait tué et dévoré.

[..] Livia resserra rapidement son emprise sur Auguste. Il ne put bientôt plus prendre une décision importante sans elle. Comme le gorille Effie, Livia s’était battue pour devenir la première dame du groupe. Et comme Effie, Livia n’était pas seulement ambitieuse pour elle-même. Elle était ambitieuse pour ses enfants. Rome avait autrefois été dirigée par un Sénat démocratique, mais Auguste transforma le régime en empire mené par un seul homme. Livia voulait que le trône impérial récemment établi revienne à ses propres enfants.

[cadrage]

[60] Les femmes sont violentes. En fait, les femmes font tout autant partie du mécanisme qui déclenche la violence masculine que les hommes eux-mêmes.
L’éthologue et Prix Nobel Konrad Lorenz a décrit un comportement commun à plusieurs espèces de canards.
Le femelle court vers la limite du territoire de son partenaire et essaie de provoquer un autre canard, puis revient en courant vers son mâle, reste à ses côtés et regarde son rival enrager dans l’espoir que son partenaire va se lancer dans la bataille. Nombreuses sont les femmes qui ont essaye de provoquer une bagarre similaire.
Les femmes encouragent les tueurs. Elles le font en tombant amoureuse de guerriers et de héros. Les hommes le savent et répondent avec enthousiasme
. Les Croisés partaient à la guerre avec les faveurs des dames dans leurs casques. Ils ne partaient pas pour une mission pleine de bonté et de galanterie. En chemin vers l’Asie Mineure, les Croisés faisaient littéralement rôtir des bébés chrétiens lorsqu’ils se trompaient d’identité. Parce qu’ils ne comprenaient pas la langue des populations locales, les galants chevaliers supposaient que les bavards paniqués étaient des païens. Les païens, bien entendu, ne méritaient aucune pitié. Les héros découpaient donc les adultes et faisaient rôtir les enfants sur des broches, tout en pensant à l’admiration que leur témoigneraient les demoiselles de chez eux face à tant de bravoure..

[..] Et qu’ont recherché les femmes de presque toutes les sociétés et époques ? Le «courage» la « bravoure». En résumé : la violence.
La poésie classique du maître arabe Labede (sixième siècle) est un témoignage de la capacité féminine à révéler l’animal dans l’homme. Dans les vers lyriques de Labede, un jeune homme va cahin-caha sur son chameau, rêvant de la façon dont il pourrait attirer l’attention de sa bien-aimée. Elle, semble-t-il, ne reconnaît pas sa véritable valeur. Il rêve de la manière dont il lui prouvera sa virilité par des exploits d’une splendeur audacieuse. Bien. Et quel est l’exploit d’une splendeur audacieuse qui garantira l’admiration d’une belle dans la société tribale du désert de Labede ? Courir jusqu’au village le plus proche, tuer quelques hommes et voler autant de chameaux et de vieux vêtements que possible. La noblesse appartient au tueur. Et les jeunes femmes se pâment d’admiration devant les hommes nobles. Labede vous le dira, cela marche à chaque fois.

[..] Mais les femelles ne se contentent pas de provoquer la violence parmi les mâles. Elles s’engagent elles-mêmes dans la violence. La primatologue Jeanne Altman, étudiant les babouins femelles du Ambolesi National Park au Kenya, remarqua que lorsqu’un nouveau bébé babouin naissait, les femelles se précipitaient toutes pour le voir. Lorsqu’il grandissait, les femelles babouins revenaient le voir encore et encore. A première vue, leur intérêt était une touchante preuve d’affection, mais en observant de plus près, il s’avérait être une toute autre chose.

[..] Il est inutile que les femmes rejettent la responsabilité de la violence sur les hommes, et il serait futile de la part des hommes de rejeter cette responsabilité sur les femmes. La violence est en chacun de nous. Lorsque Margaret Thatcher créa une marine nucléaire, elle n’agissait pas d’μne façon clairement masculine, ni clairement féminine. Elle n’obéissait même pas a un ensemble de pulsions pures aux êtres humains. Thatcher, comme Livia à Rome, était en proie à es passions que nous partageons avec les gorilles et les babouins, des passions implantées dans les couches primitives du cerveau trine.

Là, on a commencé à débroussailler mais le pire est à venir. un des paramètre de tout ça, ce sont ces hormones qui nous poussent à nous reproduire, croître et prospérer au détriment des autres (qui font la même chose), des autres espèces et, à part l’émasculation, on voit mal la solution.

7 – Un combat pour le privilège de procréer [64]

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Pourquoi tant de sauvagerie ? La majeure partie de celle-ci naît d’un simple commandement biologique : soyez fertiles et multipliez-vous. Le gorille Effie entraîna ses amies dans le meurtre d’un bébé afin de remporter un avantage pour sa propre progéniture. Livia, maîtresse de la puissante Rome, fit de même au profit de ses fils et des fils que ceux-ci auraient. Là où la violence éclate, des enfants surgissent encore et encore. Les mâles se battent pour le droit d’en avoir. Les êtres humains déclarent des guerres pour que ceux-ci vivent dans un monde plus sûr. Aussi étrange que cela puisse paraître, les enfants, et les gènes qu’ils portent, sont l’une des clés du mystère de la violence [..]

Lorsque le bébé d’une mère est tué et que l’allaitement est stoppé, par contre, le jeu change du tout au tout. La biochimie de la femelle est modifiée, ce qui ressuscite son intérêt pour le sexe.
Elle devient un ventre vide attendant d’avoir un nouvel enfant. Et cet enfant n’appartiendra pas au monarque déchu mais portera l’héritage de l’un des envahisseurs.
Mais les êtres humains ne s’abandonnent certainement pas à ce genre de barbarerie. Quoique. Dans les forêts tropicales humides d’Amazonie vit un peuple nommé les Yanomamo. Leur ethnographe, Napoleon Chagnon, les appelle le « peuple féroce». Ils s’enorgueillissent de leur cruauté, la glorifiant avec un tel enthousiasme qu’ils font un vrai spectacle des raclées qu’ils infligent à leurs femmes. Et les femmes prennent part à cette brutalité tout autant que leurs maris. Une épouse qui ne porte pas assez de cicatrices des coups de son mari se sent rejetée et se plaint pitoyablement de ce manque de meurtrissures. C’est le signe, pense-t-elle, que son mari ne l’aime pas [..]

Les Yanomamo ne sont pas une étrange aberration sortie de la jungle pour illustrer une idée venant de loin. Au début du quatrième siècle, Eusèbe, premier historien de l’Eglise Chrétienne, résuma ce sur quoi l’étude de l’histoire s’était penchée jusqu’à son époque : la guerre, les tueries au nom de la nation et des enfants.
Hugo Grotius publia en 1625 De jure Bell ac Pacis; ou A propos des loís de la guerre et de la paix, livre qui tentait de rendre la guerre chrétienne plus humaine. Dans cet ouvrage, Grotius justifiait les infanticides. Il citait le psaume 157, qui dit, «Heureux qui saisira et brisera tes petits contre le roc». Ainsi, Grotius était conscient de deux choses : que tuer les enfants de l’ennemi était une chose courante à l’époque du Nouveau Testament et que cela l’était tout autant au dix-septième siècle.

Les Yanomamo, les langurs gris, les Romains et les Grecs furent tous menés par la même force. Ils avaient soif de sexe et cette soif traduisait autre chose : leur désir de peupler le monde de leurs propres descendants. Mais les hommes ne sont pas les seuls ; Effie le gorille cannibale et Livia la conspiratrice romaine voulaient la même chose. Derrière ces pulsions violentes se cache le simple désir d’avoir des enfants. Ce_gui nous amène à l’une des forces fondamentales du Principe de Lucifer : l’avidité des gènes.

Là, Howard aborde un sujet « intime » : il fait part de sa vision des premiers pas de la vie. La première qualité des cellules tient dans le fait de se reproduire tout en conservant/produisant des « répliques » d’elles-même, qui finiront en ADN et autres gènes.

8 – L’avidité des gènes

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[..] Au début, comme l’explique le zoologue d’Oxford University, Richard Dawkins, dans Selfís Genes, la surface de la terre était recouverte de mers primitives. A la surface de ces eaux, la foudre et la lumière du soleil assemblaient des molécules d’ammoniac, d’eau, de dioxyde de carbone et de méthane pour former les premières substances organiques. Ces substances s’étalaient, inertes, sous les vagues, dépôt trouble s’amoncelant lentement. Un jour, un miracle se produisit. Quelques bouquets organiques s’enroulèrent accidentellement ensemble, créant ainsi une nouvelle forme possédant une propriété inédite dans l’univers. Le bretzel moléculaire pouvait faire des copies de lui-même. Il attirait sans le vouloir des débris à sa surface et, de manière accidentelle, assemblait les molécules qu’ils contenaient comme on le ferait avec des perles. Lorsque le bretzel laissait repartir le produit fini, il avait involontairement créé une image de lui-même.
La réplique avait les mêmes propriétés que son parent en forme de bretzel. Des molécules de débris étaient attirées à sa surface. Chaque segment de surface attirait une forme atomique spécifique, ce qui revient à dire que l’extérieur de la surface agissait comme un tableau tracé et numéroté, attirant précisément le bon composant au bon endroit. Lorsque toutes les nouvelles molécules étaient alignées dans l’ordre, elles se clippaient ensemble. Le résultat était une autre copie parfaite, prête à se détacher de sa parente et à dériver. La copie toute neuve, à son tour, attirait d’autres molécules errantes à sa surface, où elles s’alignaient, s’assemblait puis se détachaient pour s’éloigner dans le courant des mers boueuses. Les molécules ayant la capacité étonnante de faire des copies d’elles-mêmes sont appelées des réplicateurs. Ces réplicateurs, tout comme les innovations qui les ont précédés, amenaient l’univers à un autre niveau de l’échelle de la complexité.
Pendant une éternité, les réplicateurs dérivèrent dans la soupe chimique de la terre, se copiant avec désinvolture. Mais, pour finir, la population de photocopieuses moléculaires devint extrêmement nombreuse .. [..] [71]

Dawkins affirme que nous avons tendance à nous considérer comme les maîtres de notre dotation génétique, mais qu’en réalité nous n’en sommes que des serviteurs. Nous n’utilisons pas les gènes pour atteindre nos propres buts. Nos gènes nous utilisent. (Cette idée a été anticipée par le poète et écrivain satirique du dix-septième siècle, Samuel Butler, qui disaient avec esprit, « Une poule est seulement la façon d’un oeuf de faire un autre oeuf.»
Si Dawkins a raison, les êtres humains et leurs groupes sociaux sont de simples marionnettes, les outils complexes de minuscules molécules. Vous et moi avons été conçus comme des grues, des camions-bennes et des réservoirs destinés à être conduits par un groupe de réplicateurs. Nous sommes des ramasseurs de matière première, fonctionnant sur l’ordre de microscopiques mini-usines installées au centre de nos cellules. Car les gènes sont infectés par une ambition démesurée : leur but ultime est de se reproduire, ainsi, d’envahir ce monde [..]

A quoi on déduit que nous sommes bien les jouets de la génétique.

Il est ironique de constater que c’est l’agressivité féminine qui donne la plus importante indication sur la raison pour laquelle la Nature considère le conflit comme indispensable [..]

A chaque fois qu’un spermatozoïde et un ovule accouchent d’une nouvelle créature dans le monde, le vainqueur est un gène.

Pourquoi les humains s’autodétruisent ?

9 – La théorie de la sélection individuelle et ses failles [78]

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[..] Pourtant, les bâtards de l’Ouest accomplissaient l’impensable. Ils triomphaient des guerriers japonais. Au moment où les Américains atteignirent Okinawa, les japonais comprirent que le ciel les avait abandonnés. La honte était insupportable. Quatre mille japonais se suicidèrent dans les quartiers généraux souterrains de la marine à Okinawa. Trente mille militaires et civils se jetèrent d’une falaise voisine [..]

expliqua que «le Japon est une société de groupes, et non d’individus» [..]

En 1897, le célèbre sociologue français Emile Durkhein rassembla de nombreuses statistiques démontrant l’augmentation du nombre de suicides après les krachs boursiers de 1875 et 1882 et inventa le terme de « suicide altruiste ››. Durkheim paraissait comprendre que sous la surface, le suicidé se détruisait pour alléger le groupe social d’un fardeau. Le sociologue et ethnologue Marcel Mauss, proche et disciple de Durkheim, était encore plus précis. Il remarqua une occasionnelle « négation violente de l’instinct d’auto préservation par l’instinct social. » [..]

Cette idée n’est pas très à la mode actuellement. Les évolutionnistes, dont je fais partie, croient que la concurrence est vitale à la création de nouvelles espèces. La bête ayant le plus gros cerveau, les griffes les plus acérées, ou la méthode la plus intelligente pour construire un nid l’emporte sur son ou sa rivale moins adroite [..]

L’idée qu’elle peut exister entre groupes a été rejetée de manière retentissante en raison d’une chaîne de distorsion arbitraire dans l’histoire de la théorie évolutionniste.
Le concept d’évolution de la vie est né bien avant la publication des théories de Charles Darwin. Autour de l’an 580 av. ].C., le philosophe grec Thalès de Milet affirma que la vie n’avait pas été crée par des Dieux mais avait émergé naturellement de l’eau. Deux mille trois cents ans plus tard, les penseurs du Siècle des Lumières tels que le Français Georges-Louis Buffon réinterprétèrent d’étranges objets pétrifiés précédemment considérés comme langues de pierre et dents de dragon et rejetés. Ces objets, affirmèrent les audacieux naturalistes, étaient des morceaux de créatures fossilisées de l’ère précédente. En utilisant les dernières théories de la géologie, Buffon et les autres iconoclastes démontrèrent que la position des fossiles dans les strates rocheuses suggérait que ces créatures primitives avaient occupé la terre bien avant la date biblique supposée de la Création, et avaient évolué vers des niveaux de
complexité supérieurs en quittant leur lieu de naissance dans les mers pour poser le pied sur la terre. Au même moment, Pierre Louis Moreau de Maupertuis, autre savant ayant précédé Darwin d’une centaine d’années, développa une théorie remarquablement presciente, expliquant comment les avancées d’une espèce à l’autre pouvaient se produire [..]

Selon Darwin, la sélection se faisait à plusieurs niveaux, y compris entre individus et entre groupes. A propos des fourmis, il reconnut que l’évolution pouvait facilement induire le sacrifice des intérêts propres en faveur de ceux de l’unité sociale. Dans ses écrits suivants, il suggéra qu’un processus similaire se produisait chez les êtres humains [..]

leur progéniture de la faim. Les grouses, affirma Wynne-Edwards, mesuraient la quantité de nourriture que les landes pouvaient fournir chaque année et adaptaient leur comportement en conséquence, différant la reproduction lorsque la nourriture semblait maigre ou optant même pour une chasteté totale. Les intérêts du groupe, conclut Wynne-Edwards, remportaient sur ceux de l’individu [..][83]

Encore plus accablant, les femmes meurtrières suppriment généralement leurs propres enfants. Selon le chercheur Donald T.Lunde, « Presque tous les enfants assassinés le sont par leurs mères. » Ces mères anéantissent ceux qui allaient transmettre leurs gènes dans la génération suivante, (la deuxième cible favorite des femmes mariées est leur mari ou leur amant). Et ces sinistres évènements ne sont pas limités aux Etats-Unis. Les meurtrières de l’ancienne Union Soviétique, de Hong Kong et de Grande-Bretagne montrent également une certaine prédilection pour le meurtre de ceux qui partagent les mêmes gènes qu’elles [..]

Des recherches ont démontré que les prédateurs se jettent presque toujours sur un animal qui agit différemment des autres [..] [87]

[cadrage]

Si H.B ne s’égare pas à aborder les religions, il souligne les aspects qui se rapportent à ses thèses. Il évoque par exemple comment le mène chrétien impose la chasteté. Chasteté présentée comme un choix mais qui revient en fait à une sorte d’abnégation due à la coercition, comme la « confession » en somme.

Ces morts, affirme Wynne-Edwards, « sont les autres effets de l’exclusion sociale». Dans le corps, chaque cellule est équipée d’un mécanisme que les scientifiques nomment «apoptose», « mort cellulaire programmée&raquo, « programme intrinsèque de suicide d’une cellule&raquo et dont l’action, selon les chercheurs de la University College de Londres, doit être activement endiguée par une rétroaction positive indiquant que la cellule est nécessaire à l’ensemble de l’organisme.Lorsque le patient d’un hôpital est obligé de passer des mois dans un lit, utilisant à peine ses jambes, de nombreuses cellules des jambes, sentant qu’elles sont devenues inutiles, s’affaiblissent jusqu’à n’être que les ombres d’elles-mêmes. D’autres disparaissent simplement. Lorsqu’un être humain passe des semaines ou des mois dans l’espace, son coeur n’a plus besoin de fonctionner vigoureusement pour pomper du sang contre la force de gravité. Le coeur s’étiole de manière dramatique car les cellules qui ne se considèrent plus comme utiles se réduisent à une existence proche de la mort. [..]
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10 – Superorganismes [92]

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[.. ] En 1858, le pathologiste Rudolph Virchow poussa plus avant les observations de Schleiden. Il affirma que « la composition de l’organisme majeur, nommé individu, doit être assimilée à une sorte d’arrangement social, ou de société, dans laquelle un certain nombre d’existences séparées dépendent les unes des autres, de telle façon, cependant, que chaque élément possède sa propre activité spécifique et mène à bien sa propre tâche par ses propres moyens.» Une créature telle que vous et moi, selon Virchow, est en réalité une société de cellules séparées.[..]

(En effet, au coeur de nombreuses colonies de fourmis se trouve une salle dans laquelle toutes les ouvrières déposent leurs découvertes. Au centre de la salle, un groupe d’insectes bureaucrates examine chaque trouvaille, détermine si elle peut être utile à la colonie et l’envoie à la chambre de la reine si c’est un morceau de choix, à la nursery si c’est un aliment ordinaire, aux équipes de construction si cela peut faire un bon mortier ou sur le tas d’ordures placé juste à l’extérieur du nid.) Du point de vue d’un être humain, les activités de chaque fourmi semblent avoir beaucoup moins d’importance que le comportement de la colonie en temps qu’ensemble. En réalité, la colonie agit comme si elle était une créature indépendante qui se nourrit, élimine ses déchets, se défend et se préoccupe de son avenir. Ce fut Wheeler qui donna à un groupe d’individus agissant collectivement comme un animal le nom de superorganisme. [..]

11 – L’isolement : le poison ultime

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L’hygiène dans les foyers était impeccable, mais ils n’avaient aucun contact physique, ne recevaient pas d’amour et n’étaient intégrés à aucune toile sociale : leur résistance en fut affaiblie et 54 bébés sur 91 moururent. Dans d’autres foyers pour orphelins, le taux de mortalité était encore plus élevé. Dans certains, il atteignait le chiffre terrible de 90%.” De nombreuses autres études ont démontré la même chose. Les bébés ont beau être nourris et abrités dans un lieu où règnent chaleur et hygiène, s’ils ne sont pas tenus dans les bras et caressés, ils ont anormalement tendance à mourir.
Les chercheurs ont trouvé deux moyens de provoquer une dépression chez des animaux de laboratoire : la punition incontrôlable et l’isolement. Mettez un animal seul dans une cage, séparé des autres animaux : il perdra tout intérêt pour la nourriture et le sexe et présentera des troubles du sommeil ainsi qu’une confusion mentale.
La destruction des liens à l’organisme social peut avoir des conséquences extrêmes. Chez les êtres humains le sentiment de n’être pas désiré peut freiner la croissance. Le flux d’hormones de croissance, selon des recherches récentes, est fortement affecté par les « facteurs psychosociaux».. Des singes enlevés à leur famille et à leurs congénères sont sujets à des obstructions artérielles et à des maladies cardiaques. À l’inverse, la durée de vie de lapins pris comme animaux de compagnie et choyés, augmente de 60%.
Lorsque leur compagne meurt, les hamsters mâles cessent de se nourrir, de dormir et succombent souvent eux-mêmes. Ils ne sont pas les seuls. Selon une étude britannique, dans la première année suivant le décès de sa femme, un veuf a 40% de risques en plus de mourir. Dans une autre étude menée au Mount Sinaï School of Medecine de New York, des hommes dont les épouses étaient décédées d’un cancer du sein subissait une baisse très marquée de leur système immunitaire,un à deux mois après le décès de leur femme. [..] [97]

Howard nous parle de l’attachement social – à ses parents par exemple. Il cite l’histoire d’un singe qui se laisse mourir après la mort de sa mère.

« Théoriquement, les instincts de Flint auraient du le pousser à survivre .. ».
H.B nous permettra de ne pas être d’accord : il cite un cas qui l’arrange et généralise alors que nombre d’individus se remettront passablement de la mort de leur mère.Les êtres humains sont irrépressiblement sociaux, à tel point que lorsque nous errons dans notre maison où personne ne peut nous voir, nous parlons tout seul. [..]« Si vous pensez que ce que vous faites n’a pas d’importance et si vous sentez que si vous mouriez, personne ne vous pleurerait, vous recherchez la maladie ».[..]

Finalement, Ike alla passer cinq semaines de repos à Camp David. C’était la pire chose qu’il puisse faire. Dépossédé du sentiment de son utilité sociale, il fit une grave dépression. C’était la première luis qu’Eisenhower était écarté depuis sa crise cardiaque. Le chef d’état souffrant finit par se rétablir lorsqu’il put se remettre au travail.

12 – Même les héros sont inquiets

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[..] Pourquoi l’idéal moderne d’autosuffisance nous attire-t-il avec tant de force ?

Etre trop sur de soi rendrait inquiet. Puis il glisse sur le sentiment d’ « être le meilleur », des astuces pour donner l’impression (hautaine) de ne pas être affecté par la valétaille qui se dispute. Alors que, même si masque son affect, à l’intérieur, on en est pas moins « remué ».
On souligne qu’il n’y a pas de hiérarchie quand il n’y a pas de subalternes.

13 – Aimer l’enfant qui est en nous ne suffit pas

[..] Le fait est que si l’instinct de survie de la sélection individuelle était notre force dominante, les mécanismes autodestructeurs ne devraient pas exister.

Le Dieu des uns est le diable des autres [111]

14 – Nous contre eux

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Les globules blancs du système immunitaire fonctionnent tels des soldats en patrouille. Ils parcourent sans relâche les couloirs du corps, rôdant à la recherche d’intrus [..]

Les uniformes sont nécessaires au niveau cellulaire. Ils s’avèrent également indispensables à la société humaine. Margaret Mead affirme que chaque groupe humain met en place une règle simple : tu ne tueras pas les membres de ta bande, mais tu peux tuer tous les autres. Selon Mead, chaque groupe proclame que tous les êtres humains sont frères et déclare qu’il est hors de question de tuer des êtres humains. La plupart des groupes, pourtant, ont une manière très étrange de définir qui est humain. Le membre d’une tribu, dans la majorité des sociétés primitives, est un être humain à part entière. Par contre, le membre d’une tribu ennemie ne l’est généralement pas. La plupart des tribus primitives, selon Mead, pensent que si vous rencontrez l’un de cessons-humains d’un groupe rival dans la forêt, il est tout à fait approprié de le frapper à mort. Comme les globules blancs qui se croisent de façon inoffensive dans les couloirs du corps mais détruisent les intrus «étrangers», les êtres humains de la même tribu se reconnaissent entre eux comme étant de la même chair et évitent les hostilités. Un corps est une coopérative de cellules qui doivent s’entendre pour survivre; une société est une coopérative d’individus qui doivent faire de même.[..]

Ainsi, sinon le racisme pur et dur, mais au moins la xénophobie est bien un mécanisme naturel tandis que que forcer au métissage est bien contre-nature.

Ainsi s’éclairent des massacres passés : les juifs, par exemple, ont été traités comme des lépreux des siècles durant mais dès qu’ils le peuvent, massacrent et spolient la Palestine à leur tour.

Selon E. O. Wilson, de Harvard, la xénophobie, la peur et la haine des intrus est universelle chez les animaux les plus développés. [..]

Une grande partie de la communication animale observée par les éthologues semble avoir évolué pour permettre à un animal de dire à l’un de ses compagnons tueurs : « Hé ! Je suis l’un de nous». Par exemple les cris permettent à un oiseau de dire aux autres qu il fait partie de leur groupe. Certaines sociétés aviennes ont même développé leur propre dialecte dans ce but. Le marquage et les çodeurs distinctives aident également les animaux à distinguer ceux qui font partie de leur bande et ceux qui n’en font pas partie?
Les êtres humains ont également besoin de pouvoir identifier ceux dont ils sont supposés prendre soin et ceux qu’ils peuvent combattre. Parmi ces identifiants, l’on peut citer la façon dont vous tenez votre fourchette, la langue que vous parlez, les vêtements que vous portez, la façon dont vous êtes physiquement proche des gens ou non, la façon dont vous dites bonjour, la coupe de cheveux que vous choisissez et la couleur que vous mettez sur votre visage.
Les chefs qui façonnent les nouveaux organismes sociaux semblent savoir instinctivement qu’ils devront trouver des façons de différencier leurs adeptes des autres. Moïse créa un slogan: « Ecoute Israël. Yahvé notre Dieu est le seul Yahvé. ›› Il demanda à ses disciples d’inscrire cette phrase sur leur porte, où ils la verraient à chaque fois qu’ils sortiraient et rentreraient, et d’attacher des morceaux de parchemin portant cette phrase à leurs bras chaque matin et chaque soir. Pour s’assurer que les juifs seraient marqués différemment des membres de tout autre groupe, il leur donna même un régime alimentaire différent [..]

Autres formes de marques distinctives :

Les gardes rouges de Mao comme :

Les partisans de Lénine s’apprêtaient à tuer le Tsar, sa femme et ses enfants, à exiler les ‘aristocrates qui avaient tyrannisé la Russie [..]

Les hommes veulent éviter les travaux ménagers, les femmes veulent qu’ils fassent plus de nettoyage et de balayage. Ce sont des conflits entre grappes d’êtres humains qui pensent que vous êtes soit avec nous soit contre nous. Ce sont des batailles pour un territoire, comme les lentes bagarres entre bouquets d’anémones concurrents sur un rocher. [..]

Bertha et d’autres Allemands de l’époque désignaient ces êtres asservis par un mot simple : Stíic/ee, « bétail ». Comme l’a dit Margaret Mead, il est interdit de tuer de vraies personnes, mais les gens qui sont au-delà des frontières de notre propre superorganisme ne sont pas vraiment des personnes, n’est-ce-pas ? [..]

15 – De l’intérêt d’avoir un ennemi [117]

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L’invocation de l’image d’un ennemi par un leader charismatique est ce qui rassemble fréquemment l’organisme social. Orville Faubus, gouverneur de l’Arkansas de 1955 à 1967, sut comment réunir la bête sociale. Il le fit en créant un ennemi qui n’existait pas. En 1957, Faubus menait une lutte incessante pour sa réélection. Sa popularité était en baisse, car il avait contrarié les libéraux en permettant aux services publics et au chemin de fer d’augmenter leurs tarifs, et avait marché sur les pieds des conservateurs en augmentant les impôts. Mais Faubus avait un autre tour dans sa manche : la création d’une bête noire.[..]
Le premier coup du gouverneur fut simple. Il appela l’adjoint du Ministre de la Justice à Washington pour demander ce que le gouvernement fédéral comptait faire pour parer à la violence qui allait être déclenchée par l’ouverture des portes des écoles de Little Rock aux Noirs et aux Blancs en septembre. Les employés du Ministère de la justice étaient perplexes. [..]

Lorsque la première cloche sonna à 8h45, quatre reporters afroaméricains arrivèrent dans le but de couvrir les tentatives des élèves noirs pour approcher leur école. L’un des gros durs de Karam hurla : « Voilà les nègres. » Les journalistes noirs battirent rapidement en retraite, mais pas assez rapidement. Vingt des blancs que le Flash avait postés là cernèrent les reporters et se mirent il les roua de coups. Comme la police s’approchait, Karam rugit, «C’est les nègres qui ont commencé ! » Les bulletins d’informations radio mentionnèrent la bagarre, et, rapidement, les pires crapules blanches de Little Rock, brûlant de défendre l’honneur Blanc, affluèrent en masse. Par centaines. Lorsqu’ils ne trouvaient pas assez de Noirs à cogner, ils se jetaient sur les nordistes. Ils frappèrent sans pitié trois reporters du magazine Lzfe. La violence qu’Orville Faubus avait prédite à Little Rock avait explosé.
Jimmy Karam fila vers le téléphone public d’une station service pour mettre le gouverneur au courant de la situation. Faubus fit une conférence de presse à la convention des gouverneurs de Sea Island et déclara sobrement que « les violences que connait Little Rock sont la preuve de l’exactitude de mon jugement. » [..]

Le résultat fut simple. Faubus avait risqué de perdre les élections. Au lieu de cela, il devança son plus proche adversaire à presque cinq contre un et remporta toutes les élections suivantes jusqu’à sa retraite. En créant un ennemi, Faubus avait galvanisé I’Arkansas derrière lui [..]

16 – L’astuce perceptuelle qui fabrique les démons [123]

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La perception est un processus très sélectif. Nous voyons et nous nous souvenons précisément de choses qui passent devant nos yeux. Nous en ignorons de nombreuses autres. Et il y en a d’autres encore que nous oeuvrons activement à nier. Qu’advient-il de ces réalités que la conscience évite ? Elles deviennent des éléments du processus qui déclenche la notion d’ennemi.

Linton n’est pas la seule dans ce cas. L’esprít récrit également la réalité pour vous et moi. Elizabeth Loftus, chercheuse pionnière dans le domaine de la mémoire à la University of Washington et auteur du superbe ouvrage Memory, fait remarquer que les gens se souviennent avoir travaillé beaucoup plus que ne l’indiquent les registres de présence. Ils se souviennent de leurs anciens salaires comme étant beaucoup plus élevés que ne l’indiquent leurs vieilles feuilles de paie. Ils se souviennent avoir commandé moins de boissons alcoolisées qu’ils ne l’ont vraiment fait et sont certains qu’ils ont donné plus aux oeuvres caritatives que dans la réalité. Ils se souviennent, en résumé, des moments de gloire, des accomplissements positifs. De plus, ils exagèrent ces triomphes. Mais leur esprit gomme les petites hontes quotidiennes, les diverses humiliations qui composent la vie de ceux qui sont en bas de l’échelle sociale. Selon Loftus, l’esprit érige même une fausse et confortable image de soi et du passé.

C’est un fait qu’on se remémore mieux les souvenirs positifs. Un jeune de 25 ans se souvient même mal des sévices qu’il a subit gamin !
A les entendre, on a l’impression que tout les anciens sont de gentils papis mamies alors qu’il y avait bien 50% de crasses – méchantes, menteurs, brutales, voleurs.. dans le lots.
Moi même, j »évite mais ne peux m’empêcher d’enjoliver de mes actes épiques; quand il ,e nous arrive pas me mentir.. mentir tellement longtemps qu’on finit par croire en ses propres balivernes !
J’en suis tombé des nues : ma mère (passée 85 ans) me dit avec le plus grand sérieux : « Je n’ai jamais rien fait de mal » et elle n’est pas gâteuse pourtant. Ainsi, tous anciens seraient frappé de sainteté !

Mais l’hostilité et la sexualité sont deux aspects inéluctables de la vie humaine. Comment les personnalités autoritaires avaient-elles fait face à leurs pulsions agressives et sexuelles inacceptables ?
En utilisant une technique que les Freudiens appellent projection. Comme la chercheuse Marigold Linton, qui avait oublié la plupart des choses pénibles qui lui étaient arrivées dans sa vie quotidienne, les personnalités autoritaires avaient exclu leur agressivité et leur sexualité de leur conscience. Comme les sujets qui avaient un souvenir erroné de leurs anciens salaires et de leurs habitudes de travail, les personnes de type autoritaire se voyaient comme des personnes chez qui les tendances agressives et sexuelles n’existaient pas. L’agressivité et la sexualité, étaient-ils convaincus, ne bouillonnaient que dans l’esprit d’un ennemi. Et c’est là qu’est l’astuce. Les autoritaires pensent fréquemment à cet ennemi et à ses penchants répugnants pour la luxure et la haine. Ils peuvent vraiment ressentir les sensations sexuelles grouillantes et l’hostilité furieuse qui coulent dans les veines de leurs ennemis. Pourquoi peuvent-ils ressentir cela aussi précisément ? Parce qu’ils ont projeté leurs propres émotions interdites sur un adversaire sans visage, comme un ventriloque projette sa voix dans la bouche d’un pantin. En voyant leurs pulsions inacceptables dans un étranger sans méfiance, ils arrivent à se concentrer sur ces pulsions tout en les niant ! [..]

H.B nous raconte un épisode où des bigotes US inventent des images pornos pour incriminer « les destructeurs de l’esprit des enfants »

Voici comment fonctionne ce principe dans la vie réelle : au début des années quatre-vingt, un groupe de femmes du comté d’Orange, en Californie, était convaincu que les forces ténébreuses de l’« humanisme profane» utilisaient les livres de cours de l’école élémentaire pour détruire l’esprit des enfants [..] Bien sûr, elles découvrirent de minuscules images cachées de manière subliminale sur les pages. Ces images microscopiques que représentaient des femmes aux seins nus et des hommes ayant une énorme érection. Les mères outrées réussirent à faire changer certaines illustrations suite à leur « découverte». Mais où les images des hommes et des femmes nus existaient-elles en réalité? Pas dans les pages imprimées, mais dans l’esprit des femmes qui observaient les livres au microscope. Comme Marigold Linton, la psychologue qui « oubliait ›› les évènements de sa vie qui l’avaient humiliée [..]
La seule façon d’empêcher cette intrusion était d’être constamment vigilant, perpétuellement sur ses gardes face à cette invasion sexuelle des «humanistes »[..]
Le responsable était leur ennemi fou de sexe, sans lequel elles n’auraient jamais pensé à la sexualité. De telles éléments rejetés hors de nous composent nos démons [..]
Le concept d’ennemi humaniste profane qui ébranle la jeunesse américaine est actuellement prêché par les
télévangélistes et les radioévangélistes sur la chaîne nationale Christian Broadcasting Network, sur les 221 chaînes de télévision fondamentalistes des Etats-Unis et sur les 1370 stations de radio
fondamentalistes [..] [126]

Ce qui nous fera rire bien sur mais attention à ne pas tomber nous même dans les hystéries. Par exemple : que les médias renferment des symboles destinés à nous influencer inconsciemment (NWO, Maçons, Kabbale etc) alors que d’évidence on prend souvent pour argent comptant des accidents. Par exemple : en lisant le graphisme « Coca-Cola » à l’envers, on reconnaîtrait une insulte à Mahomet.. ce qui est très certainement une libre interprétation car « Coca » et « Cola » font référence à des végétaux et les queues décoratives de la lettre « Q » ne datent pas d’hier.

Conspirationnisme : oui; sans circonspection : non.
..
..
[cadrage]

17 – Comment la haine construit les murs de la société [129]

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Un autre ingrédient est nécessaire pour déclencher la notion d’ennemi: la haine. La persistance avec laquelle les sociétés donnent la permission de détester est stupéfiante. Jésus donna la permission de désapprouver les riches. Le christianisme médiéval donna la permission de détester les païens. L’Islam donne la permission de détester les infidèles. Le marxisme donne la permission aux démunis de détester les nantis.

.. la frustration génère souvent la rage. Entraînez un rat à courir dans un tunnel en ligne droite vers un morceau de nourriture. Lorsqu’il atteint le bout du tunnel, il obtient à manger. Puis, placez une barrière en plexiglas sur le chemin du rongeur. Lorsqu’íl arrive à l’obstacle transparent, le rat peut toujours voir la nourriture mais ne peut plus l’atteindre. C’est une frustration. Comment l’animal réagit-il? Il entre en furie [..]

la frustration et l’agressivité vont de pair. [..]

aller au bout de ses capacités est une chose absolument impossible. Si une bactérie était autorisée à aller jusqu’au bout de ses capacités, elle pourrait, en seulement quatre jours, engendrer plus de descendants qu’il n’existe de protons dans l’univers. Heureusement, les contraintes de la réalité ont empêché les bactéries d’aller jusqu’au bout de leurs capacités reproductives.

L’ennemi est bon pour la santé.

Howard nous explique en somme, que les ennemis nous sont nécessaires car ils nous servent à focaliser nos inévitables frustrations. L’ennemi préserve notre équilibre.
Où on déduit que les artifices comme les religions qui tendent l’autre joue ne peuvent qu’engendrer d’obscures névroses.

Une réflexion à tout ça – une bonne explication, non pas freudienne puisqu’on en pas besoin :

Les jeunes passent par une période où ils s’affirment en s’opposant à leur parents. Et l’explication est bien là : les jeunes, manquant encore de compétence, « reprochent » ce fait à leurs parents et s’opposent pour se trouver un ennemi comme le dit H.B
Et ça dure le temps qu’il leur faut pour acquérir, démontrer leur compétence
.

En parlant des fourmis : [..] Si elle reçoit tel mélange de nourriture des nourrices de la colonie, elle devient un soldat [..] si elle reçoit un autre mélange, elle devient une ouvrière, une créature petite mais vive, capable de porter des charges plusieurs fois supérieures à son poids. Et si elle reçoit la potion rare réservée à quelques privilégiées, elle peut devenir une reine : la créature centrale pour la préservation de laquelle sont mis en oeuvre tous les efforts, la seule fourmi qui a le privilège d’avoir des petits. [..] En fait, si la dirigeante de la colonie est tuée par des maraudeurs ou par une maladie, une ouvrière peut soudain développer les pouvoirs reproductifs que le destin lui avait refusés toute sa vie. Elle commencera a pondre des oeufs. [..]

L’homme avait fait une carrière militaire, avait démissionné dans des circonstances suspectes, avait échoué dans sa tentative de devenir agriculteur ainsi que dans l’immobilier et avait fini par travailler dans la maroquinerie de son père. C’était un piètre vendeur, un caissier plus qu’incompétent et il semblait même ne pas connaître le stock du magasin. De plus, certaines rumeurs laissaient entendre qu’il était un peu trop porté sur la bouteille. Puis, en 1861, la Guerre de Sécession éclata, et le raté s’engagea dans un régiment de volontaires. Moins de deux années plus tard, il était promu au rang de major général. Il devint finalement président. Il s’appelait Ulysses S. Grant. [..]

Ulysses S. Grant (né Hiram Ulysses Grant le 27 avril 1822 – 23 juillet 1885) est un général et homme d’État américain. Chef d’état-major des troupes de l’Union lors de la guerre de Sécession, il est ensuite le dix-huitième président des États-Unis, pour deux mandats, de 1869 à 1877.

Comme les fourmis, chacun de nous est doté de tout l’équipement nécessaire pour être un maître ou un esclave, un mendiant ou un roi. La plupart d’entre nous, pourtant, ne jouera qu’un seul de ces rôles. Nous rêverons de la chance que nous aurions pu connaître, mais pour la plupart, nous ne goûterons jamais ces possibilités dans la vie réelle. Et, en vieillissant, nombreux seront ceux qui porteront un fardeau de ressentiment face aux destins qu’ils n’ont pas réussi à avoir.[..]

Si tant est qu’on ait conscience, l’intelligence de notre potentiel. Beaucoup se contentant c’être de gros nuls.

Certains de ces hyménoptères sont paresseux et passent leur temps à ne rien faire ; d’autres travaillent d’arrache-pied dans l’intérêt de la communauté. Mais essayez de séparer les incapables des industrieux et de les répartir en deux colonies : l’une composée exclusivement de fainéants et l’autre de bûcheurs. Une chose étrange se produit alors. Dans la communauté des traînards, une large proportion des bestioles paresseuses est soudain prise d’un sens aigu de l’assiduité. Elles se transforment en ouvrières.[..]

Rien n’est jamais « écrit ».. il ne faudrait pas grand chose pour déclencher chez le français mollasson surprotégé ce qui motiva les allemands en 36..
Il faut un déclic.. ce fut un « Hitler » pour l’Allemagne – on se souhaitera un déclic mais plus nuancé !

Dans un poussin, vous pouvez prendre une cellule qui allait se développer en plume d’aile et la mettre là où elle deviendra une patte. Si vous effectuez la manoeuvre à temps, l’ancienne cellule de plume d’aile deviendra un morceau de griffe parfaitement normal. Ce processus s’appelle différenciation cellulaire. [..]

Ce que le mécanisme des cellules souches explique aussi.

Une fourmi solitaire, d’une certaine façon, regarde autour d’elle et voit où elle se trouve dans la matrice sociale, puis devient ce qu’elle doit être pour que la communauté corresponde au plan directeur.
Les groupes humains connaissent un processus similaire.[..] Pendant environ une heure, les campeurs s’évaluèrent les uns les autres, essayant de déterminer les forces et les faiblesses de chacun, décidant qui serait ami avec qui. Puis il s’organisèrent rapidement en superorganisme doté d’une tête, de membres et d’une queue. L’un des campeurs devint le
«mâle alpha», l’individu dominant, le leader du groupe. Un autre devint le « dur », une brute costaude que personne n’aimait vraiment. Un troisième devint le « blagueur », le copain facile à vivre de tous les autres. Et l’un devint l’« abruti », du genre malingre et trop enthousiaste que chacun pense pouvoir traiter sans ménagement. [..] [134]

A un moment donné, une communauté cellulaire développa une façon astucieuse de se débarrasser du calcium indésirable qui la polluait. [..] Les bâtons de calcium rejeté devinrent des poutres structurelles qui renforcèrent la solidité et la puissance de la coopérative cellulaire. C’était les os, des outils qui rendirent possibles des formes de mouvements révolutionnaires et permirent finalement aux superorganismes cellulaires de quitter la mer pour la terre.
Dans la société humaine, un autre type de déchet, celui-ci psychologique, est utilisé dans un but structurel similaire. Le déchet, dans ce cas, est la frustration d’où naît la haine. La frustration des êtres humains s’accumule tout comme le calcium agglutiné dans l’espace qui sépare les cellules composant les communautés cellulaires vivant autrefois dans l’océan. Pour éviter des dommages à l’intérieur du groupe, la majeure partie de cette frustration est dirigée ailleurs, par exemple vers des étrangers. [..]

L’Homme : inventeur du monde invisible

18 – Des gènes aux mèmes [140]

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[..] Les gènes, affirme Dawkins, nageaient dans la soupe protoplasmique de la Terre, se nourrissant de boue organique. Les mèmes flottaient dans une autre sorte de mer : une mer de cerveaux humains. Les mèmes sont des idées, les fragments de néant qui vont d’esprit en esprit. Une mélodie monte dans les rêveries d’un compositeur solitaire. Elle s’empare du cerveau du chanteur. Puis elle infecte la conscience de millions de personnes. Cette mélodie est
un mème
[..]. Les mèmes étirent leurs vrilles dans le tissu de chaque cerveau humain, nous amenant ainsi ii nous coaguler en ces masses coopératives que sont la famille, la tribu et la nation. Et les mèmes, en travaillant ensemble dans les théories, les visions du monde et les cultures, peuvent rendre un superoganisme très affamé.

De 1852 à 1864, Karl Marx passa presque chaque jour assis dans un coin de la bibliothèque du British Museum, parcourant des livres et échafaudant des théories. Il ne s’en rendait pas compte, mais l’écrivain barbu était tout simplement l’outil de mèmes fragmentaires. Ces idées flottaient dans le Zeítgeíst, attendant qu’un esprit humain réceptif vienne et fonctionne comme fonctionne une enzyme dans le métabolisme humain : en collant ensemble des molécules destinées les unes aux autres. [..]

Puis, la création mentale de Marx reçut un petit coup de pouce de la chance. Elle trouva son chemin dans la substance cérébrale d’une poignée d’hommes capables de ce dont Marx n’était pas capable : l’organisation et le recrutement de partisans. Ces hommes étaient Lénine, Staline et leurs amis, mais même eux semblèrent au premier abord de piètres espoirs «pour la multiplication d’un mème. Lénine, comme Marx, passa dix-sept ans dans les bibliothèques, plongé dans l’étude des documents [..]

Au milieu des années quatre-vingt, les idées rassemblées par le cerveau d’un homme dans un coin d’une bibliothèque isolée, des idées dont la disparition devenait année après année de plus en plus inévitable, étaient passées du contrôle d’un homme de quatre-vingt kilos à celui de millions de tonnes de matière sur la planète.
Ces mèmes vivaient dans les esprits et les mécanismes sociaux de plus de 1,8 milliard d’êtres humains, étendant leur influence sur les terres, les minéraux, les machines et les animaux domestiques contrôlés par ces êtres humains. Le nouveau réplicateur prenait encore moins de place et de masse que les enchevêtrements d’atomes nécessaires à un brin d’ADN. Ce réplicateur, comme ceux incubés par Jefferson, Madison et par saint Paul, avait réuni sous son contrôle une plus grande partie de la planète Terre qu’aucun gène ne l’avait jamais fait, aucun gène, bien sûr, sauf un : le gène humain. [..]

Un synonyme de « mème » ? Disons « concept », mais à condition qu’il s’agisse d’un concept, un objet mental partagé par plusieurs dont son promoteur. Le freudisme – par exemple, est un exemple typique du mène.

19 – Le nez d’un rat et l’esprit humain : une brève histoire de l’ascension des mèmes [147]

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Comment savoir qui fait partie de la famille et qui n’en fait pas partie ? Comment savoir qui partage les mêmes gènes? Comme les rats, les premiers humains utilisèrent les signes extérieurs. Heureusement, ils ne se servirent pas de leur nez. Au lieu de cela, l’Homo Sapiens, inventif, utilisa les idées, les manières, les moralités et les particularités vestimentaires. Les Enfants d’Israël .. [..]

Il se sentit enveloppé de lumière. Il entendit la voix de Jésus, le guide décédé dont il combattait tant les opinions. Saül devint saint Paul et se nomma dernier apôtre de Jésus [..] Finalement, l’apôtre auto-proclamé, exaspéré, décida que s’il ne pouvait pas dénicher de disciples parmi les juifs, il irait voir ailleurs.194 Paul entama donc
une campagne vigoureuse pour rallier «les gentils» : des Grecs, des Romains, des Anatoliens, des Siciliens, des Espagnols de la ville [..]

Paul fut l’un des créateurs d’un nouveau concept : la religion transmissible, il se libéra de l’ancienne notion selon laquelle Dieu était un emblème de l’héritage tribal et trancha les liens qui attachaient la divinité aux gènes. Paul n’était pas le premier à libérer les Dieux des composants chromosomiques. Bouddha avait fait la même chose plus de cinq cents ans auparavant. Mais Paul était parmi les hommes les plus influents à avoir appliqué cette idée. Grâce à Paul, le mème chrétien allait rassembler un mélange incroyable de gènes. Les gènes grecs et romains aux cheveux foncés, les gènes scandinaves aux veux bleus et aux cheveux blonds. les gènes africains à la peau .. [..]

20 – Comment de fausses idées peuvent être vraies [152]

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Puis les Gardiens délivrèrent une directive encore plus significative : rendre public le fait que les disciples avaient sauvé l’humanité! Mme Keech bondit sur le téléphone pour appeler les journaux auxquels appartenaient les journalistes qu’elles et les autres avaient chassés la nuit précédente. Lorsqu’elle raccrocha, les autres se ruèrent vers le téléphone, soudain résolus à contacter d’autres médias auxquels ils avaient refusé de répondre au cours des semaines précédentes. [..]

Pourquoi l’échec de la prédiction déclencha-t-il un spasme de nouvelles activités ? Parce que la mesure du succès d’un tissu de mèmes, un mythe, une hypothèse ou un dogme, n’est pas sa vérité mais la façon dont il tient lieu de ciment social. Si un système de croyance joue ce rôle correctement, il peut déclencher la croissance d’un superorganisme de taille massive, même si ses principes de base se sont avérés faux. [..]

De nombreuses personnes fermèrent leur magasin et cédèrent leur ferme pour anticiper l’heureux jour.Mais 1845 arriva et passa, et le globe terrestre demeura intact, indemne de toute brûlure infligée par un chalumeau cosmique. Miller modifia la date de sa prédiction au 22 octobre 1844. Lorsque la date corrigée de mort et de gloire arriva, la déclaration de Miller s’avéra encore une fois erronée. Mais rien de tout cela n’empêcha les idées de Miller de cimenter un immense groupe social. Le credo fondé par ses disciples est plus connu aujourd’hui sous le nom d’Adventisme du Septième Jour. En 1981, le mouvement comptait 668 000 adhérents dans 184 pays.
Le marxisme attira également des partisans à l’aide de prédictions qui s’avérèrent fausses. La dictature du prolétariat, disaient les fidèles, ne serait qu’une phase temporaire. Libérés de l’oppression «lu capitalisme, les citoyens perdraient leur avidité, leur agressivité [..]

La Sainte Trinité est une énorme blague mais elle draine pourtant des millions de fidèles à cette blague.

21 – Le village des sorciers et l’énigme du contrôle

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Toutes les maladies des chrétiens doivent être imputées aux démons.
Saint Augustin

Pourquoi les êtres humains sont-ils attirés par les idées comme la limaille vers un aimant ? Pourquoi les mêmes ont-ils le pouvoir de créer, d’élever, de pacifier et de tuer ? L’une des réponses est une machine construite avec les moyens du bord dans la charpente humaine, un gadget physiologique capable de tours assez remarquables.[..]

Mais il y avait une forme de marchandise pour laquelle les Badaga, les Kota et les Toda étaient prêts à payer encore plus que pour les autres. Leur besoin de ce seul bien atteignait parfois le niveau de la panique hystérique ; pourtant, selon notre point de vue, cette marchandise semble la moins essentielle de toutes.

L’hystérie des croyances, le besoin de religion et de magie.

[..] Les Kurumba étaient des sorciers. Les fabricants d’ustensiles ménagers Kota payaient une assurance régulière à ces magiciens de la forêt. Après tout, les inventeurs de sortilèges Kurumba contrôlaient les forces obscures qui pouvaient s’emparer de vous au milieu de la nuit et vous ramener avec une hydropisie, une épilepsie ou la maladie du sommeil. [..]
Les Kurumba exigeaient tout ce que le marché pouvait rapporter, et parfois leurs exigences étaient tout sauf modestes. [..]
La réponse habituelle était qu’un sorcier Kurumka particulièrement puissant avait été insulté par un Kota ou était devenu jaloux de leur bonne fortune, et envoyait donc de la magie particulièrement puissante contre sa victime. Seul un effort soutenu, devant être justifié par des présents supplémentaires [..]

Le contrôle est une notion extrêmement puissante [..] [159]

Le contrôle est également l’ingrédient magique qui nous maintient en alerte face au danger.
Pour ce faire, il supprime la production d’endorphines. Les endorphines sont des produits chimiques produits par le corps pour apaiser notre souffrance.[..] Ce sont pourtant des poisons séducteurs. Le pouvoir d’anesthésie des endorphines est immense, mais elles nous paralyse également, obturant nos perceptions et anesthésiant notre résistance à la maladie.[..] Les endorphines entraînaient un engourdissement des sens et de l’esprit chez les rats dépourvus de contrôle, alors que les rats qui avaient une emprise sur leur destin restaient réceptifs et alertes. [..]

22 – Le sorcier, guérisseur moderne

Où H.B évalue le besoin réel en « homme médecine », mais à notre époque

la grenouille a grande bouche 7

Ces analyses démontraient un fait inexplicable : l’augmentation de l’espérance de vie de l’humanité doit moins aux médicaments modernes, aux techniques de diagnostic, à la chirurgie, aux hôpitaux ou à tous les autres outils des soins de santé contemporains que nous ne l’imaginons. Les chercheurs démontrèrent que les maladies dévastatrices telles que la typhoïde, le choléra, la rougeole, la variole et la tuberculose avaient commencé à décliner au début du dix-neuvième siècle. Peu à peu, ces maladies diminuèrent jusqu’à n’être qu’une petite fraction de ce qu’elles étaient auparavant. Les médicaments prodiges habituellement jugés responsables de l’éradication de ces maladies, les antibiotiques, ne furent inventés que près de cent ans après le début de la disparition des maladies. La tuberculose, par exemple, diminua de 97 % ‘ entre 1800 et 1945. Ce n’est qu’à cette date que la streptomycine fut finalement introduite pour éliminer la faible fraction qui restait. Apparemment, ce n’était pas uniquement les fioles du sac du médecin ou les pilules miracles dispensées par ses ordonnances qui 1 avaient réellement détruit le fléau mortel.
Ce qui a vraiment entraîné l’amélioration spectaculaire de la santé contemporaine échappe encore aux experts. Certains affirment qu’elle est due à l’amélioration de la nutrition, à l’apparition de l’approvisionnement en eau potable et aux progrès de l’hygiène publique. D’autres, comme épidémiologie californien Leonard A. Sagan, suggèrent qu’elle est due à une plus grande liberté, et donc un plus grand contrôle, accordée au citoyen moyen. [..]

Cependant, la profession médicale gère ce dilemme en dissimulant son ignorance. Selon une étude de 1987 menée par le psychologue Dan Bar-On, de l’Université Ben Gourion en Israël, les patients sont souvent plus aptes à prédire l’impact de leur maladie que ne le sont leurs médecins. Ce que vendent alors les médecins n’est pas nécessairement la capacité à nous guérir mais l’illusion du contrôle. Alors que les praticiens gagnent leur vie grâce à la soif de contrôle qui caractérise les êtres humains, eux-mêmes sont souvent les victimes de cette soif. Comme leurs patients, les médecins ont désespérément besoin de croire qu’ils peuvent, réellement, dominer les forces de la maladie et de la guérison. Des recherches psychologiques démontrent que les gens tendent à refouler ce qu’ils ne peuvent pas contrôler et à se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler. Les yeux de la profession médicale sont souvent aveuglés par ce phénomène. Un bon exemple de ceci est le refus de la communauté médicale à reconnaître l’existence de la dépression adolescente il y a quelques décennies. Frederick K. Goodwin, directeur scientifique du National Institute of Mental Health, explique que la communauté des psychothérapeutes n’a reconnu l’existence «lu graves dépressions chez les adolescents et les enfants qu’au milieu des années soixante-dix. [..]

«Un homme dont le seul outil est un marteau analyse chaque problème en termes de clous&rauo;. Ne possédant pas le marteau des antidépresseurs, le médecin nia d’abord l’existence de la dépression chez l’adolescent. A présent que le médecin possède l’outil qui donne le contrôle, il est prêt à ouvrir les yeux. Le médecin, semble-t-il, a autant besoin du contrôle que son patient. [..]
Sans compter les facteurs commerciaux, financiers

23 – Le contrôle et le besoin de prier [170]

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Le vicaire de Jésus-Christ démontra que, comme les habimnrs du village des sorciers, il avait le monopole d’une arme qu’un simple roi ne pourrait jamais commander. Hildebrand excommunia le peuple allemand. Immédiatement, les citoyens allemands, craignant que leur âme ne soit jetée dans des tourments éternels, firent pression sur leur souverain au point que celui-ci fut obligé de se rendre à Canossa et de rester debout, pieds nus, dans une cour pendant trois jours à supplier le pontife de lui pardonner. Comme les sorciers Kurumba, le pape prétendait avoir le contrôle de forces invisibles. Il affirmait que ses prêtres avaient un pouvoir sur les portes cachées qui menaient à un paradis et à un enfer invisibles. Grâce à cette influence sur un royaume dont l’existence ne peut être prouvée, le pape revendiquait le droit de contrôler l’incontrôlable.
L’Eglise médiévale gagna de considérables sommes d’argent en vendant ses illusions. Et les fantasmes que propageaient les confesseurs – contrôle et espoir – étaient absolument vitaux pour la survie de l’individu. (Une étude de 2 852 sujets menée par Robert Anda du Centers for Disease Control montre que les adultes dépourvus d’espoir ont quatre fois plus de risques de mourir de maladie cardiaque). Dans la vie réelle, le serf moyen était cloué à la terre comme le Christ sur sa croix. Il était exposé à des famines et à la peste. Les principales décisions qui affectaient sa vie étaient prises par le seigneur du domaine De temps à autre, la cabane d’un serf était saccagée, ses récoltes détruites, son bétail confisqué et sa femme violée par les troupes d’un noble des environs, un groupe militaire qui passait par-là, une bande de brigands ou parfois les troupes de son propre roi. Le serf n’avait ni espoir ni contrôle.
Mais l’espoir et le contrôle, comme nous l’avons vu, sont biologiquement nécessaires au système immunitaire comme au cerveau. [..]

[..] Il leur interdisait tout espoir, leur retirant brusquement la seule chose rendait leur vie tolérable. Pire encore, il les privait du fantasme de contrôle, ruse nécessaire pour pousser le corps à survivre.
La religion continue à offrir à ses serviteurs cette tranche vitale d’illusion. Les Fondamentalistes Anonymes, un groupe d’anciens extrémistes religieux ayant abandonné le mouvement chrétien ré-actionnaire,,affirment que pour les fondamentalistes, le Christ est l’élément qui résout tous les casse-tête. La soumission à une autorité religieuse, selon le fondamentaliste, lui permettra de contrôler les caprices de la vie.

24 – Le pouvoir et le monde invisible

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[..] Pourtant, en ce qui concerne l’une des mesures les plus simples de la sante générale, la mortalité infantile, les Etats-Unis se trouvent à une place sinistre : la vingtième. Les bébés des nations qui ne se sont pas lancées dans de folles dépenses de santé ont en fait plus de chances de rester en vie. Selon le Sénateur Lawton Chiles de Floride, « Si votre enfant était né à Singapour ou à Hong Kong », il aurait plus de chances d’atteindre l’âge d’un an que s’il était né aux Etats-Unis».
Il y a plus de cinq cents ans, les hommes offraient le même type de sacrifice financier frénétique leurs prêtres. Résultat : près d’un tiers des terres de l’Angleterre étaient entre les mains de l’Eglise jusqu’à ce qu’Henri VIII les lui retire. [..]

Lorsque les hommes cherchent désespérément des maîtres du contrôle, ils ne chipotent pas avec les limites du nouveau sauveur. Ils s’emparent de 1’idée de son pouvoir avec un enthousiasme affamé, car le nouveau sorcier offre la promesse d’influencer ce qui semble impossible à influencer.[..]

Nous sommes aujourd’hui nombreux à être convaincus que nous sommes au-dessus d’une croyance en des forces invisibles qui façonnent silencieusement notre destin. Mais le sommes-nous vraiment ? Absolument pas. Nos croyances en des puissances invisibles modèlent notre comportement aussi sûrement que la certitude que l’esprit d’un ancêtre rôde dans le coin de leur hutte influence les habitudes des habitants traditionnels de Nouvelle-Guinée. Vous avez vu des gens tousser et renifler, mais avez-vous déjà vu un germe ? Seuls les gardiens de notre monde invisible, les scientifiques, les ont repérés. Pourtant vous prendrez sûrement de nombreuses décisions liées à l’hygiène en fonction de ces micro-organismes et de ces minimonstres que vous n’avez jamais vus. Vous évitez probablement le cholestérol, mais en avez-vous déjà aperçu ? [..]

25 – Einstein et les Esquimaux

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[..] L’anthropologue Marvin Harris a démontré que si les Indiens tuaient leurs vaches et les jetaient entre les deux tranches de pain d’un Big Mac, ils seraient encore plus nombreux à mourir de faim. Harris explique que les Indiens survivent en utilisant la bouse de vache comme combustible, leur force de traction pour tirer les Charrues et leur lait pour nourrir les enfants. Tuer les vaches rendrait l’agriculture impossible, le chauffage inexistant et le lait introuvable. L’adoration de la vache sacrée fonctionne parce qu’elle maintient en vie les créatures sur lesquelles est basée l’économie indienne. [..]

Pour faire des prédictions comme celles-ci, les scientifiques construisent des modèles du monde réel. Par exemple, l’Allemand Bernhard Riemann construisit péniblement au dix-neuvième siècle une représentation mathématique d’un territoire imaginaire.
Ce plan courbé était étrangement tordu : il s’arquait de manière invisible dans une quatrième dimension. Riemann utilisa des équations mathématiques pour sonder les traits de ce vide comme un aveugle reconstituant une «image» d’un espace inconnu en l’explorant à l’aide de sa canne. L’Allemand appliqué obtint le portrait en paysage mathématique d’une «variété topologique en N dimensions», plus connue de ses amis sous le nom d’« espace courbé». [..]

Mais, chez la grenouille, cette image préconçue du monde ne change pas au gré des circonstances. Présentez à une grenouille affamée une mouche immobilisée, et elle n’y touchera pas. Son portrait intégré de l’univers lui dit que seuls les objets qui volent autour d’elle sont mangeables. Si une grenouille captive survit assez longtemps en ignorant les aliments immobiles qui lui sont offerts, les failles de son modèle rigide du monde pourraient la tuer. Les animaux plus complexes, par contre, conçoivent les différentes parties de leurs modèles selon leur expérience. Leurs images du monde invisible sont modifiables. Un chien est capable de développer rapidement un modèle de choses qu’il n’a jamais vues auparavant. Enfermez le chien dans une pièce qu’il n’a jamais visité, et l’animal étudiera immédiatement tous les détails, construisant une image du lieu et recherchant une sortie qu’il n’a jamais vue. Grâce à sa capacité à imaginer des murs et des portes qu’il n’a jamais vues, le canin curieux peut prédire l’existence d’un chemin d’évasion. [..] [185]

Einstein utilisa le modèle mathématique crée par Bernhard Riemann pour tout prédire [..] nos esprits utilisant le plus souvent des métaphores

Merci à l’honnêteté de H.B qui rend à César ce qui n’appartient pas à A. Einstein. Tout comme il n’utilise pas (trop) la crapulerie freudianiste.

Les mystères de la machine d’apprentissage évolutionniste

26 – L’explication connexionniste des rêves de l’esprit collectif

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Le secret de la capacité des visions du monde à résoudre les problèmes est le même que celui du succès des superorganismes. Il réside dans le pouvoir des réseaux.
L’un des dilemmes mathématiques les plus irritants qui se posent aux informaticiens est le «problème du voyageur de commerce». Imaginez que vous êtes un vendeur prêt à partir sur les routes. Vous avez décidé de visiter dix villes différentes. Comment savoir quelle ville doit venir en premier sur votre trajet, laquelle doit venir en deuxième, laquelle doit suivre, etc., pour parcourir la plus petite distance possible ? C’est simple, vous vous asseyez devant une carte et vous avez la réponse immédiatement. Mais cela n’est pas si facile. Il s’avère que le nombre potentiel de séquences selon lesquelles vous pouvez atteindre ces dix destinations est
de 181440.
Bien, pourquoi ne pas vous jeter sur l’interrupteur de votre ordinateur portable ? Malheureusement, un ordinateur normal est relativement lent lorsqu’il s’agit de régler les problèmes du voyageur de commerce. Les ordinateurs normaux mesurent chaque route potentielle une par une. Avec près de 200 000 options à tester, c’est un processus qui prend du temps. Et le dilemme du voyageur de commerce est un dilemme que l’industrie rencontre constamment. Les sociétés de télécoms qui installent des câbles, par exemple, doivent faire face à des variantes de l’énigme qui font passer ce simple exemple des dix villes pour un jeu d’enfant. Que faire ?
La pierre d’achoppement vient, en partie, de la façon dont les ordinateurs normaux sont conçus. En étudiant un problème bout par bout, ils ne peuvent pas voir le problème dans son ensemble. Pourtant, au milieu des années quatre-vingt, des experts en informatique d’un nouveau genre se mirent à expérimenter des machines qui peuvent « explorer ›› un tableau plus large. Ce sont les « toiles connexionnistes ›› ou « réseaux neuronaux » [..]

Un ordinateur traditionnel stocke lui aussi un nombre important d’informations dans une sorte de parc d’attente mais il doit les passer, bout par bout, dans un processeur où est effectué le véritable travail de calcul et de comparaison. Ceci est appelé traitement sériel.
Les réseaux neuronaux fonctionnent tout à fait différemment. Ils n’utilisent pas une approche limitée de type rail de chemin de fer du traitement des informations. Ils sont au contraire conçus comme des toiles ‘araignée qui traitent les informations en parallèle. Les lignes des toiles sont des canaux électriques dont la conductivité peut être augmentée ou réduite. Les jonctions où se rencontrent les lignes sont des interrupteurs qui peuvent être activés ou désactivés. Les réseaux neuronaux peuvent résoudre des problèmes en créant des modèles bruts du monde réel grâce aux données que nous leurs donnons. Voici comment l’on réglerait le dilemme du voyageur de commerce à l’aide d’un réseau neuronal. [..] [189]

John Hopfield, du California Institute of Technology démontra que les réseaux neuronaux peuvent résoudre le problème du voyageur de commerce dix mille fois plus rapidement qu’un ordinateur normal. [..]

La technique du réseau neuronal a ses inconvénients. Dans le cas du problème du voyageur de commerce, par exemple,
Hopfield, du California Institute of Technology, souligne que les réponses du réseau sont légèrement confuses. Elles ne sont les meilleures que 50 % des fois, mais sont assez proches pour être appliquées dans la pratique. Dans 90% des cas, les réseaux neuronaux choisissent l’une des deux meilleures réponses. C’est-à-dire l’une des deux meilleures parmi 181440 réponses. Les ordinateurs normaux, eux, résolvent le problème du voyageur de commerce avec une précision de 100 %, mais ils le font trop lentement pour n’importe quelle valeur terrestre. Les visions du monde sont aussi confuses que le réseau neuronal. Elles ne sont pas précises, mais souvent assez proches. Elles peuvent être totalement inexactes. Cependant, ce n’est pas l’exactitude qui compte, c’est l’utilité. [l’usage qu’on fait d’une information – Ndr]. Elles sont peut-être mal ajustées mais elles proposent des solutions rapides aux problèmes du monde réel. Comme le dit Hopfield, concepteur du réseau neuronal, «la biologie, en règle générale, ne cherche pas à trouver le meilleur, mais seulement ce qui est plutôt bien et qui peut être trouvé rapidement.» [..]

Le modèle de circuits mentaux interconnectés de Hebb nous aide à comprendre pourquoi, bien que nous soyons frappés par des milliers de perceptions aléatoires, elles sont très peu nombreuses à rester en nous. De temps en temps, l’une d’entre elles apparaît plus significative parce qu’elle semble correspondre à notre modèle de croyance et peut s’intégrer dans notre réseau neuronal. Si nous croyons que la vie est une bataille entre Satan et Dieu, le moindre petit événement peut apparaître comme une preuve que Satan est là pour nous piéger. [..]

Lorsque le fils préféré de T. H. Huxley mourut, l’un de ses amis lui conseilla d’abandonner son « fichu agnosticisme» et d’accepter le confort du christianisme. Huxley lui répondit qu’il ne pouvait pas « modifier des principes établis après tant de réflexions et de délibérations uniquement pour soulager sa douleur». Il refusa de se débarrasser d’un système de croyances qu’il avait construit pendant sa vie. Les premiers martyrs chrétiens pensaient la même chose. Ils préféraient mourir criblés de flèches ou mis en pièces par des fauves que de renoncer à leur vision du monde. [..]

27 – La société comme réseau neuronal

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Un groupe social est également un réseau. Si un chasseur accule une loutre femelle, celle-ci appelle son mâle. Si le chasseur la tue, ses bébés mourront de faim. Elle n’est qu’une liaison dans une toile de relations.
Marvin Minsky, co-fondateur du Artificial Intelligence Laboratory du MIT, considère le cerveau comme une société, une société de sous-ensembles coopérant pour apprendre le monde. L’image peut facilement être inversée. Une société est un cerveau, un outil d’apprentissage qui fonctionne selon les principes qui dirigent un réseau neuronal.
Comme les commutations reliées entre elles dans une toile connexionniste, une communauté d’abeilles communique constamment pour former un cerveau collectif qui peut résoudre des problèmes qu’aucune abeille ne pourrait aborder seule. Au cours d’une expérience, des scientifiques placèrent un plat d’eau sucrée à la sortie de la ruche. Après un certain temps, ils déplacèrent l’eau,[..]

A leur grande surprise, au bout de quelques jours, les insectes ne se contentaient pas de suivre simplement les déplacements de l’eau sucrée. Les abeilles sortaient de la ruche et se regroupaient à un endroit où le plat n’avait pas été placé, le lieu où les insectes prévoyaient que le plat allait être posé, et leurs calculs tombaient pile. En fonctionnant comme un cerveau collectif, les abeilles avaient accompli quelque chose que les êtres humains doivent subir au cours des examens d’entrée dans l’enseignement supérieur: elles avaient résolu le problème d’une suite mathématique.[..]
Le problème est résolu non pas par une seule abeille, mais par la masse interconnectée. Le réseau social réussit à résoudre les problèmes du monde alentour grâce au même principe que celui qui est à la base du réseau neuronal. Les connexions que le système trouve utiles sont renforcées ; telles qui s’avèrent inutiles sont affaiblies.[..]
Si une abeille arrive chargée de nourriture à l’entrée de la ruche et que les ouvrières se précipitent sur elle pour la décharger de son nectar, l’insecte volant qui vient d’entrer sait qu’il y a besoin de plus de plus de livraisons. La transporteuse de fret est imprégnée d’énergie et sort comme une flèche pour aller prendre un autre chargement. Si la transporteuse chargée de nectar se pose à l’entrée et que personne ne s’occupe d’elle, si, en fait, elle doit lancer des regards tristes pour réclamer l’attention de chacune des ouvrières, elle sait que le besoin n’est pas très important. Elle est alors frappée de léthargie et repart travailler lentement. [..]

Nous donnons à nos interlocuteurs des indications, en hochant la tête, en souriant, en poussant des grognements affirmatifs, en faisant des gestes avec notre corps, en fronçant les sourcils. Le mortel moyen sait par expérience ce que peuvent être les impacts de ces indications. [..]

Une idée que tout le monde désire circulera rapidement dans le réseau humain car les individus qui la soumettent sont incités à la répéter sur des tons de plus en plus enflammés. [..][197]

On se rappelle cette histoire de la « mémoire de l’eau » : plus la ficelle est grosse et plus ça marche !

Par contre, lorsque vous regardez un classique de Clint Eastwood, vous êtes généralement assis devant votre télévision. Une demi-heure auparavant, vous avez regardé les informations. Ce programme vous a donné une idée de la position de votre pays dans la hiérarchie des nations à ce moment précis. La page économique vous a donné une idée de la santé du superorganisme dont vous faites partie. La publicité vous a donné des informations sur l’attitude du groupe vis-à-vis des coiffures autant que des voitures. Au moment où vous allez vous coucher, vous avez échangé des informations avec des dizaines de personnes. Vous avez absorbé des données qui vous ont mis en contact avec tous les niveaux de la société. Aucun individu ne fait face tout seul à son environnement. Aucun d’entre nous n’erre dans les bois, solitaire, tuant sa nourriture avec des armes qu’il a inventées et fabriquées. Lorsque vous n’avez pas de travail à cause d’une dépression économique, la dépression est une chose sur laquelle vous n’avez pas de contrôle.
Comme l’abeille, ce que vous pouvez faire de mieux est de vous précipiter de l’un de vos concitoyens à un autre, échangeant des informations et espérant être sauvé par les autres êtres humains. Vous pouvez chercher à gagner les faveurs de votre ancien patron ou appeler vos contacts pour un autre travail. Votre crise est un rappel de votre dépendance vis-à-vis des autres. Une dépression économique est le paroxysme dans un réseau humain, un réseau qui produit de la nourriture à 2500 kilomètres de vous, de la nourriture qui trônera un jour sur votre table. [..]

Sigmund Freud rassembla les expériences du scientifique français Jean Charcot, de son collègue médecin de l’esprit Josef Breuer, de la « guérison par la parole » inventée par l’un des patients de Breuer, des mythes grecs et des religions des tribus primitives pour élaborer la théorie de la psychanalyse. [..]

Merci Howard, pour rendre encore une fois à Charcot ce qui appartient à Charcot.. ce qui a été présenté, « commercialisé » par ce fumiste comme des inventions originales !.

L’évolution n’est pas seulement une compétition entre individus. C’est une compétition entre réseaux, entre toiles, entre les âmes des groupes. [..]

Lorsque le Japon et les Etats-Unis luttent pour la suprématie économique, lorsque les Croisés de la Chrétienté partent défier l’Empire Islamique ou même lorsque des groupes rivaux de Gardes Rouges s’affrontent, la lutte n’est pas une lutte d’hommes mais une lutte de réseaux, de machines à apprendre liées par des mêmes, testant leurs formes les unes contre les autres. En se basant sur une histoire pleine de ce type de conflit, les vastes toiles et les réseaux invisibles se dressent encore plus haut dans une immense stratosphère de forme, précipitant le monde vers sa destination : un avenir toujours plus complexe. [200]

28 – Le caractère remplaçable des mèmes

les experts 45

Dans de nombreuses sociétés primitives, il existe deux mondes très distincts : le monde des femmes et des enfants, et le monde des hommes adultes. Un petit garçon vit dans un confort douillet, accroché à sa mère, tétant jusqu’à trois ou quatre ans, jouant avec les autres garçons et filles, câliné et chouchouté par ses grandes soeurs. Puis, à environ treize ans, il connaît une explosion brutale. Il se prépare pour les rituels qui le sépareront du monde
chaleureux qu’il a connu. Ces rites feront valoir sa renaissance sous forme d’une nouvelle créature : un adulte mâle. [..]

Dans les tribus indiennes des plaines, certains garçons choisissaient de ne pas subir la violente transition vers la virilité, et de rester dans le monde des femmes et des enfants. On les appelait berdaches, « hommes-femmes ». Ils portaient des vêtements de femme, faisaient des travaux féminins, épousaient des hommes, rembourraient leurs vêtements pour paraître enceints et se coupaient même pour imiter les menstruations.[..]

Quelle que soit la véracité de cette conjecture, l’androgynie peut également être une rébellion contre un état de fait qui n’est absolument pas spéculatif : le caractère remplaçable du mâle.
Dans presque toutes les sociétés connues, seuls les hommes font office de chair à canon et sacrifient leur vie pour défendre la tribu ou soutenir un dirigeant. [..]

Lorsque les temps sont durs pour les Kararnojong d’Ouganda, ils gardent les restes de nourriture pour leurs filles et laissent mourir les garçons. En 1979, lorsque l’Ouganda mourait de faim sous l’emprise de la guerre civile, les Karamojong jetaient les corps raides de leurs enfants mâles hors du village chaque soir. Les seules créatures qui prenaient du poids étaient les hyènes, qui festoyaient des cadavres dont on s’était débarrassés. [..]

Les choses ne s’améliorent pas après la naissance. Au cours des premières années de leur vie, les bébés mâles ont un taux de mortalité supérieur à celui de leurs soeurs. Puis les désagréables habitudes ancrées dans les gènes masculins commencent à faire des victimes. Même dans une jolie ville civilisée comme Alameda, en Californoe, où des chercheurs ont effectué une étude longitudinale sur cinq mille adultes, les mâles avaient presque quatre fois plus de risques de mourir par homicide que les femmes. Et ils avaient deux fois plus de risques d’être victimes d’un accident. Leur agressivité et leurs bravades les tuent mais la suffisance n’est pas la seule chose qui fauche les hommes. Ils ont deux fois plus de risques d’être victimes d’un cancer des poumons, d’un suicide, d’une maladie pulmonaire, d’une cirrhose et d’une maladie cardiaque. Le système immunitaire des femmes fonctionne beaucoup mieux que celui des hommes. Comment encourager l’appareil immunitaire des hommes à passer à un niveau supérieur ? Il y a une solution, mais je ne la recommande pas : la castration. La seule astuce capable de faire passer le système
défensif mâle à la vitesse supérieure est l’élimination de la virilité. [..].

L’un des résultats de ces myriades de handicaps est le suivant : dans tous les pays industrialisés, les femmes vivent quatre à dix ans de plus que les hommes. [..]

Il est impossible, par contre, de disposer de la vie des femmes avec autant de désinvolture. Réduisez l’humanité à 1 femme pour 100 hommes, et vous obtiendrez cent types très excités et belliqueux qui se découperaient en rondelles ou se tailladeraient les uns les autres de désespoir. Pire encore, vous réduiriez le nombre de
bébés potentiels de cent tous les neuf mois à un, condamnant ainsi la race humaine à l’extinction. Résultat ? Nous envoyons nos hommes à la guerre mais gardons nos Femmes en sécurité à la maison. [..]

Les statistiques révélées par les anthropologues William Dival et Marvin Harris en 1976 soulignent à quel point l’homme est jetable. Les deux hommes étudièrent des données issues de 561 groupes sociaux primitifs. Ils découvrirent que les sociétés constamment en guerre sont extrêmement sélectives concernant les bébés qu’elles laisseront vivre [..]

Ironiquement, la Nature est encore plus cynique vis-à-vis du caractère remplaçable des mâles là où l’environnement est relativement paradisiaque. La polygamie chez les êtres humains primitifs prolifère dans les tropiques. Les hommes sont encore plus remplaçables. Si nécessaire, les femmes peuvent élever leurs enfants elles-mêmes. La femme dans un climat tropical, n’a qu’a se diriger vers l’arbre fruitier le plus proche (ou le noyer mongongo), cueillir les fruits et en nourrir ses enfants. [..]

Le problème des mâles dans ces paradis n’est pas limité aux humains. Dans les climats tropicaux, les oiseaux mâles portent le plumage le plus voyant possible: de longues queues aux plumes chatoyantes et des panaches bouclés sur la tête. Ils sont parés, selon l’équivalent avien, de d’un néon clignotant, invitant à dîner les prédateurs qui passent par-là. Les plumes ornementales sont destinées à attirer les dames, mais elles disent également «Viande fraîche », absolument délicieuse, arrêtez-vous et mangez un morceau ». [..]

On laisse à H.B, ces interprétations faciles sinon oiseuses : les animaux aux robes majestueuses « crée » pour être attirantes.. on ne peut pas dire qu’un papa hippopotame soit très attirant. Est-ce qui nous semble bien à nous a t-il le même sens pour les autres espèces ?
Ces interprétations sont très suspectes mais elle sont tellement banalisées qu’on excusera volontiers H.B.

Dans le Nord, par contre, la nourriture est plus rare et la saison au cours de laquelle vous pouvez élever vos petits en toute
sécurité est courte.[..]

A ce titre, on se demande bien comment les afrocentristes expliquent pourquoi « Lucy » s’expatrie vers des pays moins hospitaliers que l’Afrique . Et l’espèce « noire », n’est pas la seule concerné d’ailleurs ..

Dans les climats du Nord, les oiseaux femelles ont besoin de toute l’aide possible. Résultat : les oiseaux mâles sont vêtus aussi discrètement que leurs épouses, camouflés pour se protéger des amateurs de volailles. Après tout, les mâles sont précieux. Sans eux, les femelles ne pourraient pas élever leurs petits” Dans les régions du Nord, il faut également plus d’une personne pour élever un enfant.
Rien d’étonnant à ce que la monogamie tende à être une pratique du Nord, alors que la polygamie est une tradition du Sud prodigue. [..]

Gardez assez de sperme dans les réfrigérateurs de la communauté et il apparaîtrait que les espèces peuvent aisément se passer des mâles. En fait, de plus en plus de femmes vivent avec d’autres femmes et se tournent vers l’insémination artificielle lorsqu’elles veulent un enfant. [..]

De plus, économiquement, les mâles ne sont pas encore totalement obsolètes. En 1987, le foyer américain doté d’un mari ayant un travail et d’une femme ayant un travail avait un revenu moyen de 58 546 $, chiffre confortable à l’époque. Mais si vous éjectiez le mari, le revenu chutait à un pauvre l5 647 $.[..]

29 – De l’utílisation de l’homme comme un dé par la société

Karen Gillan 12

[..] La Nature a gaspillé des vies d’une façon prodigieuse, se débarrassant de milliers de fourmis. Elle fait de même avec les humains, en en tuant des centaines de milliers, parfois des millions, au murs des guerres. Et là aussi, ce sont les vies des individus en pleine maturité sexuelle qu’elle gaspille avec désinvolture. Mais pourquoi ? [..]

Les possessions des Mongols se composaient de quelques poneys et du droit de les faire paître dans les steppes les plus stériles et les plus glacées d’Asie. Puis, au treizième siècle, ils se mirent en route, mourant presque de faim sur leurs petits chevaux, pour devenir des nobles dans un empire deux fois plus grand que celui des Romains. Leur chef, Genghis Khan, passa du statut de membre anonyme d’une tribu méprisée à celui de légende.
Le gaspillage de vies qui a permis de créer le royaume «|’Arabie Saoudite, le triomphe des Vikings et les conquêtes des Mongols est consternant. Mais derrière cela se trouvent les mêmes principes primordiaux qui dirigent la conception d’une masse de fourmis : le besoin du superorganisme de s’étendre. Et le fait que la Nature aime tant jouer aux dés avec les os des animaux et des hommes. [215]

30 – Le lancer est-il un savoir-faire acquis génériquement ?

Le « lancer » d’une pierre puis d’une arme, ce serait en fait la première de toutes les techniques – à méditer.

31 – Olivier Cromwell : les instincts du rongeur sont déguisés

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[..] William James cite la phrase du général Scobeleff, « Le risque de la vie m’emplit d’une extase exagérée Une rencontre d’homme à homme, un duel, un danger dans lequel je me jette tête la première n’attire, m’émeut, m’intoxique. ]’en suis fou, je l’aime, je l’adore». [..]

Le premier mâle et la première femelle à tomber amoureux avaient quelque chose qui manquait aux autres : un allié. Le couple profita de la situation et terrorisa ses partenaires de cage. Au début, les amants se contentèrent de chasser leurs congénères loin de la
nourriture, les obligeant à filer se mettre en sécurité à l’autre bout de la cage. Plus tard, le duo romantique se mit à chasser ses voisins un par un. La femelle était une tueuse particulièrement rapide. Elle se glissait près d’une victime mâchonnant tranquillement un peu de nourriture, bondissait à toute vitesse et mordait le malheureux sur le côté du cou, ouvrant souvent une blessure dans sa carotide. Une partie des bêtes attaquées mouraient d’une infection. Les autres, mutilées et usées par leurs efforts frénétiques pour s’échapper, succombaient à l’épuisement. Lorsque l’heureux couple en eut terminé, ils étaient les seuls survivants.
Les rats avaient débarrassé le nouveau territoire de leurs concurrents, transformant la cage en un pays de cocagne pour eux seuls. [..]

Dans l’Ancien Testament, la lecture édifiante préférée. d’Olivier Cromwell, les Juifs s’étaient battus pour libérer leur Terre Promise des Jébuséens, des Cananéens et des Philistins. Leur Dieu leur avait en fait ordonné de le faire. Pour quelle raison ? Parce que Dieu était le gardien d’un réservoir spécifique de gènes. Les Jébuséens, les Cananéens et les Philistins ne portaient pas la lignée générique préférée de Jéhovah. Selon Dieu, ils n’avaient donc pas leur place sur le territoire que le Seigneur destinait à son réservoir d’ADN favori. Les ordres du Dieu Hébreu étaient les mêmes que ceux que les instincts primaires avaient donnés aux rats. [..]

En somme – il n’y a pas de différence entre les « juifs » et les rats. sauf que les rats ont l’honnêteté de ne pas se cacher derrière le prétexte d’un jéova.

Merci aussi à H.B « athée » et mauvais juif, de ne pas en profiter – quand il cite cette comparaison, pour justifier les annexions de Philistie et Palestines.

Au coeur de ce nouveau mouvement était un mème qui accumulait les disciples humains pa vive allure; Selon les vieilles idées de l’Eglise, les hommes ne pouvaient atteindre Dieu que par l’intercession des prêtres, des évêques et des cardinaux catholiques. [..] [224]

Mais les mèmes ne se contentent pas d’infecter les esprits avec des idées abstraites. Ils mobilisent parfois ces éléments du cerveau animal qui amenèrent les rats tueurs à débarrasser leur cage de leurs rivaux. (..]

.. les Picres, les Jutes, les Saxons, les Angles et même quelques Normands. Ces hommes à la sainte ferveur étaient unis par une idée. Ils étaient assemblés en un corps social`par un mème.

L’idéologie, c’est d’abord du vol

32 – Le monde invisible en tant qu’arme

nottingham

Les êtres humains se rassemblent autour d’idées parce qu’elles résolvent leurs problèmes, parce qu’elles offrent les bienfaits biologiques de l’illusion de contrôle et parce qu’elles les réunissent dans le vaste réseau d’un esprit superorganique, en tissant des individus épars en une entité coopérative à la puissance et aux dimensions imposantes.
Mais les toiles d’idées vont plus loin : en tant que réplicateurs affamés désirant refaçonner le monde, elles transforment souvent leur arme suprême, le superorganisme, en machine à tuer. Et, contrairement aux doctrines de certains critiques modernes, elles ne s’engagent pas dans cet « impérialisme hégémonique » uniquement dans l’Qccident malveillant. [..]

Certains savants modernes pensent que les visions de Mahomet auraient pu être dues à des crises d’épilepsie. [..]

Il trouva refuge dans une communauté où ses points de vue pourraient être un peu mieux accueillis, à plus de trois cent vingt kilomètres de là, à Médine, une autre ville isolée du désert le long de la route des caravanes. A Médine, Mahomet trouva un public mieux disposé. En quelques années, il réussit à rassembler des partisans assez nombreux pour dominer la politique de sa ville d’adoption.

Quelques générations après la mort de Mahomet, ces disciples d’un orateur de coin de rue, ces hommes originaires de trous perdus et de tribus primitives du désert avaient bâti un empire aux dimensions gigantesques ; mais leurs victoires ne s’arrêteraient pas là. Au cours des siècles suivants, les Musulmans feraient à plusieurs reprise trembler les Européens, finissant même par attaquer Vienne. [..][233]

33 – La vraie route de l’Utopie

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[..] En 312 ap. ].C., l’Empereur Constantin était à la veille d’une bataille contre un rival, au pont Milvius, à l’extérieur de Rome. Selon la légende, il regarda le soleil et crut voir le signe de la croix sur sa face éclatante. Le chef romain prit cela pour un présage. Il sentit que dans le bain de sang imminent, le Christ lui donnerait la victoire. Les forces de Constantin remportèrent la bataille. Et au cours des années suivantes, l’Empereur fit de la religion à laquelle il pensait devoir ce triomphe le credo officiel de l’Etat.

Et la gloire de l’Eglise survécut à l’Empire romain. Plus la congrégation chrétienne engloutissait l’Europe, plus ses personnages-clés prospéraient. Le Pape de la Chrétienté devint l’un des hommes les plus puissants et les plus riches du continent, une personne capable d’impressionner les rois et d’humilier les empereurs (comme le fit le Pape Hildebrand avec l’Empereur Henri IV). Ses cardinaux et ses évêques se paraient de splendeurs royales telles que les comtes et les barons en palissaient d’envie. Et des millions de Chrétiens s’accordaient le privilège de tuer, torturer et violer ceux qui n’appartenaient pas à leur credo triomphant.
Le Christ n’avait sans doute pas réussi à arriver accompagné d’une bande d’anges pour transformer les terres ravagées d’Israël en un paradis, mais la croyance prêchée en son nom avait relevé les humbles et leur avait apporté la gloire. Elle avait sorti les fidèles de leurs modestes statuts d’idolâtres méprisables en en plaçant certains sur des trônes et dans des palais, et en faisant d’eux les seigneurs et maîtres de tout ce qu’ils voyaient, ou presque. Pour l’élite chrétienne, la vie devint en quelque sorte un paradis sur terre..
[..]

Ce qui se passe de commentaires.
H.Bloom ne s’éternise pas sur les crimes et mauvais traitement, esclavage, usure sur le dos des pauvres, spoliations dus aux juifs, mais ça – on est au courant, on le vit même encore de nos jours ..

Allah avait promis de grandes récompenses aux croyants et il en avait accordé à la pelle. Mais aucune force divine ne résidait derrière cette offrande de présents. Le mécanisme responsable était quelque chose de beaucoup plus terre-à-terre. Les idées de Mahomet – comme celles du Christ – avaient tenu lieu de ciment social créateur d’un lien superorganismique. Et la croissance du superorganisme possède le seul pouvoir dont tous les prophètes, de Jésus à Marx, ont rêvé : la capacité d’offrir une petite tranche d’utopie.

34 – Pourquoi les hommes embrassent-ils des idées et pourquoi les idées embrassent-elles des hommes ? [240]

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Ces attraits sont quelques-unes des raisons pour lesquelles les hommes embrassent le mème. Mais pourquoi un mème s’accroche-t-il à des êtres humains ? Afin de pouvoir utiliser un groupe social comme outil d’auto-expansion, de mener un superorganisme comme un char d’assaut [..]

On note qu’un mème est toujours « positif » mais entraîne toujours dans sa réalisation un aspect fortement négatif : on détruit avant de construire.

Prenons, par exemple, les mèmes religieux qui intègrent la notion d’enfer. Ceux qui ne mordent pas à l’hameçon avec enthousiasme sont assurés de connaître un destin affreux. Qui le dit ? Le mème. Le non-croyant se prépare soi-disant un moment chaud après sa mort. Le mème, qu’il soit chrétien ou musulman, offre de nombreuses images vivantes d’un poêlon infini dans lequel les malavisés finiront en sauté pour l’éternité. (Le Bouddhisme traite le problème différemment: si vous ne suivez pas les préceptes de la foi, vous risquez de vivre votre prochaine incarnation sous la forme d’un cafard sextaplégique).
Ces visions d’horreur fonctionnent à merveille. Des dizaines d’êtres humains terrifiés laissent des concepts improbables prendre résidence dans leur crâne. [..}

Les mèmes se déploient sur toute la planète, portés par des hôtes extrêmement rusés. Ces êtres humains qui recherchent l’idéalisme, le gain, le courage ou la gloire, répandent le mème avec une vigueur et un enthousiasme tels que .. [..]

ils apprirent aux enfants de l’île les idéaux américains, les mèmes américains. [..][241]

Au centre de chaque société se trouve un maître autoritaire : le mème. Les canonnières de l’Amérique du dix-neuvième siècle, les chars d’assaut de l’Union Soviétique et les armées de l’Islam n’étaient que de simples armes dont se servait un mème pour s’emparer de la matière neuve. Elles étaient les mains avec lesquelles le même refaçonne de la substance brute à sa propre manière.

35 – L’indignation morale cache le désir de biens fonciers [240]

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Une amibe traçant son chemin dans un bassin .. [..] Puis elle aspire la goutte et son habitante à l’intérieur de son propre corps. La gouttelette ingérée apparaît maintenant à un microscopiste comme une bulle temporaire (connue techniquement sous le nom de vacuole) se déplaçant à l’intérieur de la forme transparente de l’amibe.
L’amibe inonde de fluides digestifs le cachot en forme de bulle dans lequel elle a piégé sa captive. Lentement, ce liquide sépare les protéines, les acides aminés, l’oxygène et l’hydrogène qui composent le corps de la prisonnière suppliciée. L’hôte absorbe la soupe qui en résulte. Puis son métabolisme rassemble activement les composants de l’ancienne pensionnaire, en les regroupant cette fois. en sections d’amibe. Une entéléchie a disparu. Une autre a été
fabriquée. [..]

Les superorganismes sont des créatures affamées, essayant de briser les barrières de leurs concurrents, d’arracher des morceaux de substance de leurs adversaires, de les digérer et de les redistribuer en tant que parties d’eux-mêmes. Les conglomérats d’êtres humaíns ont un avantage sur ceux des autres espèces, car dans leur voracité ils sont dirigés par deux partisans : le mème et le cerveau animal. [..]
Son message varie, mais sous les nombreux déguisements se cache le même impératif : « Rassemble un groupe et ré-
veille-le par mes mots. Prends tous ceux qui se trouvent dans l’état que je décris et assemble-les en une force puissante qui imposera sa domination sur une grande partie du monde. [..]

[Dieu] a fait de nous les maîtres organisateurs du monde pour établir un système où règne le chaos. ll a fait de nous de tels experts en gouvernement que nous pourrions diriger un gouvernement parmi des sauvages ou des vieillards
séniles. Il a désigné le peuple américain comme Sa Nation élue pour mener la régénération du monde. Cest la mission divine de I’Amérique. Nous sommes des administrateurs du progrès du monde, les gardiens de sa juste paix.. [..]

Une idéologie est généralement le noble masque qui cache le désir irrépressible d’un groupe d’acquérir le pouvoir et les ressources d’autres groupes sociaux. C’est un mème : un ensemble d’idées impatientes de s’accroître en absorbant la substance des voisins d’un superorganisme.[..]

Les superorganismes sont des créatures affamées, essayant de briser les barrières de leurs concurrents, d’arracher des morceaux de substance de leurs adversaires, de les digérer et de les redistribuer en tant que parties d’eux-mêmes. Les conglomérats d’êtres humaíns ont un avantage sur ceux des autres espèces, car dans leur voracité ils sont dirigés par deux partisans : le mème et le cerveau animal. [..]
Son message varie, mais sous les nombreux déguisements se cache le même impératif : « Rassemble un groupe et réveille-le par mes mots. Prends tous ceux qui se trouvent dans l’état que je décris et assemble-les en une force puissante qui imposera sa domination sur une grande partie du monde. [..]

[Dieu] a fait de nous les maîtres organisateurs du monde pour établir un système où règne le chaos.
Il a fait de nous de tels experts en gouvernement que nous pourrions diriger un gouvernement parmi des sauvages ou des vieillards séniles. Il a désigné le peuple américain comme Sa Nation élue pour mener la régénération du monde. C’est la mission divine de l’Amérique. Nous sommes des administrateurs du progrès du monde, les gardiens de sa juste paix.. [..]
Une idéologie est généralement le noble masque qui cache le désir irrépressible d’un groupe d’acquérir le pouvoir et les ressources d’autres groupes sociaux. C’est un mème: un ensemble «l`idées impatientes de s’accroître en absorbant la substance des voisins d’un superorganisme.[..][247]

36 – Les Chíites

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[..]. Le système de chemin de fer affaibli cessa d’apporter les provisions de nourriture nécessaires dans les villes. A Petrograd et à Moscou, les citoyens faisaient la queue dès trois heures du matin pour un quignon de pain, leurs visages devenant littéralement bleus lorsque la température chutait à moins quarante.
Une masse d’humanité frustrée bouillait de colère, impatiente de trouver quelqu’un à qui imputer ses malheurs, désireuse de désigner un bouc émissaire. L’idéologie bolchevik leur offrit la cible parfaite pour leur hostilité. [..]

Pour ne rien arranger, la Russie plongea dans une guerre civile sanglante. Au cours de cette lutte interne, plus de quatorze millions de Russes trouvèrent la mort. Plus de cinq millions moururent tout simplement de faim. Les autres furent abattus par des voisins saisis d’une frénésie meurtrière. L’on promit aux paysans qu’ils recevraient les meilleurs fruits de cette redistribution des ressources et qu’on leur octroierait les terres des propriétaires expropriés. Mais, comme l’écrivit Ycvgeny Yevtushenko dans le Lítemturnaya Gazeta, hebdomadaire officiel de l’Union des écrivains soviétiques, « Les portes du paradis promises s’avérèrent être un piège»? Des années plus tard, la terre que les paysans devaient recevoir leur fut fermement retirée par les autorités révolutionnaires sous Staline. Cela se passa très mal pour ceux qui s’y opposaient. Selon History of the USSR, du gouvernement russe, « Dans certaines régions, 15 à 20% des paysans furent déportés ; pour chaque koulak {paysan relativement aisé} déporté, trois ou quatre paysans moyens ou pauvres étaient arrêtés.&rqauo; Les paysans étaient parqués dans des wagons à bestiaux non chauffés et envoyés loin dans les montagnes. Ils gisaient à-demi nus sur le sol glacé des gares qui ponctuaient la route, mourant de typhoïde ou de faim. [..]

Lénine, avait utilisée pour unifier un groupe. L’idéologie avait été l’arme avec laquelle ce groupe d’êtres humains s’était alors emparés des ressources d’un autre groupe. L’idéologie avait été la force qui avait permis a un superorganisme de s’unir sur le chaos et d’absorber ses voisins. [..]

Mais sous la surface de la lutte idéologique résidait une lutte d’une toute autre sorte : une confrontation entre des sous-cultures pour la domination du monde islamique.
La lutte entre les Chiites et les Sunnites ne commença qu’une ou deux générations après la mort de Mahomet. En surface, le débat portait sur la question suivante : qui allait hériter des pouvoirs du Prophète? [..][251]

Mais il fallait quelqu’un d’autre : un calife, un successeur, et Abu Bakr devint ce successeur. Il organisa des armées d’Arabes et les envoya conquérir des terres.[..]

A un certain niveau, le conflit qui opposait les Chiites et les Omeyyades (dont les successeurs sont les musulmans sunnites d’aujourd’hui) portait sur la religion. [..]

Alors que les partisans des Omeyyades étaient des citadins nourris par le commerce, les disciples d’Ali, les Chiites, étaient des êtres sans instruction, habitués à avoir tout juste de quoi vivre et croyant en l’idée selon laquelle le sang versé est la seule source de noblesse pour l’homme. [..]

37 – La poésie et le désir du pouvoir

mode ru xinhua 4

La rivale de l’homéopathie était l’allopathie. Les allopathes, avec leur croyance dogmatique dans les saignées, le mercure et l’opium menèrent une guerre impitoyable pour discréditer les nouveaux venus. Ils fondèrent la American Medical Association pour purger la profession médicale de leurs rivaux. Et grâce à des manipulations du gouvernement et à une campagne de diffamation .. [..]

[cadrage]

38 – Lorsque les mèmes entrent en conflit : L’ordre de préséance des nations

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Après les antipasti que nous a fourni H.B.. les mèmes, il aborde ici le mécanisme de la préséance.
On sait bien ce qu’est cette préséance et ça nous semblera un sujet relativement mineur mais en y regardant de plus près, on comprend combien c’est un concept fondamental – du rat et de la poule, jusqu’à la compétition entre les sociétés et bien sur : les états.

[..] Schjelderup~Ebbe avait découvert qu’il existait une
hiérarchie sociale, une division entre aristocrates et roturiers, une classe inférieure, une classe moyenne et une classe supérieure .. [..]

Ce n’est pas une grande « découverte », on sait déjà que porter une cravate permet à son de de ne pas en mettre – sauf quand il va en réunion avec le « grand chef » !

Dans « Attraction animale » (Someone Like You…) avec Ashley Judd, les journalistes sont assis en réunion – balais dans le c*l tandis que la cheffe est affalée les pieds sur le bureau montrant presque sa précieuse culotte..
On se dit que ces attitudes ne concernent que notre microcosme social et c’est une erreur – on a tout intérêt à comprendre la hiérarchie intime qui existe entre Israël, la Chine, les US – et les cause qui font basculer ces hiérarchies, car les hiérarchies sont « basculables » eh oui – c’est très édifiant.

Et c’est à se demander : ici, sur LHDDT, on « redresse les torts », mais, est-ce bien un mécanisme normal, alors que la nature nous à fabriqué dans un tout autre but ?
A t-on intérêt à niveler ces préséances ? Quel intérêt à améliorer la qualité de vie des pauvres ? Pauvres qui le sont – dans le fond, par sélection naturelle ?
Puisque les « pauvres marxistes » d’hier, sont peut-être les riches de demain ? et inversement !

[..] La place que vous occupez dans l’ordre de préséance peut même modifier votre constitution physique. Un singe mâle dominant a plus de sperme, des testicules plus visibles et une posture beaucoup plus royale. Les singes qui n’atteignent pas le sommet rôdent le dos voûté et ont un potentiel sexuel moins important. Mais si un chercheur indiscret kidnappe le dirigeant simien et laisse le siège seigneurial vacant, les subordonnés voûtés tenteront de s’emparer du trône vide. Le singe qui atteindra le sommet subira des modifications. Ses testicules descendront, son taux de spermatozoïdes augmentera et sa posture de bossu s’effacera, remplacée par une attitude droite et autoritaire. Le nouveau roi du château subit une transformation biologique simplement parce qu’il a escaladé l’échelle sociale. La physiologie d’un singe dépend entièrement de sa place dans l’ordre de préséance.
Non seulement les êtres humains subissent les mêmes modifications lorsqu’ils sont sous le joug de la société, mais leur pression sanguine augmente définitivement. La conséquence en est une augmentation des risques de crises et d’attaques cardiaques et une perte de la vivacité mentale.
Le sang et le sperme ne sont pas les seules substances corporelles à connaître des modifications de concentration en réponse à des modifications de l’ordre de préséance. Chez les singes et les humains, lorsque les groupes se battent, les vainqueurs reçoivent une récompense hormonale: leur taux de testostérone augmente. La testostérone, l’hormone mâle, inspire la confiance et l’agressivité. Une montée de cette hormone dans le sang revigore les vainqueurs.
Pour les perdants, c’est une toute autre histoire : le niveau de testostérone dégringole .. [..][264]

Et les humains fonctionnent bien sur de la même façon.
On retrouve tout ça en détail dans les théories du comportement de Jacques Corraze « Les communications non-verbales ».

Ceci peut expliquer un phénomène qui apparaît dans les récits des batailles de Jules César. César affrontait souvent des tribus dont les membres avaient été éduqués dès leur naissance pour se battre : des hommes qui ‘enorgueillissaient de leur férocité. Mais lorsque les légions romaines remportaient une victoire décisive, les fiers guerriers barbares baissaient parfois la tête et marchaient humblement vers l’esclavage [..] L’humiliation de la défaite changeait ces combattants féroces en hommes vaincus. Une chute rapide du sommet de l’ordre «le préséance à sa base semblait transformer radicalement leur personnalité et même leur apparence physique, en modifiant apparemment l’équilibre chimique interne des captifs.
L’abandon biochimique explique pourquoi les basses-cours ne sont pas un champ de bataille perpétuel. Les poulets ne déclenchent presque jamais de querelles importantes. Bien sûr, lorsqu’un étranger entre en scène, l’intrusion déclenche une émeute. Mais lorsque la poussière retombe, les dames emplumées s’installent dans un ordre stable. La femelle dominante s’abandonne à nouveau à ses prérogatives, et la poulette du niveau inférieur endure son sort
ignominieux. Les transformations hormonales de l’ordre de préséance permettent d’assurer la paix. Les vainqueurs sont inondés des produits chimiques internes de la fierté et les vaincus sont engourdis par des drogues glandulaires qui les endorment jusqu’à les soumettre.
L’ironie est que même les poulets du bas de l’échelle bénéficient du brassage chimique endogène qui les rend trop léthargiques pour se battre contre leur destin. Si les places occupées dans l’ordre de préséance étaient constamment disponibles, chaque créature de la cour devrait passer son temps à attaquer et à se défendre.[..]
Une trêve à long terme a ses avantages, même si elle vous maintient sous le joug de vos semblables. Elle vous permet au moins de vivre votre vie tranquillement, en vous donnant du temps pour picorer des larves et des vers.“Finalement, les aristocrates arrogantes, les bourgeoises de la classe moyenne conscientes de leur statut et même les avortons qui reçoivent des coups de bec ont une très bonne raison de maintenir le status quo. [266]

Bien sûr, lorsqu’un étranger entre en scène, l’intrusion déclenche une émeute. Mais lorsque la poussière retombe, les dames emplumées s’installent dans un ordre stable. La femelle dominante s’abandonne à nouveau à ses prérogatives, et la poulette du niveau inférieur endure son sort ignominieux.[..]
L’ironie est que même les poulets du bas de l’échelle bénéficient du brassage chimique endogène qui les rend trop léthargiques pour se battre contre leur destin. Si les places occupées dans l’ordre de préséance étaient constamment disponibles, chaque créature de la cour devrait passer son temps à attaquer et à se défendre.

[..] Une trêve å long terme a ses avantages, même si elle vous maintient sous le joug de vos semblables. Elle vous permet au moins de vivre votre vie tranquillement, en vous donnant du temps pour picorer des larves et des vers. Finalement, les aristocrates arrogantes, les bourgeoises de la classe moyenne conscientes de leur statut et même les avortons qui reçoivent des coups de bec ont une très bonne raison de maintenir le status quo. [..]

A se demander si l’inégalité imposée par « ceux d’en haut », n’est pas profitable à la masse « démocratique », elle ! Une égalité réelle mènerait d’évidence – au bordel.
Vous vous demandiez comment on avait besoin d’être gouvernés ? Eh bein, c’est comme ça !

Les superorganismes humains ont également leurs ordres de préséance. L’Union Soviétique et les Etats-Unis ont lutté pendant des générations pour savoir qui était le numéro un. La Tanzanie et le Tchad ressentent douloureusement leur position en bas du tas. Ils appartiennent à un bloc dont la position dans l’ordre de préséance est indiquée par son nom : le tiers-monde.

39 – Les poulets « hauts placés » se font des amis

cold case 74

[..] Et leur infanterie était fournie par les peuples de Libye” Les Carthaginois se trouvant au sommet du tas, tout le monde voulait partager leur bonne fortune. [..]
Tout ceci changea rapidement. Les provocateurs venus de la terre étaient des Romains. Ce qu’ils ignoraient, ils désiraient ardemment l’apprendre. En 260 avant ].C. les citoyens audacieux de la cité italienne réussirent à trouver l’épave d’un navire de guerre carthaginois qui s’était échoué. Les ingénieurs militaires romains étudièrent le vaisseau endommagé et en examinèrent chaque détail. Ils le démontèrent et notèrent chaque astuce de la construction du
bateau, puis en construisirent leur propre copie. Lorsque les techniciens romains testèrent leur vaisseau de guerre, il fonctionna aussi bien que l’original. Les Romains élaborèrent donc une flotte entière : ils fabriquèrent 220 bateaux en seulement trois mois. Ces habitués de la terre ferme étaient à présent les fiers propriétaires d’une marine de guerre. [..][273]

Tout ce qu’il leur demandait était de porter un message simple : Carthage n’avait rien contre les Italiens non romains. L’astuce fonctionna. Devant la démonstration de force d’Hannibal, les tribus italiennes abandonnèrent Rome les unes après les autres et lièrent leur vie à Carthage. Après tout, il semblait que la cité des sept collines dégringolait rapidement de |’ordre de préséance. [..]

Lorsque le conflit prit fin, Carthage était vaincu.Son empire commercial avait disparu et ses colonies étaient aux mains des Romains. Les troupes nord-africaines et espagnoles, qui avaient longtemps été le pivot de sa puissance militaire, lui tournèrent le dos.Et Hannibal, qui avait construit une armée d’alliés pour acculer Rome, devint un fugitif. La ville qui avait régné sur le perchoir méditerranéen était seule et sans amis.
Le résultat final fut que le mème carthaginois mourut, remplacé par celui de Rome. La langue de Carthage disparut. Sa religion fut oubliée. En dehors d’Hannibal, ses grands hommes furent relégués dans l’obscurité de l’histoire. L’une de ses colonies espagnoles les plus glorieuses, Gadir, perdit même son nom carthaginois. La ville s’appellerait désormais Cadix.
Le phénomène de l’ordre de préséance n’est pas réservé aux temps anciens. Les êtres humains de Père moderne sont toujours motivés par sa règle primordiale : des amis se regroupent autour de l’oiseau qui se trouve au sommet ; ils évitent et maltraitent celui qui est en bas. Ce principe simple a surgi dans l’histoire récente de l’Amérique. Lorsque les Soviétiques lancèrent Spoutnik en 1957, cette réussite était la preuve de deux choses : elle affirmait, d’une
part, l’augmentation du pouvoir militaire russe. Le satellite était une adaptation d’un missile balistique intercontinental, arme dont les Etats-Unis ne disposaient pas à cette époque. Soudain, les Soviétiques étaient en position d’anéantir les villes d’Amérique du Nord grâce à des armes nucléaires. Le lancement de Spoutnik annonça, d’autre part, la fin du règne de l’Amérique sur la technologie mondiale. Militairement et scientifiquement, l’Union soviétique avait fait un pas de géant vers le sommet de l’échelle hiérarchique, et l’Amérique avait été repoussée un peu plus bas. [..]

Notre perception est rarement globale. L’anglais est une langue ou une seconde langue qui nous parait « normale ».. à hauteur d’une génération.
En 1936.. c’était l’Allemand !
Les superorganismes, c’est comme les chaussettes : ça change.
Longtemps, les US et l’URSS ont pesé à peu près le même poids dans la balance géostratégique – imagine t-on une économie soviétique florissante, l’hégémonie US n’aurait jamais vu le jour, pas plus qu’Israël en conséquence..
C’est maintenant la Chine qui entre en lice.

40 – Les visions du monde en tant que fer à souder de la chaîne hiérarchique

[cadrage]

NY21 ani

[..] tellement inextricable que le mot aryen gavíshti avait deux significations « chercher des vaches» et « se battre». [..]
Mais les Iraniens avaient apparemment quelque chose qui manquait aux Indiens : l’envie de se battre. (..]
L’Hindouisme est l’image du monde invisible fabriquée pendant les siècles qui suivirent par les prêtres des descendants des Iraniens. [..]

Car les « deux fois nés » étaient proches de la divinité. Les classes inférieures ne l’étaient pas. Et qui étaient ces mortels exaltés et deux fois nés ? Les descendants des iraniens.[..]

Ce pieu élargissement d’une tribu barbare conquérante fut à l’origine du système indien des castes. Les trois premières castes étaient exclusivement réservées aux Iraniens « deux fois nés&raquo. [..]
Ils devinrent des Shudras abhorrés et des intouchables. [..] Dans le système hindou, les descendants des Iraniens étaient nés avec tous les privilèges auxquels les Nazis d’Hitler rêveraient un jour. [..]

Les membres de la race iranienne étaient traités comme des Übermenshen : littéralement, des « surhommes». Pourquoi la religion hindoue dit-elle à ses adeptes de « suivre le courant», d’abhorrer les choses de ce monde, de mettre de côté les désirs terrestres, de n’espérer une amélioration de leur sort qu’après la fin de cette vie? Parce que l’Hindouisme a été conçu pour maintenir les Shudras conquis à leur place. [..]

On ne pérorera pas, mais cette histoire d’ Hitler et Übermenshen dans ce cadre précis, demande à être éclaircie avant de la prendre au pieds de la lettre..

Au japon, l’aristocratie, qui est en place depuis près de 1800 ans; est ce qui reste d’une population de cavaliers mongols nomades qui traversèrent la mer depuis la Corée au premier siècle après Jésus-Christ, forçant la population locale à se soumettre sous la menace de leurs longues épées. [..]

Qui sont les prochains barbares ? [285]

41 – Le principe Barbare

les experts 88

Une place au sommet de l’ordre de préséance n’est pas permanente. Loin de là. [..]
Il oublie que tout ordre de préséance est temporaire [..]
Nous savons tous que Rome a été morcelée par des peuples méprisés par les Romains. Les barbares ne se rasaient pas. Ils portaient des vêtements sales. Ils étaient presque toujours saouls. [..] Que savaient donc faire ces primitifs malodorants ? Ils savaient se battre.[..]

Alors que l’autre grand empire – Sumer – n’était encore qu’un un troupeau désuni de cités embryonnaires, l’Egypte s’unit en un royaume de près de mille kilomètres de long sous le règne de son premier pharaon, Ménès. Cela se passait il y a cinq mille ans [..]

C’était, culturellement, des moins-que-rien, des rustres méprisables. Ils avaient un style de vie de dernière catégorie. En dehors de leur manque de bonnes manières, ils n’avaient que trois caractéristiques distinctives : ils étaient d’excellents cavaliers, se délectaient de la violence et avaient un don pour l’invention d’équipements militaires.
Leur nom était les Hyksos. Ils écrasèrent entièrement les Egyptiens suffisants réduisant en miettes l’armée égyptienne pourtant organisée avec précision. Puis ils entrèrent en chars dans les splendides villes égyptiennes et s’en emparèrent. Ils eurent le culot d’installer l’un des leurs sur le trône sacré du pharaon. [..]

Les-Babyloniens avaient tellement confiance en leur puissance que lorsqu’ils rencontrèrent la résistance des Hébreux, ils tentèrent ce qu’aucune nation plus faible n’aurait osé tenter. Ils déportèrent la quasi-totalité de la la population du royaume hébreu de Judée à Babylone et réinstallèrent les juifs dans la bruyante capitale impériale [..]

Nous laissons à Bloom la responsabilité de les nommer « juifs » ou hébreux; nous, nous aurions dit « habitants de la Judée », ce qui n’est pas forcement la même chose car ces qualités sont très floues

Cette tribu se nommait les Perses. Les Perses. étaient illettrés et frustes. Mais ils adoraient se battre. Il ne fallut pas longtemps à cette tribu jusqu’alors inconnue pour vaincre les Assyriens et les Mèdes, les deux superpuissances rivales de Babylone. Puis les Perses s’en prirent aux Babyloniens isolés et les vainquirent. [..][291]

Moralité : N’oubliez jamais les surprises que peut réserver l’ordre de préséance. La superpuissance d’aujourd’hui est l’état conquis de demain. Le groupe méprise d’hier est souvent le dirigeant de demain. Ne sous-estimez jamais le tiers-monde. Ne faites jamais preuve de suffisance au sujet des barbares.

42 – Existe-t-il des cultures tueuses

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Oui, sans aucun doute : le judéo-sionisme en est un fort bon exemple.

Mais il y a des barbares : des peuples dont les cultures glorifient le meurtre et élèvent la violence au statut d’acte sacré. Ces cultures dépeignent l’anéantissement d’autres êtres humains comme une preuve de virilité, un geste héroïque au nom de la vérité ou simplement une bonne façon de prendre de l’avance dans le monde.

Que dire du sionisme ? de ses chefs qui se vantaient d’éradiquer les palestiniens comme des sauterelles ?

Quel va avoir comme valeur le panégyrique d’exemples choisis par Howard ? Voyons ça de plus près ..

Certaines sociétés islamiques tendent à être en tête de liste.

Ça commence mal, question clichés.. une « guerre » au Liban, menée par Israël pour le spolier de son Litani, a quand même fait 21.000 morts en quelques jours .. mais là, c’était probablement de droit divin.

Selon le New York Times, en 1980, Yasser Arafat, leader palestinien, fit abattre d’une balle dans la tête un imam libanais (titre religieux à peu près équivalent au titre de pasteur) pour avoir refusé de prôner la propagande de l’OLP.

« Selon le Niew York TImes.. Qu’en disait Arafat ? on ne le dit pas.

Puis – pour les « juifs », il n’y a pas besoin de jihad – surtout pas pour libérer la Palestine.. Le monde est fait de juifs et de sous-hommes que Dieu a justement mis les hommes sur terre pour qu’ils soient « guidés », exploités comme du bétail – par les précieux juifs.

C’est pour ces raisons qu’on sautera une dizaine de pages. A quoi bon n’écouter qu’un seul son des cloches ?

[..] .. la Syrie (dont la ville de Damas fut l’un des premiers grands centres chrétiens), Israël (terre des Juifs jusqu’aux alentours de 1200 av. J.C. et, malgré les tentatives romaines pour chasser la population indigène, toujours parsemée de villages hébreux lorsque les musulmans arrivèrent, l’épée à la main)..

Le juif David ont aussi conquis la Philistie et battu le méchant Goliath, par traîtrise, et c’était pas vraiment une rose à la main !

Dans les cultures islamiques, la sainteté, la vertu et même les convenances quotidiennes sont fondées sur l’exemple de Mahomet. Bien que la littérature islamique loue Mahomet comme homme de paix, il était également un chef militaire. En 624 après I.C., le Prophète annonça le concept du jihad : la guerre sainte. Il dit dans le livre sacré, le Coran, « Je vais jeter l’effroi dans les coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts . Et tuez-les, où que vous les rencontriez..

A part Albert Einstein qui ne voulu pas de la présidence de l’Etat juif, y a t’il des hommes de paix en Israël ? Bush sur l’Irak, Clinton déversant en 1999 ses missiles obsolètes (« qui ne passeraient pas l’an 2000 ») généreusement sur ces nazis de Serbes ?.. Y a t’il des hommes de paix aux US ou en Israël ?

Mais c’est vrai qu’il y a tellement d’exemples .. il faut bien faire un « choix ».

Il n’est pas surprenant que les juristes musulmans aient plus tard déclaré qu’il y avait deux mondes : le monde de l’Islam, Dar al-Islam et le monde non-islamique, Dar al-Harb.

43 – La violence en Amérique du Sud et en Afrique [313]

[..] Il y a un peu de barbare en chacun de nous, mais certains sont beaucoup plus barbares que d’autres. Il y a des cultures qui idéalisent le carnage. D’autres, et nous espérons que les nôtres en font partie, accordent une grande importance à la vie humaine. [..]

Bon, on ne détaillera pas.. on évoquera pas l’Irak et son 1,5 millions de morts – ça fâcherait

44 – L’importance de l’étreinte [320]

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[..] .. les mères islamiques sont souvent chaleureuses et réconfortantes, mais les pères islamiques traitent leurs enfants avec rudesse, se montrant indifférents, distants et colériques.[..]

Cela ne serait pas la première fois qu’un manque d’affection physique irait de pair avec le plaisir d’infliger la souffrance. Dans l’Angleterre des seizième et dix-septième siècles, l’Angleterre de Shakespeare et d’Elizabeth, faire preuve d’amour envers ses enfants était considéré comme extrêmement inapproprié. Les jeunes humains, maudits par le péché originel d’Adam, portaient toujours le démon en eux. Sa majesté satanique ne pouvait être chassée que
|›;u- une bonne correction. « Qui aime bien châtie bien» était une maxime tout à fait sérieuse. Les jeunes Anglais de cette époque faisaient preuve d’une brutalité que les bédouins auraient comprise.
Ils attachaient des poulets dans la cour, puis les bombardaient de pierres jusqu’à ce que les créatures meurent sous la torture. Ils brûlaient des chats vivants et opposaient des animaux les uns aux autres, en les encourageant à s’entredéchirer membre par membre. Et mur cela était considéré comme un amusement sain. Selon les mots d’un poète approuvant la lapidation de coqs – attacher un oiseau à un pieu ou l’enterrer dans la terre jusqu’au cou, puis laisser les écoliers le lapider à mort – « C’est le plus beau des jeux.»
Lorsque les Anglais du seizième et du dix-septième siècles atteignaient l’âge adulte, ils ne perdaient pas leur amour de la violence. Les Anglais attachaient des chiens sur des taureaux pour s’amuser. Le chien plantait ses crocs dans le museau du taureau, arrachait ses oreilles et lacérait sa peau. A la fin, soit le chien égorgeait le taureau, lui tranchant la jugulaire et le tuant lentement mais douloureusement, soit le taureau encornait le chien et en faisait de la chair à pâté; Quelle que fut l’issue, la foule s’amusait.

45 – Le mystère de la suffisance [327]

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Pendant des milliers d’années, la Chine fut un empire d’une taille et d’une stabilité incroyables. Sa technologie et sa richesse suscitait l’envie de ses voisins. En 221 av. ].C., les Chinois conçurent une longueur standard pour les essieux des charrettes. Résultat : un chariot pouvait rouler sur des milliers de kilomètres de route, et ses roues se trouvaient précisément dans les ornières laissées par les voyageurs précédents. Les Chinois disposaient de
papier monnaie et de standards uniformes de poids et de mesures alors que l’Europe tâtonnait encore dans l’âge des ténèbres. Les armes et les stratégies militaires chinoises étaient à des années-lumière de tout ce qui existait ailleurs. Alors que les empereurs romains utilisaient toujours des catapultes mécaniques, les généraux chinois déployaient des mortiers à poudre à canon.521 Dès le quatrième siècle avant ].C., les princes chinois envoyèrent des armées d’un demi-million d’hommes à la bataille et ces légions étaient équipées de matériel que les Européens de cette époque ne pouvaient même pas imaginer. Ils avaient des arbalètes à ressort, des armures en cotte de mailles ainsi que des épées et des lances constituées d’un métal magique : l’acier.

Réduire le budget militaire était une bonne idée, mais les Chinois la poussèrent trop loin. En l’an 280, l’Empereur Wu Ti lit une déclaration stupéfiante, qui dut réjouir le coeur de tous les Chinois. Il décréta un désarmement général. Les enclumes des fabricants d’épées et des armuriers se turent. Les généraux reçurent l’ordre de démanteler leurs troupes. Les soldats durent revenir à la vie civile. Le gouvernement espérait que ces anciens fantassins s’installeraient comme fermiers et deviendraient des citoyens imposables, participant ainsi au réapprovisionnement des coffres vides de l’administration. Cela ne sonne-t-il pas comme une utopie ? Mais ce merveilleux état de paix permanente ne se matérialisa jamais vraiment. Les Chinois avaient compté sans le Príncipe de Lucifer.

[..] n’avaient aucun scrupule à tuer. En réalité, c’était leur divertisse-
ment favori. Cette constellation tribale s’appelait les Hsiung-nu.
Nous les connaissons mieux sous le nom de Huns.[..]

Comme d’habitude, les Chinois et leurs ennemis surpuissants avaient joyeusement négligé les hordes de gueux qui rôdaient à leurs frontières. En 1114, l’une d’elles, les Juchen toungouzes, se libéra de la sphère d’influence de la superpuissance et se prépara à la guerre. Ces préparatifs prirent onze années. Mais lorsqu’ils furent achevés, il était temps pour les grandes puissances de se méfier.[..]


.. l’histoire tourna au vinaigre.

46 – Mieux vaut être pauvre et avoir du prestige qu’être riche et en disgrâce

charlie makes the cook 5

Nous autres, Occidentaux, avons essayé d’utiliser toutes les vieilles techniques chinoises pour établit la paix. Depuis les années 1890, nous avons joué avec le désarmement. (Dans les années 1920, nous avons partiellement réussi la procédure de désarmement. La réduction spectaculaire des forces militaires internationales laissa le champ libre à Hitler.

Tant qu’on y pense : Les américains du Nord ne sont pas violents entre eux, ils ne le sont que contre les étrangers qui nuisent à leurs intérêts.

Il serait alors le grand homme. En Nouvelle Guinée, l’homme qui ne pouvait pas donner autant qu’il recevait ne remportait qu’une seule récompense : la disgrâce. Les habitants de la Nouvelle Guinée ne sont pas les seuls à considérer les cadeaux comme une technique d’humiliation. Le peuple Kwakiutl du Nord-Ouest du Pacifique était connu pour ses fêtes au cours desquelles étaient échangés des cadeaux. Au cours de cette fête, un chef Kwakiutl invitait un rival et sa tribu, puis inondait les invités de présents. Plus le tas de cadeaux était haut, plus l’invité perdait la face, chutant au bas de l’ordre de préséance. Chez les Kwakiutls, offrir des biens est divin, mais les accepter est moins qu’humain.

Bein didon.. quand les africains rendront au centuple les aides « effacées », on ouvrira une bouteille de champagne.

Les pères de nos politiques étrangères pensent qu’en soulageant la faim, la pauvreté et la maladie, nous pouvons supprimer le besoin besoin de verser le sang et nous faire aimer du tiers-monde. Cette philosophie n’a pas fonctionné. L’humiliation de celui qui bénéficie de cette charité n’en est que l’une des raisons. Autre raison : nos définitions officielles du manque n’ont pas grand chose à voit avec la réalité du psychisme humain. Nous supposons que les être humains veulent de la nourriture, des vêtements et un abri, mais nous oublions que les individus ont besoin de quelque chose de beaucoup plus vital : un statut et un prestige. Ils meurent d’envie d’escalader l’ordre de préséance !

Les divers communautarismes, dont la « supériorité noire » sont de bonnes illustration. [337]

[..] Nos organisations humanitaires envoient de la nourriture aux pauvres d’Amérique du Sud, mais lorsqu’on leur permet d’acheter ce qu’elles préfèrent, les femmes des classes défavorisées d’Amérique du Sud achètent quelque chose qu’elles considèrent comme plus vital que la pénicilline ou des éléments nutritifs enrichis en protéines : elles dépensent leur précieux pécules en rouge à lèvres..

Tout comme les rois-nègres et leurs châteaux en béton. Et ces exemples du complexe de la négritude sont multiples : un riche dealer blacques a toujours deux accessoire : une grande bagnole et une poupée – toutes deux bien blanches

La pulsion de l’ordre de préséance est si puissante que la fierté a en plus de valeur pour les êtres humains que la survie. Les pilotes de la Première Guerre Mondiale refusaient de porter des parachutes parce que [.. ça ne faisait pas assez] « viril ».

Il est difficile de vérifier toutes ses sources, surtout quand on y est attaché, qu’on y trouve une certaine poésie – que ce soit les trompette de Jéricho, les valeureux kamikazes ou les templiers ..

Suite aux récentes découvertes archéologiques, certains historiens ne croient plus qu’un suicide en masse ait été organisé à Massada,

En l’an 70, les Romains attaquèrent Jérusalem. Un groupe d’Hébreux marcha obstinément vers une place fortifiée du désert nommée Massada. Pendant des années, Ils tinrent tête aux légions romaines. Puis, lorsque les juifs ne purent plus résister aux attaquants, le groupe entier se suicida. Ces intrants préférèrent la mort à un destin de poulet déplumé en bas de l’ordre de préséance. [..]

Dans les années 1950, un leader iranien, Muhammad Mossadegh, prit la tête d’un mouvement qui allait humilier les Américains et restaurer la fierté des Iraniens. En tant que Premier Ministre, il décida d’arracher les gisements de pétrole aux Britanniques et au Américains, et d’en faire une propriété nationale iranienne. Lorsque Mossadegh parlait de fierté iranienne, il tirait littéralement les larmes des yeux de ses concitoyens iraniens” Les extrémistes islamiques voulaient tuer au nom de Mossadegh et ils tuèrent. [..]

Ce qui ne nous tire pas une larme à l’oeil malheureusement. Quand on humilie, il faut s’attendre un jour ou l’autre à un retour de râteau.

47 – Pourquoi la prospérité n’entraînera pas la paix

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Les maux qui sont patiemment endurés lorsqu’ils paraissent inévitables deviennent intolérables lorsque l’idée de leur échapper est suggérée. `
Alexis de Tocqueville

Les années de prospérité peuvent être tout aussi nuisibles à la paix. Aux Etats-Unis, lorsque l’économie est en hausse, les meurtres ne diminuent pas ; ils augmentent ! Le fait le plus ahurissant révélé par une étude du rapport entre les taux d’homicides américains et l’économie de 1929 à 1949 était que les homicides diminuèrent de façon spectaculaire pendant la Grande Dépression.[..]

Mais pourquoi le carnage suit il si fréquemment une augmentation du bien être. Un indice peut être fourni par cet étrange phénomène le taux de meurtres s’accroît après une guerre. L’on pourrait penser que cette hausse concerne principalement les nations vaincues, dont les citoyens sont frustres, et serrent les dents face à leur infortune, mais tel n’est pas le cas. Les meurtres augmentent surtout dans les pays vainqueurs. [..]

La testostérone rend les vainqueurs agités, confiants et agressifs.

Où on comprend pourquoi les US le sont tant – agressifs, depuis leur victoires, dont celle de 45 ! [349]

Nous pouvons observer le même outil de conservation biologique en nous-même. Asseyez-vous devant un repas. Une demi-heure plus tard, au plus, après avoir commencé à manger, vous commencez à avoir chaud. La nourriture que vous mâchez n’a pas encore atteint votre sang : en fait il lui faudra des heures avant d’être digérée. Alors, d’où vient l’énergie soudaine qui nous donne chaud ? Le corps a gardé de l’énergie en réserve, tout comme il l’a fait dans le cas du crapaud à pied de bêche. Ces calories stockées sont destinées à vous permettre de tenir au cas où vous sauteriez
un repas ou que vous vous trouviez au milieu d’une famine. Une fois que la première bouchée d’un nouveau repas passe vos lèvres vos régulateurs métaboliques concluent qu’il y a de la nourriture à disposition et libèrent une partie des nutriments amassés dans votre sang. Au moins trois fois par jour, votre corps utilise la logique du crapaud gardant sa réserve jusqu’à ce qu’il sente l’arrivée de nouvelles ressources. Le corps utilise la même stratégie lorsque vous faites un régime. Il sent que la dose de nourriture disparaît, suppose que vous êtes obligé de passer les mois suivants sans rien à manger et ralenti votre métabolisme pour faire des réserves. Comme il s’agrippe à l’énergie cachée dans nos tissus gras comme un grippe-sou s’agrippe à son argent, nous avons du mal à perdre du poids. [352]

48 – La signification secrète de «Liberté» «Paix» et «Justice»

Et la liberté, la justice et l’égalité ? Le but n’est-il pas de mettre toutes les nations sur un pied d’égalité ? N’est-ce pas ce à quoi devrait servir la paix ? Nous n’assisterons pas à une égalité des nations au cours de notre vie. Pourquoi P Parce que la paix, la liberté et la justice sont des concepts illusoires. Ils dissimulent sous leur surface les instincts de l’ordre de préséance.
Les poulets de la basse-cour étudiés par le naturaliste Schjelderup-Ebbe connaissaient des périodes de paix, mais jamais «l’égalité. [..]
Et nous aussi, apparemment. Lorsque nous prêchons les notions de liberté, de paix et de justice, nos intentions sont loin d’être honnêtes.
La liberté d’un homme est très souvent l’oppression d’un autre.[..]

Les Gaulois n’étaient pas des petits groupes de primitifs en pagnes de fourrure. Leurs chefs savaient souvent lire et écrire le grec, et débattaient de la philosophie du cosmos. La population gauloise était divisée en nations importantes, chacune constituée de milliers de citoyens et dirigée par ses propres hommes politiques ; mais les royaumes gaulois ne voyaient pas tous les choses de la même façon. [..]
Mais Vercingétorix omit d’expliquer quelle était son idée précise du fonctionnement de cette libération. La liberté, telle qu’il la voyait, devait consister en l’union de toutes les nations gauloises afin qu’elles puissent agir avec un esprit unique. L’esprit de qui ? De Vercingétorix, bien sûr. Pour assurer la solidarité, Vercingétorix
tortura et tua ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui. Parfois, il était plus humain. Il coupait les oreilles et arrachait les yeux de ceux qui ne partageaient pas son opinion, puis envoyait l’homme mutilé chez lui en avertissement pour quiconque serait tenté de considérer des idées indépendantes La liberté que Vercingétorix proposait aux Gaulois était l’échange d’une tyrannie contre une autre.

Paix est un autre mot maltraité par ceux qui cachent leurs objectifs concernant l’ordre de préséance. Il signifie souvent, « Puisque je suis au sommet, maintenons le status quo» ou, « Maintenant que j’ai réussi à grimper sur vos épaules, seriez-vous assez aimable pour rester assis sans bouger.»
Justice est le terme utilisé par ceux qui sont en bas de l’échelle et qui tentent de monter. Lorsque ces gens parlent de « se battre pour la justice», ils veulent généralement dire, «Battons-nous jusqu’à ce que j’arrive au sommet.» Une fois que les passionnés de justice se sont installés sur le plus haut échelon, ils deviennent invariablement des défenseurs dévoués de la « paix ».
Dépourvus de leur camouflage social, les slogans de liberté, de paix et de justice sont souvent des armes que ceux qui tentent d’atteindre une supériorité hiérarchique utilisent pour repousser les autres dans les rangs les plus bas de l’ordre de préséance. Cela peut être vrai lorsque les slogans sont prononcés par des individus. Et cela peut être vrai lorsque ces mots sont utilisés pour motiver des superorganismes.[355]

Howard nous invite à huit pages d’exemples chinois, surtout iraniens.. n’ayant sans doute, pas trouvé de « bons » exemples US.

Mais bon, il va se racheter.

L’ascension et la chute de l’empire Américain

On ne souhaite de mal à personne mais quand même : chacun son tour.. [364]

49 – Le déclin victorien et la chute de l’Amérique

titanic 8

[..] La violence n’est pas la seule façon dont une nation peut être battue dans la course hiérarchique. Dans De l’autre côté du miroir, la Reine de Coeur dit que pour rester en place il faut courir très, très vite et que pour aller n’importe où, il faut courir encore plus vite. Staline exprima cela autrement : « Ce qui traînent derrière seront battus. » Ceci est tout particulièrement vrai pour les superorganismes. [..]

Où on déduit qu’après un long comas, la Chine s’est mis à courir vite.

La part britannique de la productivité mondiale est passée de presque 25% à 576.613. Que s’est-il passé ? Plus important encore, le même destin pourrait-il frapper les Etats-Unis ?

« Plus important .. » pour qui ?

[..]. Napoléon, avec son génie militaire, alla de victoire en victoire mais dans les pays qu’il conquit, il sabota les tentatives de placer l’industrie sur la voie de l’innovation. Résultat : les économies dont il tirait ses fonds pour sa guerre interminable stagnaient. Les ouvriers et les patrons toujours embourbés dans des technologies obsolètes pouvaient difficilement se permettre de subventionner les armées gigantesques du petit général. [..]

Dans leur pays, les Anglais comprirent comment utiliser les moteurs à vapeur pour la fabrication des biens que les artisans avaient péniblement produits à la main. Résultat : la productivité fit un bond et les coûts furent de plus en plus réduits. Une ouvrière britannique travaillant sur une machine pouvait fabriquer autant de tissu que vingt de ses anciennes concurrentes. A l’époque de la Reine Victoria (1858-1901), la productivité par personne fut multipliée par 2,5 ! La main d’oeuvre britannique en bénéficia largement et les salaires augmentèrent de 80% en dollars réels de 1850 à 1900.[..]

Les technologies qui rendirent la vapeur démodée furent, ironiquement, développées en Grande-Bretagne, mais les industriels britanniques, aveuglés par l’autosatisfaction, tentèrent à peine d’en faire de nouveaux produits attractifs. Le résultat allait en être désastreux. [..] [369]

Entre-temps, l’Allemagne escaladait l’échelle hiérarchique et les leaders allemands étaient saisis par la montée de testostérone qui rend une nation belligérante. [..]

Aujourd’hui, l’Amérique semble suivre la voie qui précipita les Britanniques vers leur chute. En 1945, les Etats-Unis produisaient 40% des produits dans le monde. Au milieu des années 1980, leur part était deux fois moindre. Jusqu’au début des années 1970, l’Amérique était le plus gros exportateur du monde. Aujourd’hui, elle est le plus grand importateur. Ses déficits fédéraux montent en flèche et la somme d’argent qu’elle a empruntée aux citoyens des pays étrangers est si importante qu’elle est à présent le- plus grand débiteur depuis l’invention préhistorique du prêt.
Le système éducatif américain est devenu l’un des moins efficaces «lu monde industrialisé. L’écolier de CP taiwanais moyen passe plus de huit heures par semaine à faire ses devoirs; l’écolier de CP américaín moyen passe une heure et dix-neuf minutes. (..]

Lorsque de toutes nouvelles innovations sortent des labos américains, aucune entreprise américaine ne s’en empare et ne les transforme en produits de demain. Bell Labs a créé un transistor les années quarante, mais ce sont les Japonais qui ont fait fortune dans les années soixante et soixante-dix en nous vendant des postes de télévision et des radios à semi-conducteurs. RCA et Ampex développèrent le magnétoscope , mais ce sont encore les Japonais qui ont amassé plus de six milliards de dollars par an en vendant des magnétoscopes au monde entier. Pourtant ces tristes expériences ne leur ont pas servi de leçon. [..]

50 – Les boucs émissaires et l’hystérie sexuelle

le roi scorpion 2

L’ascension et la chute sociale d’un superorganisme modifient radicalement le psychisme des individus qui le composent.
Etre trimbalé d’un échelon à un autre refaçonne les émotions personnelles, fausse les prismes de la perception et déforme le comportement. Dans les chapitres suivants, nous creuserons quelques-unes des conséquences spécifiques au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.
Lorsqu’un superorganisme national perd son statut dans |’ordre de préséance, une populace frustrée cherche quelqu’un à qui imputer la faute, de préférence un personnage situé assez près du pays. [..]

Mais les habitudes sexuelles de Wilde étaient exactement le genre de choses dont les Anglais//prétendaient qu’elles détruisaient l’Angleterre. Oscar était homosexuel. [..]

Ni l’emprisonnement d’Oscar Wilde, ni la publication du livre irascible de Nordau ne sauvèrent l’Angleterre, mais ils donnèrent tous deux aux Anglais l’illusion confortable qu’ils avaient une sorte de contrôle sur leur destin déplaisant et ils détournèrent tous deux la Grande-Bretagne des causes réelles de ce destin. Depuis le début des années 1970, l’Amérique connaît un déclin semblable à celui qui affligea l’Angleterre victoríenne. Pendant des décennies, ses exportations ont dépassé ses importations. Cela a commencé à changer en 1971. En 1975, elle dût faire face à un embargo sur le pétrole qui laissa tous les automobilistes américains, habituellement sûr d’eux, coincés pendant des heures dans des files d’attente pour obtenir quelques litres d’essence. Ce fut sa première expérience de l’impuissance. [..][381]

Mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg. A Calloway, en Floride, une employée de magasin de dix-neuf ans fut arrêtée pour avoir vendu un album de rap contenant le mot pus:y. Elle fut emprisonnée et le magazin pour lequel elle travaillait fut fermé.

.. et les ricains critiquent l’histoire des Pussy Riots en Russie !

51 – Les rats de laboratoire et la crise pétrolière [383]

la famille addams 16

Si un rat de laboratoire est confronté à une bête artificielle plus grosse que lui, il tremble. La brute mécanique peut maltraiter le rat autant qu’elle le veut, la créature matraquée ne lèvera pas une patte pour contre-attaquer. Mais présentez au rongeur pris pour victime un rat plus petit et une chose étrange se produit. L’animal couvert de bleus ne cherchera pas de réconfort auprès de son compagnon plus petit. Profitant de la taille réduite de son nouveau compagnon de cage, il foncera vers l’animal et l’attaquera. En groupe, les rats sont souvent pires que tout seul. Mettez sept ou huit rongeurs sur un sol électrifié, branchez le courant et que se passe-t-il ?
La bande isole l’un de ses membres pour le punir et l’attaque sans la moindre pitié. [..]

L’Union Soviétique a souvent donné libre cours à son besoin de tabasser le plus petit pour apaiser sa douleur. A la fin des années soixante, l’économie russe était au plus bas, le système agricole du pays était enlisé et la frustration régnait. Le meilleur moyen dont dispose un chef pour accroître sa popularité est d’organiser une opération à l’étranger, de préférence contre un peuple petit et sans défense. La révolte tchécoslovaque qui éclata en 1968 était un don du ciel. Les chefs russes envoyèrent leurs chars d’assaut et la population soviétique applaudit à tout rompre. [..]

les Soviétiques avaient quatre fois plus de soldats, et trente divisions de chars d’assaut, quand les Etats-Unis n’en avait qu’une. Affronter les Russes aurait été une expérience douloureuse. Mais harceler les citoyens américains désarmés ne pouvait pas faire de mal. [..]

52 – Pourquoi les nations font-elles semblant d’être aveugles ? [388]

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[..] C’est en tout cas ainsi que cela se passe la plupart du 1 temps. Le chien qui apparaît au bout d’une prairie n’est pas toujours un petit cocker ou un corniaud de taille moyenne que mon berger peut dominer. Parfois, c’est un énorme danois, un géant baraqué, à côté duquel mon Cabot bien bâti ressemble à un nain frisé.
Lorsque l’un de ces chiens immenses apparaît, il se produit une modification de l’enthousiasme de mon animal : il disparaît. Face à une créature dont il sait qu’elle le battra à plates coutures, mon berger joue un jeu perceptuel. Il trotte en regardant résolument devant lui, ignorant ostensiblement le monstre énorme qu’il a vu au loin. [..]

En 1931 les Japonais firent un grand pas en direction d’une place plus élevée dans la hiérarchie des nations. Ils envahirent la Mandchourie, traitant les habitants de cette région d’une façon sanglante et barbare, mais personne ne tenta de les arrêter. Six ans plus tard, les japonais firent un geste encore plus ambitieux. Ils firent débarquer leurs soldats dans l’empire le plus peuplé de la terre : la Chine. Leur but était de prendre le pays par la force. [..]

L’historien William Manchester pense que l’attaque du Pamzy par les Japonais était une tentative d’évaluation de la volonté des Américains à résister à Tokyo dans la lutte pour la domination hiérarchique. Les Etats-Unis réagirent comme le chien peu enthousiaste et le singe intimidé : ils firent semblant de n’avoir rien vu.
Les médias couvrirent à peine l’évènement. Deux mois plus tôt, le Président Franklin`Roosevelt avait brièvement mentionné au cours d’un discours étrange prononcé à Chicago que « Epidémie d’anarchie mondiale s’étend[ait]..» [..]

53 – Comment l’ordre de préséance refaçonne l’esprit

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Comment une entité : une personne, un groupe, un état – devient timoré, méfiant, dégringole, perd sa pro-activité. Où on voit par exemple, comment la France abandonne, laisse tomber, entre en récession.

[..] Mais les oiseaux affamés ne grignotent pas méthodiquement chaque trouvaille inhabituelle pour voir s’ils peuvent s’en faire un dîner ; ils se méfient de la nourriture qu’ils ne connaissent pas. La peur de l’inconnu fait d’eux des conservateurs en matière culinaire.
Pour les oiseaux qui profitent d’un filon de nourriture, c’est une toute autre histoire. Lorsque ces créatures se pavanent, l’estomac plein, l’on pourrait s’attendre à ce qu’ils ignorent les petits bouts inconnus qu’ils trouvent. Ils ont déjà plus qu’assez`de nourriture à manger, alors pourquoi essayer une nouveauté? Mais les oiseaux bien nourris sont prêts à tenter toutes les aventures culinaires possibles.[..]

Mais l’oiseau qui a déjà stocké ses calories peut se permettre de jouer avec la nouveauté. ` ~

54 – La fermeture perceptuelle et
l’avenír de l’Amérique

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Le progrès n’est possible que si l’on croit en des possibilités de croissance et de changement. Les races ou les tribus ne meurent pas uniquement lorsqu’elles sont conquises ou anéanties mais aussi lorsqu’elles acceptent leur statut de vaincues, se désespèrent et perdent leur exaltation vis-à-vis de l’avenir.
Norman Cousins

[..] Comme le rat, l’Amérique a été frappée par une explosion aléatoire de punitions qu’elle ne peut plus contrôler. Serait-elle en train de chercher le soulagement en fermant les yeux face au monde qui l’entoure ? Certains indices le prouvent. Ses yeux et ses oreilles collectifs, les médias, lui donne encore souvent l’impression qu’elle est la reine de la hiérarchie internationale. C’est une notion totalement erronée. Les programmes technologiques avancés de la France lui ont permis de créer la carte à puce et le TGV. Son Aérospatiale vend beaucoup plus d’hélicoptères au Japon que ne le font les Etats-Unis. L’Allemand BMW est en tête dans le développementtde pièces automobiles recyclables et de moteurs alimentés par des combustibles de remplacement. L’Européen Airbus, déjà en avance sur les Etats-Unis dans la commercialisation de commandes électroniques d’avions, projette la fabrication d’un super jet à côté duquel le Boeing 777 aura l’air ridicule. Alors que le programme spatial américain s’enlise dans une Comédie des Méprises, les Japonais envisagent de construire des hôtels et des centres de vacances sur l.une.m Le Japon a également dépassé les Etats-Unis en tant que nation qui dépose le plus grand nombre de brevets pour des découvertes capitales et les distance largement dans l’introduction de produits utilisant des inventions… américaines telles que la logique floue. Encore plus inquiétant, quarante-cinq pays accumulent les éléments nécessaires pour fabriquer des armes nucléaires. Quatre des sept nations des sept nations qui sont en/tête de la course à la bombe, l’Iran, Libye, la Corée du Nord et l’Algérie, considèrent l’Amérique comme leur pire ennemi (deux autres, Taiwan et la Corée du Sud,voient l’Amérique d’un oeil plus tolérant). Et des systèmes de lancement de missiles balistiques pour ces armes deviennent aussi faciles à se procurer ou à fabriquer que des revolvers de calibre 22.
Il y a d’autres domaines surprenants dans lesquels les Etats-Unis sont aussi à la traîne. Ils se voient comme la nation la plus riche du monde, avec les meilleurs soins médicaux, mais les citoyens de onze autres pays possèdent une espérance de vie supérieure.[..]

Bien sur, ces énumérations, considérations auraient besoin d’une bonne mise à jour, mais l’idée de la volatilité est bien là. [407]

Et les Américains croient souvent que leur niveau de vie est le plus élevé, mais cela a cessé d’être vrai il y a bien longtemps Les citoyens d’au moins neuf pays ont des revenus par tête supérieurs. Et parmi ces nations qui les dominent par la richesse personnelle de leurs habitants, l’on peut citer des puissances mineures telles que le Brunei, le Canada, le Koweït, le Liechtenstein, le Luxembourg, Nauru, le Qatar, la Suisse et les Emirats Arabes Unis. L’Amérique est aveugle à tout cela. Et, malgré des exceptions admirables telles que la couverture de notre retard en matière d’éducation, les médias n’en parlent pas.[..]

Les endorphines produites biologiquement anesthésient la douleur d’un rat sans défense en désactivant ses sens. ‘Comme les endorphines, l’ignorance aiderait les Etats-Unis à se sentir mieux, s’ils y mettent le prix. D’autres pays ont tenté d’utiliser la stratégie de la fermeture perceptuelle et ont découvert qu’elle` était fatale. La Chine fait partie de ces pays. En 1405, la Chine bénéficiait d’une superficie immense, d’une grande puissance militaire et d’une bonne stabilité interne. Ses avancées faisaient honte au monde européen. La Chine était unie alors que les pays européens, qui étaient chacun équivalent à une minuscule fraction de la Chine, se chamaillaient comme des enfants Ses villes étaient dotées de restaurants de spécialités et ses rues peuplées de vendeurs de friandises.
Ses citoyens avaient la chance de disposer de l’industrie métallurgique, de la céramique et de l’imprimerie, de livres de recettes, d’encyclopédies et de textes médicaux, et d’une éducation très développée. Son gouvernement avait financé un gigantesque et fructueux programme de recherche et de développement agricole qui multiplia par deux la production de riz. De plus, la technologie chinoise était surprenante: des navires de guerre équipés de roues à aubes, de plus de 100 mètres de long et pouvant accueillir 800 hommes allaient et venaient sur leurs fleuves.[..]

.. les bureaucrates chinois ordonnèrent la proscription de tous ces bateaux et l’arrêt de tous les échanges commerciaux avec d’autres pays. Les fonctionnaires interdirent même aux marchands chinois de faire des affaires avec des étrangers sous peine de mort. Les Chinois rejetèrent le savoir européen, découragèrent la curiosité dans leur propre pays et enfouirent leurs têtes dans les textes anciens. Selon un savant, « La Vérité s’est manifestée au monde. [..]

Au début du vingtième siècle, l’Empire Chinois s’effondra dans le chaos. Si les Chinois avaient gardé les yeux ouverts face aux dangers du monde qui les entourait au seizième siècle lorsque les Européens arrivèrent pour la première fois, s’ils avaient essayé d’absorber le savoir des Occidentaux et de le surpasser, ils n’auraient sans doute pas connu ce destin. Mais les Chinois s’intéressaient plus il l’opiacé de l’illusion ..[..]

<intéressantes réflexions mais on laissera de côté cet "opiacé" que fourniront justement les anglo-américains.
Bon, ces jours-ci – les chinois se rattrapent on dira.

55 – Le mythe du stress

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[..] Nous essayons de protéger nos enfants des écueils mortels du stress en fuyant la compétition dans nos écoles. Nous évitons de trop en demander, aux étudiants, de les surcharger du moindre petit soupçon de travail et nous bannissons les concepts d’ambition et d’excellence des salles de classe. Nous avons peur que nos jeunes souffrent, comme nous, de la maladie démoniaque si nous les poussons trop.
Mais notre concept du stress est une erreur basée sur une mauvaise interprétation persistante des preuves médicales .Comme le dit Kenneth R. Pelletier, du Langley Neuropsychiatric institute de San Francisco, « Les chercheurs et les cliniciens ont mal interprété {les} découvertes. » Très peu d’études sur le soi-disant stress ont porté sur la réussite ou le travail. Elles se sont focalisées, la plupart du temps, sur la perte sociale 1 des hommes qui venaient de perdre leur épouse [..]

Chacun de nous est lié par des fils invisibles au superorganisme. Nous sommes des cellules des bêtes que sont la famille, l’entreprise et le pays. Si ces liens sociaux sont rompus nous nous étiolons et nous mourons.[..]

La position dans l’ordre de préséance apporte une autre contribution à de nombreux symptômes que nous imputons au stress. Avec notre rêve d’éliminer la compétition, nous essayons d’effacer l’ordre de préséance en prétendant qu’il n’existe pas. Mais le fait est que nous continuerons à vivre dans des structures liées à l’ordre de préséance que nous le voulions ou pas. Comme nous l’avons vu, les hiérarchies sociales ne sont pas l’apanage des sociétés «capitalistes » ou « de consommation ». Elles existent non seulement chez les anthropoïdes, les oiseaux, les lézards et les homards, mais les ordres de préséance ont également laissé leurs marques dans les vestiges de nos ancêtres de la période glaciaire, qui se sont développés quinze mille ans avant la naissance de l’agriculture et près de vingt-cinq mille ans avant la fondation de l’industrie moderne. [413]

Ici, sur LHDDT, c’est une ritournelle : le stress est une vue de l’esprit.. le stress : ça n’existe pas, ou, à la rigueur, c’est une facilité de langage par flemme. En français, « stress » recouvre bien une trentaine de qualificatifs, tous aussi précis les uns que les autres.
Et quand on a une langue aussi fine, autant en utiliser toutes les nuances plutôt que de tomber dans des pièges simplistes.

[..] Nombre des terribles conséquences censées être imposées a nos vies par le stress sont le produit d’une chute dans l’ordre de préséance, connue également sous le nom de défaite.[..]

Les cadres sains s’avérèrent être forts dans trois domaines : l(implication, le contrôle et le défi. En d’autres termes, les hommes ont besoin de poursuivre des objectifs, de lutter contre des problèmes et de les contrôler. Ils ont besoin de ce qui a été populairement interprété comme du stress. [..]

[cadrage]

En 1921, l’auteur britannique G. K. Chestertont parcourut l’Amérique en train. Il remarqua que les habitant discutaient toujours de leur travail alors que les Anglais ne parlaient que de leurs loisirs. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis prospéraient alors que l’Angleterre déclinait. Aujourd’hui, grâce à l’incompréhension populaire du stress, ce sont les Américains qui bavardent des heures durant de sport, de pêche ou de méditation. Ils sont en train de dégringoler. [..]

Les cadres moyens japonais commencent leur journée de travail à 9h et sont souvent encore dans leur bureau à 20h, généralement six jours par semaine. Ils sont nombreux à être volontaires pour rester travailler au lieu de prendre leurs congés annuels. A l’encontre de ce qu’affirment un grand nombre de reportages au sujet de japonais « se tuant à la tâche ›› publiés dans les journaux de Tokyo et des Etats-Unis en 1995, le dévouement du « salarié » génère rarement du « stress ».
Loin de là. Les Japonais dépensent le chiffre stupéfiant de 66% de moins que les Américains en soins médicaux par unité de population, tout en ayant une espérance de vie supérieure à la leur.
Comme les Japonais, les Occidentaux doivent restaurer l’idée que la stimulation peut être passionnante. Ils doivent comprendre que les défis ne sont pas les ennemis mais un salut et que les dangers qu’ils ont interprétés comme du stress proviennent d’un phénomène totalement différent de ce qu’ils avaient imaginé.

56 – L’heure du tennis et l’horloge mentale

ncis 21

[..] Chez une personne qui a peu de choses à faire, l’horloge mentale ralentit. Chez une personne qui a beaucoup de tâches à accomplir, ou une personne passionnée par ce qu’elle fait, elle accélère. Prenons, par exemple, l’athlète qui voit chaque dixième de seconde du mouvement d’une balle de tennis et calcule en un clin d’oeil où la balle va se trouver lorsqu’il essaiera de la frapper. Pour lui, chaque micro-instant a un› sens. Mais pour la personne allongée sur une plage à prendre le soleil, une matinée entière peut passer sans un seul moment significatif. Pour l’athlète qui subit une importante stimulation, il y a plus de temps. Son monde est plus riche et son cerveau traite beaucoup plus de données. [..][420]

Le paradoxe luciférien

57 – Le principe de Lucifer

lucifer

[..] Pourtant, l’ascension de Rome faisait partie de la marche inexorable du monde vers une forme plus évoluée. En employant la force, parfois de manière sadique, elle réunit une masse stupéfiante «de cités et de tribus. Elle permit ainsi un échange d’idées et de biens qui accéléra radicalement le rythme du progrès.
Par ailleurs, au cours des trois cents ans qui s’écoulèrent entre Auguste et le moment où Constantin imposa le Christianisme, elle apporta une autre contribution Elle introduisit le p1uralisme, une attitude accommodante qui permit à des cultures extrêmement diversifiées de vivre pacifiquement côte à côte. [..]

Mais qui entérine aussi la fin de la grandeur romaine.. saturnisme, immigration ou autres ..

Derrière ces impératifs superorganismiques se trouve la dernière découverte de la Nature dans son processus de recherche et développement. Malgré les affirmations des partisans de la sélection individuelle, l’évolution humaine est propulsée non seulement par la concurrence entre des âmes uniques mais aussi par la forme de leur coopération. Elle est dirigée par les jeux que joue le superorganisme.
Tout cela est à la base du mystère avec lequel nous avons commencé : le modèle de la violence dans la Révolution culturelle de Mao. Lorsque la Chine tomba dans le chaos au cours de la révolte culturelle des années soixante, la société ne se fragmenta pas en 700 millions d’individus, luttant chacun pour leur droit à la survie. Ce tissu social se déchira, puis se ré-assembla d’une façon étrange et nouvelle. Les individus se rassemblèrent en groupes de collaboration. Un phénomène sans substance physique lia les groupes les uns aux autres : l’idée, le mème. Dans leurs combats, les meutes de Gardes’ Rouges obéissaient à un ordre de base de leur cerveau animal : la loi de l’ordre de préséance. Et ils tirèrent leur énergie d’émotions réprimées dans la vie quotidiennes : les haines, les frustrations et la cruauté cachée d’étudiants qui, un ou deux mois auparavant, étaient des modèles d’obéissance polie.
Derrière les contorsions du mal se cache la concurrence entre des mécanismes superorganismiques, qui essaient tous d’exploiter l’univers selon leur propre schéma, de hisser le cosmos à un niveau supérieur sur une échelle d’une complexité croissante. Il y a d’abord le réplicateur moléculaire, le gène ; puis vient son successeur, le mème et, travaillant main dans la main avec ces derniers, y a la bête sociale.[..]

Le superorganisme, les idées et l’ordre de préséance : telles sont les principales forces qui résident derrière la créativité humaine et le bien terrestre. Elles sont la sainte trinité du Principe de Lucifer.

58 – Epilogue

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[..] Il frappa la surface de cet endroit parfait, laissant les balafres des vallées et les pustules retour des des montagnes comme signes éternels de son mécontentement. Depuis lors, disaient les philosophes, la terre se détériore comme une ruine ancienne, montrant seulement de légers signes d’un beauté qui n’est plus.
Les physiciens du dix-neuvième siècle exprimèrent cette ancienne idée d’une autre façon. Ils créèrent le concept d’entropie. Toute matière, disait la seconde loi de la thermodynamique, tend vers le chaos. Laissez une forme complexe, conçue avec le plus grand soin possible, toute seule et elle sera lentement consumée par la décadence. L’univers, dirent ces scientifiques, est comme un morceau de sucre. Laissez tomber le bloc sucré très structuré dans un verre d’eau et il disparaîtra dans une nuée aléatoire de molécules de glucose, un tourbillon liquide de chaos. Le monde dans lequel nous vivons, disaient les physiciens, disparaîtra lui aussi un jour, dévoré par l’entropie.
Les savants de la Renaissance et les scientifiques du dix-neuvième siècle
avaient tous tort. L’univers ne dérive pas de l’ordre vers le chaos. Il marche, au contraire, dans la direction opposée.
Depuis la première seconde de son existence, le cosmos a craché de nouvelles formes de création. A partir d’une explosion d’énergie, il a produit son premier grand bond en avant l’atome. Puis vint un autre innovation extraordinaire: la molécule. Des milliards d’années plus tard, l’univers cracha une autre innovation géniale : une molécule qui pouvait produire des copies d’elle-même, la molécule responsable de la vie. Et, plus de trois milliards d’années plus tard, l’univers conçut une autre révolution : l’intelligence.[..]

La nature crée en détruisant. [..]

La faim du superorganisme et l’ambition du mème nous piègent dans un dilemme moral. La violence est la plus effroyable des expressions humaines. Pourtant, nous ne pouvons pas espérer prendre la voie de la paix. Nous ne pouvons pas nous frapper les uns les autres à coups de conférences, nous marteler la poitrine par culpabilité et nous débarrasser volontairement de nos armes. Nous vivons dans un monde menaçant : un monde ou les autres êtres humains nous ressemblent beaucoup. Et, comme nous, nos congénères sont dangereux.
Il existe une petite consolation dans ce sinistre tableau.
Les coups de dents et les grognements sont peut-être automatiques, mais l’étreinte, l’affection et la collaboration font également partie de nous. [..]

Quand on écoute les infos de ce jour, peut-on y croire ?

Les mêmes mèmes entrant en action : « l’affection et la collaboration » certainement, mais sans oublier son corporatisme, sans oublier les communautarismes qui sont loin d’avoir pour but de lisser tout ça !

Nous devons inventer un moyen pour que les mèmes et leurs transporteurs superorganismiqes, les nations et les sous-cultures, puissent se concurrencer sans carnage. Il est possible que nous trouvions un indice de ce moyen dans la science. Un système scientifique est un système dans lequel de petits groupes d’hommes et de femmes adhèrent à une idée, puis utilisent les pouvoirs de la persuasion et de la politique pour établir la domination de cette idée ..[..]

Là, on sent mal H.B qui – après s’être fait l’avocat de Lucifer, essaye de nous convaincre d’une soluce pour en tuer les effets.

En politique, l’équivalent le plus proche est la démocratie pluraliste, système dans lequel les sous-cultures et les idées qui les accompagnent se font concurrence sans que le sang ne soit versé.
Au début des années quatre-vingt dix, il devint populaire de déclarer que les démocraties, au contraire d’autres formes plus rigides de gouvernement, ne se faisaient pas la guerre. [..]

 » .. ne plus faire la guerre » à ses congénères.. mais on a toujours le droit de faire la guerre aux « méchants », ceux qui ne pensent pas bien comme nous.
Et : imposer la paix irakienne, palestinienne, afghane, serbe ou syrienne coûte tant de vies .. n’est-il pas ? qu’on a du mal à croire aux promesses.

Ces découvertes impliquent que la race humaine fera un grand pas en avant si elle élimine les autocraties intolérantes poussées par une volonté de nettoyage doctrinal et ethnique, et les remplace par des démocraties pluralistes. {..]

Notre civilisation techno-capitaliste est bien loin de cette immense et sinistre boucherie qui en résulte. Si elle se comportait ainsi, environ 720 millions d’êtres humains disparaîtraient en raison de guerres et d’homicides à chaque génération ..[..]

T’as l’droit d’y croire :

Mais il y a de l’espoir quand au fait que nous nous libérerons un jour de la sauvagerie. L’évolution a offert une nouveauté à notre espèce : l’imagination.[..]

Mouais.. ça doit faire 50 siècles qu’on « imagine » ..

Et dire que pendant qu’Howard Bloom écrivait ces lignes.. j’arrosais mes tomates !

Alors, ne faites pas comme moi : gagnez du temps de réflexion et de prise de conscience : En les regardant pousser – lisez Lucifer !

Notes.

Voyez comment « triche » notre perception des choses :

Quand on regarde cette petite fenêtre de progression sur l’écran de notre ordinateur : plus la barre avance et plus ça nous semble long, bien que la progression soit régulière – alors que : lorsqu’on va au superM ou au boulot pour la première fois, ça paraît très long puis, on s’habitue et ça semble bien moins long quelques temps plus tard. Voilà pour notre sensibilité et nos imperfections dans l’estimation de ce qui nous entoure.
Et c’est encore pire quand on est intoxiqué, influencé par un mème donné – « Sous influence », on fini par perdre totalement les pédales. Le cas typique, c’est la mauvaise influence de l’Atlantisme sur notre vision objective de la géopolitique.

(1) Il va de soit que sur demande d’ayant-droits, on retirerait autant de copié/collés que nécessaire, privant ainsi H.B de ce modeste coup de pubbe.

(2) Non pas de « race » mais de religion juive – comme tous les ashkénazes d’origine Khazars, convertis seulement, au judaïsme. En somme : un « juif » athée n’est plus un juif.

Notes apoptose «image».

5 RÉPONSES À “LE PRINCIPE DE LUCIFER DE HOWARD BLOOM”

adsl | avril 30, 2013 à 18 h 00 min | Réponse | Modifier
Le juste titre de cet ouvrage serait « Le principe de L’Ignorance », tant le propos s’en tient à des raccourcis superficiels et grotesques ( et même perfides…).
Que tout ceci lui ait traversé l’esprit sous forme de questionnement passerait, mais qu’il en ait patiemment constitué un livre assez péremptoire sans à aucun moment voir plus loin est déjà beaucoup moins sérieux. Vous épinglez d’ailleurs très bien ses oeilllères ( Irak etc ) d’ « Occidental-Progressiste », lors des quelques lignes que j’aurai parcourues*, à savoir essentiellement l’introduction, l’épilogue (« 58 »), et un passage par-ci par-là.
* ( d’un contenu s’avérant hélas on ne peut plus prévisible )

Derrière le maigre masque de la science moderne, M.Bloom nous fait tout juste part de ses sentiments, de ses partis-pris, ou de ses propres superstitions, tant il ramène tout à son horizon mental. Chose que du reste il avoue lui-même lors du-dit épilogue (ou chp 58) où il dit:
« Nous vivons dans un monde menaçant : un monde ou les autres êtres humains nous ressemblent beaucoup. Et, comme nous, nos congénères sont dangereux. »
…Ivre de sa subjectivité, il se gardera de noter qu’un petit bilan historique montre que le plus dangereux et fanatique de tous, historiquement est l’occidental nimbé de messianisme juif. Demandez aux Amérindiens, au peuples russes, aux « meubles » noirs, à la forêt amazonienne, à l’Europe ouvrière de 39/45, de 14/18, aux tirailleurs, aux aborigènes d’Australie, aux Viet-namiens, et pardon à tous ceux que je ne citerai pas faute de temps!
On peut convenir que l’individu tend à projeter sa propre dangerosité et ses propres vices sur autrui …Et donc aussi, et c’est là tout le drame, sa propre loyauté et ses propres vertus: il en a couté cher aux Indiens d’Amérique (etc), face à nos chers Européens* en plein progressisme.
*(messianisés…)

Je souligne sa souche idéologique judéo-occidentale car ce monsieur, du haut de sa cécité, a le toupet de se targuer d’offrir un nouveau degré de lucidité à la planète. Ceci à l’instar des moins inspirés de ses prédécesseurs dont il ne se démarque guère, convaincu d’être au top, d’incarner l’aboutissement, la pointe du raffinement ultime de l’univers en ce coin de la galaxie; ce qui implique au passage que ses limitations sont celles de tous, et de tout l’univers. La triste farce.

Heureusement que vous subodorez la supercherie vers la fin, lorsque ce bon monsieur explique enfin à demi-mots que son fabuleux destin de l’humanité mène « très logiquement » au choix futur d’un gouvernement mondial ( et Attali, à son tour, n’aura plus qu’à nous « suggérer » où implanter ce gouvernement mondial; mais c’est bien nous qui auront choisi hein; mais si on est pas d’accord on supprimera les referendums; quant à ces « super-organismes », ils ont déjà été expérimentés par les bolcheviks, tout ça défilait régulièrement sur la place rouge en attendant la version 2.0 pour esclaves volontaires de la « métaphysique barbare » capitaliste/mécaniste ).
patati patata parce qu’auparavant, tout le monde était bête et qu’aujourd’hui, nous pouvons tous être intelligent, et demain encore plus.

Ah cette manie qu’ont nos généreux apporteurs de lumières, d’immanquablement conclure par un bon vieux NWO de derrière les fagots. L’épilogue est éloquent. Il fallait s’y attendre.

Citons un petit passage subliminal pour finir: « Un système scientifique est un système dans lequel de petits groupes d’hommes et de femmes adhèrent à une idée, puis utilisent les pouvoirs de la persuasion et de la politique pour établir la domination de cette idée « . Fantastique! Bush, Sarkozy, Netanyahu, et leurs patrons financeurs n’auraient pas dit mieux. L’essentiel étant qu’on en ait déjà accepté préalablement le « principe ».

adwokat sprawy cywilne łódź | mai 29, 2013 à 12 h 16 min | Réponse | Modifier
All over fact, it makes it possible for an individual to prevent the officer
to use such imprisonment.

LHDDT 佐罗 | mai 29, 2013 à 12 h 21 min | Réponse | Modifier
hope so .. 😉

Djefbernier | mai 8, 2014 à 0 h 53 min | Réponse | Modifier
C’était si méchamment long que j’ai fait quelques impasses, j’y reviendrai avec la mémoire des visages, à commencer par le premier commentaire (lui non) ; lecture instructive, merci pour le boulot, aucune chance que je lise le bouquin

LHDDT 佐罗 | mai 8, 2014 à 1 h 06 min | Réponse | Modifier
C’était si méchamment long que j’ai fait quelques impasses,

>> j’ai aussi fait des impasses sur le contenu du booque, sans quoi, je ne me serais pas fendu d’un long article.. je ne pouvais : ni le recopier complètement, ni ne pas en faire une feuille.

j’y reviendrai avec la mémoire des visages,

>> merci de l’avoir remarqué.. c’est « étudié pour »

aucune chance que je lise le bouquin

>> de là l’article qui est destiné aux grosses flemmes comme toi & moi bien souvent.

>> Dommage pour les royalties.. toute façon : le bouquin d’Howard est introuvable.

>> Pour moi, c’est une oeuvre majeure qui dénote avec notre conception judéo-chrétine de l’immonde.. Très étonnant car Blum est « juif » mais n’en use pas 😉 si tu vois. Je crois qu’il se dit athée d’ailleurs.

Bien fait !

5 réponses à “Le Principe de Lucifer de Howard Bloom

  1. Les filles furent en effet, dans une rixe fatale que j’ai connue et subie les initiatrices d’une bagarre de 1 contre 13…J’aurais pu y passer …

  2. et évidemment, ces 2 salopes n’ont écopé de rien, alors qu’elles m’avaient agrippé, me bloquant le bras gauche, ce sont les 2 gars qui ensuite m’avaient donné des coups de casques, qui ont dû cracher au bassinet !

  3. Lu le propos fort intéressant de ADSL…Bloom, Juif…Bien sûr…la Juiverie est bien fille du diable ! Cela dit, pourquoi la Nature at–elle inventé ce peuple ?

  4. Au fait, ça s’est passé quand ton grabuge ??

    La femme est l’avenir de l’homme, parfois.

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